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Poésie

Posts Tagged ‘rafale’

LE VENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2023




    
LE VENT

Ce vent tourmenté
Qui se dit par rafales
Ce vent cinglant
Qui s’exprime en turbulences
Je suis à sa portée
Son souffle me guide

Ces vents célestes
Ces vents de terre
Effaçant nos parcours
Me donnent leur force
Leur liberté

Je navigue…

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Août (Varlam Chalamov)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2022



Varlam Chalamov
    
Août

Soir. Le jardin noir éclaire
Les pommes fondantes.
Comme des boucles d’oreilles
Elles pendent aux branches.

C’est l’instant de la danse
Impétueuse des feuilles,
Des rafales de vent,
Du pourpre et de l’or des cieux,
Des lacs et des herbes.

Les oiseaux tracent avec inquiétude
Au-dessus de leur nid cercle après cercle,
Et tantôt ils reviennent,
Tantôt s’éloignent vers le sud.

Lentement les nuits s’obscurcissent.
C’est toujours la touffeur.
L’été ne veut pas attendre plus,
Mais l’automne n’est pas venu.

(Varlam Chalamov)

 

Recueil: Cahiers de La Kolyma
Traduction: du russe par Christian Mouze
Editions: Maurice Nadeau

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible… (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



 

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible,
une chose apparaît, se fait entendre, vous émeut et bouge jusqu’au fond de vous-même.
On écoute, on ne cherche plus ; on accepte sans s’informer du donateur;
une pensée brûle en un éclair, s’impose comme une nécessité,
ne vous laisse aucune hésitation sur la forme où il convient de l’exprimer : je n’ai jamais eu le choix.

C’est une extase dont la tension formidable se dissout parfois en un fleuve de larmes,
pendant que le pas instinctivement se ralentit ou s’accélère.
On se sent ravi, hors de soi, on garde seulement conscience d’une source inépuisable de frissons subtils
et de ruissellements qui vous parcourt jusqu’aux orteils.

C’est un abîme d’extase si profond que la douleur et la tristesse ne font plus l’effet de forces hostiles,
mais paraissent une condition requise, une nuance toute nécessaire par cette abondance de lumière.
On ressent instinctivement les grands rythmes qui embrassent les immenses espaces où bougent les formes ;
l’amplitude de l’oscillation, le besoin d’un rythme large semble être la mesure d’une semblable inspiration,
une espèce de contrepoids à sa pression et à sa tension.

Tout cela involontaire au premier abord,
semble entraîné par une rafale de liberté, d’indépendance, de puissance, de divinité.
Ce qui est le plus remarquable, c’est la qualité involontaire de l’image et des symboles.
Tout se donne à vous comme l’expression la plus proche, la plus juste, la plus simple.
Il semble en vérité, pour reprendre les paroles de Zarathoustra,
que les choses s’approchent d’elles-mêmes et viennent s’offrir à vous servir d’images…

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Duy Huynh

 

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Il y a dans la lumière des soirs d’automne (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021



Illustration: Vincent Van Gogh
    

Il y a dans la lumière des soirs d’automne
Un charme attendrissant, mystérieux…
La sinistre splendeur des arbres jaunes,
Le bruissement léger des feuillages en feu,
L’azur tranquille et enrobé de brume
Au-dessus d’une terre triste et abandonnée,
Et, comme le présage des tempêtes futures,
De temps en temps des rafales glacées…
Le déclin, l’usure, et partout nous voyons
Ce doux sourire de la flétrissure,
Que chez les hommes nous appelons
La divine pudeur de la souffrance.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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Je me protège de cette rafale (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



Odilon Redon_mystery [1280x768]

 

Je me protège de cette rafale
Qui balaie sur les cimes des peupliers
La lumière de la place.
Dans le faible reflet, une volée
De feuilles remonte le bord de la muraille.
Elle me frappe là où j’ai mal,
Cette voix, toute la nuit :
Me revient ma triste
Vocation à exister, cette soif
De me chercher en tous lieux.

