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Posts Tagged ‘rade’

Je suis rêveuse et fragile … (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
Je suis rêveuse et fragile …

1
En effeuillant au soleil couchant
Une fleur des champs
La blanche marguerite
J’imagine un pompier pas méchant
Ou d’un soldat dans sa guérite
Nous irions dans un beau jardin
Comme un prince avec sa princesse
Et de minuit jusqu’au matin
Nous serions tout miel et caresse.

Refrain

Je suis rêveuse et fragile
La brutalité
Me blesse et me tourne la bile
La douceur c’est ma qualité
J’aime les fleurs et les mots tendres
Et les songes bleus
Parfois je sens mon cœur se fendre
En guettant un amoureux.

2
Je suis pareille aux sveltes iris
Pareille au grand lys
Pareille aux fraises mûres
Mon coeur est doux d’esprit délicat
Je suis une faible nature
L’amour trouble mon estomac
Mais quand je rêve aux aventures
Ma chair frémit, j’en suis gaga
Faut prendre ma température.

3
Hélas hélas j’ai ce soir cent ans
Un rêve épatant
Me semble aujourd’hui fade
Je veux quelqu’un vivant pour coucher
Je voudrais le marquis de Sade
Ou bien un gros garçon boucher
Et qu’il me mette en marmelade
Qui m’étreigne et fasse loucher
Et que je ne sois plus en rade.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Aujourd’hui suis de retour (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Aujourd’hui suis de retour
dans le remue-ménage
des pages à aligner.

Et je marche
à travers la lumière
de septembre.

La Rade
est beauté,
poignard
dans mes côtes
qui se soulèvent
du souvenir
de vous.

(Vos membres:
perfection, envie
douloureuse.)

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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DANS LA FORET (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



DANS LA FORET

Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.

Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.

Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.

La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.

Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.

(Pierre Morhange)


Illustration

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III (Elégie de la Maison des Morts) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018




    
III (Elégie de la Maison des Morts)

Quand le soir est trop lourd d’angoisse, quand le miel
Du jasmin dans la nuit vous oppresse, on s’évade.
Mais les murs sont trop hauts. Ils montent jusqu’au ciel.
On reste prisonnier, pour toujours, dans la rade.

Calme, breuvage amer, cet excès de douleur.
Ô lumière ennemie ! et vous, roses parterres !
Sachant que, jamais plus, la fleur ne sera fleur,
Par delà les œillets je regarde la terre.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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Nuit sur la lande (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nuit sur la lande

Toi qui m’as désappris la douleur
sirène qui chante à la rade la meilleure
je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l’ardent épithalame
temple oisif aspirais du seuil de mes tentes
je te bercerai des légendes de l’attente.

Au portique de ta beauté
je suis venu chargé des toisons d’aurore
brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J’en ferai les tapis pour ta sérénité
et si l’heure chagrine attristait votre front
je le caresserai des aubes de ma passion.

(Gustave Kahn)

 

 

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Le Bouleau (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Le Bouleau

Chaque nuit, le bouleau
Du fond de mon jardin
Devient un long bateau
Qui descend ou l’Escaut
Ou la Meuse ou le Rhin.
Il court à l’Océan
Qu’il traverse en jouant
Avec les albatros,
Salue Valparaiso,
Crie bonjour à Tokyo
Et sourit à Formose.
Puis, dans le matin rose,
Ayant longé le Pôle,
Des rades et des môles,
Lentement redevient
Bouleau de mon jardin.

(Maurice Carême)

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Enfant qui t’en allais rêvant (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Enfant qui t’en allais rêvant
De navires appareillant
Voiles au clair, vers le grand large,

Enfant qui t’en allais chantant
Avec le vent gai des dimanches
Parmi les cordages les ancres,
Sur le port joyeux de partances
Au beau soleil de tes quinze ans,

Vois pourrir, mornes épaves
Rongées de sel, mangées d’algues,
Parmi les brumes et les pluies,
Les derniers bricks au fond des rades.

Fini, le merveilleux voyage
Aux archipels miraculeux.
Sur les poupes le nom s’efface,
Le vent grince dans les carcasses,
La souille s’ouvre, noire et froide,
Fini, tu peux fermer les yeux !

Ceux que jadis le vent chantant des grandes voiles
Emporta sur les mers,
Navigateurs aux mains de cuir, aux yeux de rêve,
Ils dorment maintenant près du clocher natal
Ou roulent à jamais dans la nuit sans étoiles.
Mais toi, l’enfant des villes,
Fils aimé de la solitude, pauvre enfant,
Garde-les dans ton coeur, ces noms
Chauds comme un soir des mers australes
Et plus doux que le vent des Iles
Dans la fraîcheur verte des palmes.

Belles routes de la mer
Toutes chantantes de neige
Sous le torride azur d’août,
C’est moi qui reviens vers vous
Par ces plages et ces grèves
Et ces sentiers de falaises
Où frissonnent le fenouil,
L’oeillet sauvage et la menthe,
Mais le reconnaîtrez-vous
Après tant de jours d’absence,
Belles du jardin des vagues,
O sirènes du grand large,
Ce vieux coeur lourd maintenant
D’un bruit d’ancres s’enfonçant
Dans les eaux du dernier havre ?

(Paul-Alexis Robic)

Illustration

 

 

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MARÉES II (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018



Illustration
    
MARÉES II

A marée haute
Exécutant
Ses gammes
De gris ou d’embellies
L’océan versatile
Se joint au littoral

Témoins de ces manoeuvres
Les maisons se souviennent
De marins disparus

Un enfant pleure
Sa forteresse de sable

Et pour celui qui passe
Selon l’heure
Selon l’âme
La rade mène aux rivages
Ou dévoile l’inconnu

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Filles-Fleurs (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Filles-Fleurs

Elles enivraient les abeilles et leurs yeux dansaient
sans jamais toucher la terre. Le vent ne fait pas autre
chose et aucun ne s’en étonne, dans les jardins.
Pourtant, la tige des fleurs est un mystère. Pourtant,
le rire des filles en est un autre, et aussi le sifflet du
train, quand la voie est fermée!
La voie est fermée et la vie éclate, grenade des
amours, lourd grenat des dahlias de l’automne, joie
extasiée de jeunes singes dévorant les géraniums.
Il y eut autrefois des fleurs rampantes qui invitaient
au sommeil, les feux de Bengale parsemaient la rade
par les nuits d’été.
Baptême de la douceur, un monde de velours
succédait enfin aux gueules d’hyènes ricanant dans
l’obscurité.
Et j’ai bu l’alcool des abeilles. Le monde devint un
immense arc-en-ciel que je me mis à gravir, et je me
disais : «Elles ne savent ce qu’elles font, mais elles le
font bien!»

(Maurice Blanchard)

Illustration: Mario Fortuny

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Les chères mains qui furent miennes (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Les chères mains qui furent miennes,
Toutes petites, toutes belles,
Après ces méprises mortelles
Et toutes ces choses païennes,

Après les rades et les grèves,
Et les pays et les provinces,
Royales mieux qu’au temps des princes,
Les chères mains m’ouvrent les rêves.

Mains en songe, mains sur mon âme,
Sais-je, moi, ce que vous daignâtes,
Parmi ces rumeurs scélérates,
Dire à cette âme qui se pâme?

Ment-elle, ma vision chaste
D’affinité spirituelle,
De complicité maternelle,
D’affection étroite et vaste?

Remords si cher, peine très bonne,
Rêves bénits, mains consacrées,
Ô ces mains, ces mains vénérées,
Faites le geste qui pardonne!

(Verlaine)

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