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J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Adieu au folklore (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



    
Adieu au folklore

L’univers grâce à la technique
Ciné, radios, télévisions
N’est plus qu’un bloc monolithique
Sans chance aucune d’évasion
Formalités, visas, frontières
Peuvent bien disposer partout
Pour nous embêter leurs barrières
Les micros qui parlent, on s’en fout
Avec le Niagara d’images
Que déverse le cinéma
Il fait un monde sans visage
Neutre, grisaille, banal et plat
Lavage intensif et ses drôles
Injection mais à haute dose
De vitriol et d’eau de rose
Renaud Line et Gilbert Bécaud

Ainsi docilement mais en douce
Grâce aux slogans des hauts-parleurs
Comme roi dont l’esprit s’émousse
Descend l’échelle des valeurs
Nivellement systématique
Voici venir l’homme-robot
Sans réflexion ni sens critique
Sans coeur, sans tripes ni cerveau
Acceptant tout : même cuisine
Même film, mêmes préjugés
Mêmes habits, même doctrine
Plus la peine de voyager
Paris, Tokyo, San Francisco
Mêmes bars, même limonade
Même idéal, même salade
Renaud Line et Gilbert Bécaud

Que reste-t-il du vrai folklore
Coloré, vivant, émouvant ?
Le ciné, les ondes sonores
L’ont noyé sous leurs flots mouvants
Pour le voyageur de passage
Altéré d’authenticité
Les producteurs très à la page
Font du folklore à volonté
France des vaches, Garde Républicaine
Lauterbach, valet d’opéra
Sarclo, Bühler, la coupe est pleine
Servez chaud, folklore vaudois !
Mais que devient le flamenco
Dans la péninsule ibérique
A Granada sous les portiques ?
Cette voix, c’est Gilbert Bécaud !

Ainsi va ce monde grisaille
Ainsi le sel perd sa saveur
Espagne, Ukraine ou Cornouailles
Où sont donc vos fraîches couleurs ?
La paysanne catalane
Veut s’habiller comme à Paris
Elle abandonne la sardane
Pour danser le boogie-woogie
Tout se vide et se banalise
Un faux vernis anglo-saxon
Ennuyeux comme une banquise
Recouvre tout jusqu’aux chansons
C’est ainsi qu’à tous les échos
Exprimant l’idéal du monde
On entend détonner les ondes
Dans la nature à pleins tuyaux

(Jean Villard–Gilles)

 

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Nous goûterons aux îles et à la mer (Charles Bukowski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Nous goûterons aux îles et à la mer

je sais qu’une certaine nuit
dans une certaine chambre
mes doigts
caresseront
bientôt
une douce
et claire
chevelure

il y aura des chansons comme aucune radio
n’en a joué

avec de la tristesse partout, et
tout ça se mélangera.

(Charles Bukowski)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr /

Illustration: Ronnie Biccard

 

 

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GOUTTES SUR LE FIL (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
GOUTTES SUR LE FIL

Par la fenêtre de la cuisine
tu me les avais montrées
les gouttes sur le fil.
L’averse était passée
un rayon de soleil
perçait les nuages noirs.
À la radio on donnait
des nouvelles de la guerre
et les gouttes sur le fil
accrochées qu’elles étaient
à la terre toute entière
faisaient de ta question
— « tu as vu les gouttes ? » —
cette image qui brillait
par-dessus ton épaule
dans l’incertaine durée.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Au phare Borg’ Djellidj (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Au phare Borg’ Djellidj (coordonnées 33° 53′ 3″ N et 10° 44′ 51″ E)
rien à signaler la mer est tiède le ciel bleu
la radio est allumée sur une page d’informations
le speaker cache mal son irritation
toujours rien en vue
une bouteille de Celtia vidée hier soir par un barbu
passe près d’un bateau où l’on grille des sardines
le gardien du phare se reconnaît dans cette bouteille
une bouteille de bière sans message
jetée à la mer comme une ordure
qui ira se briser contre un rocher

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Acoustique (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Acoustique

Un enfant pleure
une radio crie
une auto freine
une moto pète
un marteau frappe
une hie ronfle
un bus passe
et pourtant il y a encore dans l’espace
des pans
qui ne bougent pas

(Raymond Queneau)

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CRIS DE PARIS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
CRIS DE PARIS

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux
le réparateur de porcelaines le rempailleur de chaises
on n’entend plus guère que les radios qui bafouillent
des tourne-disques des transistors et des télés
ou bien encore le faible aye aye ouye ouye
que pousse un piéton écrasé

(Raymond Queneau)

 

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La radio a capté (Søren Ulrik Thomsen)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2016



radio-800x600

La radio a capté une station lointaine
où un choeur d’enfants
dans une langue qui doit être du russe
lit quelque chose qui doit être de la poésie
et pourrait sonner comme une traduction
du poème que j’ai toujours rêvé d’écrire.

***

Radioen har fanget en fjern station
hvor et kor af børn
på et sprog som må være russisk
læser noget som må være poesi
og kunne lyde som en oversættelse
af digtet jeg altid har drømt om at skrive.

***

The radio has picked up a distant station
where a chorus of children
in a language that must be Russian
reads something that must be poetry
and could sound like a translation
of the poem I’ve always dreamed of writing.

(Søren Ulrik Thomsen)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Cours de la Bourse (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



Square du centre-ville
à la radio du clochard
les cours de la Bourse

(Damien Gabriels)

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À l’annonce du typhon (Sumitaku Kenshin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2015



typhon 9 [800x600]

À l’annonce
Du typhon
La radio se brouille.

(Sumitaku Kenshin)

Illustration

 

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