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Poésie

Posts Tagged ‘radieux’

EXIL (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




EXIL

Cette manie de me savoir un ange,
sans âge,
sans mort où me vivre,
sans piété pour mon nom
ni pour mes os qui pleurent à la dérive.

Et qui n’a pas un amour ?
Et qui ne jouit pas parmi des coquelicots ?
Et qui ne possède pas un feu, une mort,
une peur, une chose horrible,
même avec des plumes,
même avec des sourires ?

Sinistre délire que d’aimer une ombre.
L’ombre ne meurt pas.
Et mon amour
n’embrasse que ce qui flue
comme lave de l’enfer :
une loge secrète,
fantômes en douce érection,
prêtres d’écume
et surtout anges,
anges radieux comme des couteaux
qui se lèvent dans la nuit
et dévastent l’espérance.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Paul Delvaux

 

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Mes jours neigent vainement (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018



Illustration
    
Mes jours neigent vainement
Ils ne couvrent pas la plaine

Qui s’étend infiniment
D’aller seule toujours pleine,

J’aurais voulu la couvrir
D’innocence radieuse,

Y lancer la furieuse
Tempête du grand désir

Le vent qui met en mouvement
Les arbres morts et les vivants,

Et roule la meule de foin
Des images dont j’ai besoin.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈME D’AUTOMNE (Liu Yuxi)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



cigogne [800x600]

POÈME D’AUTOMNE

Depuis toujours à l’approche de l’automne
On s’attriste de la solitude
Pour moi, l’automne est plus radieux que le printemps
Une cigogne sillonne le ciel limpide
Au-dessus des nuages
Son lyrisme file jusqu’aux cieux émeraude

(Liu Yuxi)

Illustration

 

 

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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus, luisent dans tes vallons (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus,
Luisent dans tes vallons d’un éclair revêtus;
Une rouge vapeur à ton épaule ondoie
Comme un manteau de pourpre où le couchant flamboie
Mille fleurs, sur ton sein, plus brillantes encor,
Au vent voluptueux livrent leurs tiges d’or,
Berçant dans leur calice, où le miel étincelle,
Mille oiseaux dont la plume en diamants ruisselle.
Kaîlaça ! Kaîlaça, soit que nos pieds hardis
Atteignent la hauteur pure où tu resplendis,
Soit que, le souffle humain manquant à nos poitrines,
Nous retombions mourants sur tes larges racines;
Ô merveille du monde, ô demeure des Dieux,
Du visible univers monarque radieux,
Sois béni ! Ta beauté, dans nos coeurs honorée,
Fatiguera du temps l’éternelle durée.
Salut, Route du ciel que vont fouler nos pas;
Dans la vie ou la mort nous ne t’oublîrons pas !

*

Ayant chanté le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures du corps,
Ils gravirent le Mont, plus sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et, semblables aux roses,
S’effeuillaient aux soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient leur flamme, et, tour á tour,
Du sein profond des nuits rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins de force et de joie.
Déjà les kokilas, sur le bambou qui ploie,
Et les paons et les coqs au plumage de feu,
Annonçaient le Séjour, l’inénarrable Lieu,
D’où s’épanche sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, l’Illusion première.
Mille femmes au front d’ambre, aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes consacrées;
Et les Esprits nageaient dans l’air mystérieux;
Et les doux Kinnaras, musiciens des Dieux,
Sur les flûtes d’ébène et les vinés d’ivoire
Chantaient de Bhagavat l’inépuisable histoire.

(Leconte de Lisle)

 

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Jalousie (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

Eugène Carrière  sommeil p

Jalousie

Dans une hutte sordide
Que je voudrais briller
Est étendue une natte de paille
Que je voudrais jeter.
Avec d’horribles bras
– Si je pouvais les briser! –
Ses propres bras enlacés
Mon seigneur va dormir
Tout le jour
Radieux
Toute la nuit
D’un noir d’encre.
Je soupire et me lamente
Au point que craque
Ma couche.

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration: Eugène Carrière

 

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J’ai encore failli écrire (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
J’ai encore failli écrire quelque chose de très subtil
sur les arbres et sur le poudroiement distraitement radieux
que répandent des couronnes fraîches…
Mais est-ce toujours aussi important,
ces efforts obstinés, durs, patients
pour pénétrer dans l’intimité du Tout ?

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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CHAÎNES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
CHAÎNES

Comme une voix dans le feu,
Qui soupire et sommeille,
Puis rêve de jours radieux,
Où les tons sont vermeils.

Comme une voix dans la plaine,
Qui tremble et joue du rire,
Puis fait place à la peine
Où tout crie sans rien dire.

Comme une voix dans le ciel,
Qui frémit et fredonne,
Puis s’effeuille, étincelle,
Où les pas de nos coeurs résonnent.

Comme une voix à l’infini,
Qui s’élève dans la brise,
Puis s’enfuit dans la nuit
Où les nuages s’irisent.

L’Amour nous tient si fort,
Que pieds et mains liés,
Au-delà de tous torts
Nous y sommes enchaînés.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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JE suis venu vers toi (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



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JE suis venu vers toi, Mer, comme vont tes fleuves
Impétueux et forts, rongeant le frein des rives,
Tes fleuves triomphants dans leurs courses déclives,
Les fleuves souriants et doux où tu t’abreuves;

Je suis venu noyer mon coeur en tes flots gris,
Mon coeur et ma pensée altière d’insurgé;
Moi dont le rêve aventureux a voyagé
Confiant vers la gloire acerbe du mépris;

Ó Mer, je suis venu vers toi, l’Insatiable,
Vers le gouffre oublieux et vers l’immense tombe,
Engloutir mon orgueil en l’abîme où retombe
La buée éphémère au mirage implacable;

Mer, prends mon coeur, avec ses rêves chers et vains,
Et mon amour futile et son ambition,
Mer, dans l’oubli passif de toute vision,
Je veux errer parmi le deuil de tes grands pins;

Car, par la plaine ensoleillée et dans l’ivresse,
J’ai marché, radieux de gloire anticipée;
Mer d’oubli, sois le but de ma folle équipée :
Voici que sombre au large un soleil en détresse…

(Francis Vielé-Griffin)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Congédiement (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Congédiement

Toute clarté radieuse, congédiée
Ce soir, doucement

Et nous
Maintenant au centre
De la maison brûlante presque ruine

Et des lampes bougeaient dans le feuillage des chambres

Un chat lointain regardait, rayonnant
Immobile

La perte de ce lieu en nos mains désoeuvrées
Nous nous étions assis
Doucement, sans regard
Le seuil était gardé

Par une vieille femme
De pierre Ô mariée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Départ (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Départ

Et les armoires se souviennent d’un grand départ clair
Une clef rouille sous la porte
Ton pas soulève encore l’écho
Endormi des passages

Une étoile éloignée te regarde peut-être
T’éloigner des chemins d’épines et de gravats

Retourne-toi encore, mon ami radieux
À quelques pas j’ai déchiré
L’absence qui t’emportait

À quelques pas seulement
Les armoires se souviennent
D’un grand ordre éclairé
Des fêtes dans les aubes.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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