***

Mi difendo a questa raffica
Che spolvera la luce della piazza
Suite cime dei pioppi.
Nel debole riverbero uno stormo
Di foglie risale il ciglio della murata.
Batte qui dove mi duole
Questa voce tutta flotte :
Mi ritorna la triste
Vocazione ad esistere,
La brama di cercarmi in ogni luogo.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Odilon Redon

 

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La rafale de printemps (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2021



La rafale de printemps
Éteint
D’un coup
Toutes les bougies du sanctuaire

(Abbas Kiarostami)

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L’Amour, L’Amour, L’Amour (Marcel Mouloudji)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2020



Illustration: Rémy Disch
    
L’Amour, L’Amour, L’Amour

L’amour,l’amour,l’amour
Dont on parle toujours
À l’amour, c’est un printemps craintif
Une lumière attendrie, ou souvent une ruine
L’amour, l’amour, c’est le poivre du temps
Une rafale de vent, une feuillée de lune

L’amour, l’amour, à l’amour
Dont on parle toujours
L’amour, met la nuit a un bonnet
Et le jour porte un masque
Qui veulent que l’on grimace
L’amour, l’amour
C’est parfois même aussi, que le visage d’un autre
Qui n’est ni lui ni l’autre

À l’amour, à l’amour, à l’amour
Dont on parle toujours
À l’amour, à l’amour c’est plus d’une fois
Un panier vide aux bras l’arc-en-ciel sur deux coeurs

À l’amour, à l’amour
À l’amour c’est quand je t’aime
À l’amour c’est quand tu m’aimes
Sans me le dire
Sans te le dire
À l’amour, à l’amour
L’amour c’est quand tu m’aimes
L’amour c’est quand je t’aime
Sans te le dire
Sans me le dire

(Marcel Mouloudji)

 

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La Prière du Védantin (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020



Illustration: Mejda Ben
    
La Prière du Védantin

Esprit suprême
qui médite dans le silence du coeur,
éternelle clarté,

Toi seul Tu Es !
Ah, pourquoi suis-je voilé par cette obscurité,
ma part ensoleillée

assaillie par les nuages ?
Pourquoi suis-je ainsi défiguré par le désir,
distrait, entraîné,

consumé par le feu
de fantasques passions, chassé hors de ta paix
dans le tourbillon

de chaque rafale ?
Livré au chagrin, abattu,
surpris par la luxure ?

Ne laisse pas la grisaille de mon passé
taché de sang rebuter ta compassion souveraine,
ni même la retarder,

ô Vérité solitaire !
Ni ne laisse les dieux trompeurs qui Te singent encore
abuser ma jeunesse.

Calme ces clameurs ;
car je voudrais entendre la voix éternelle et connaître
l’éternelle Volonté.

Ce brillant étalage
encombrant le seuil de l’éternité,
disperse-le — accorde-moi

un regard sans ombre,
un coeur jeune et limpide. Réprime en moi
le cri assourdissant

de ces espoirs,
efface mes siècles souillés, restaure
ma pureté.

Ô porte cachée
de la Connaissance, ouvre-toi ! Force, accomplis-toi !
Amour, déverse-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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PIED À TERRE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019




PIED À TERRE

Par les fentes du vent
entre les mailles des feuillages
dans la faille des falaises
à cheval sur la rafale
vers la croisée des horizons
tu te rues en avant.

Mais c’est l’arbre le nuage
le rocher la mer le mont
l’ombre le poisson l’oiseau
qui s’approche de ton visage
glisse s’approche sans un mot
et t’épargne le passage.

(Jean Mambrino)

Illustration: ArbreaPhotos

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Passion sans mesure (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Passion sans mesure

Dans l’espace où s’inscrit notre passion
Dans le champ où s’assouvissent nos désirs
Et dans l’épaisseur de la chair
D’un paysage déchiqueté
La terre chancelle et se renverse
Dans l’effusion de nos corps.

Sur le sentier
J’écarte pour toi les ronces
Au milieu des rafales
A travers la brume
Le ciel s’habille de gris

Tu te blottis contre mon corps

Incertitude d’une voix qui pousse
Un cri dans la nuit
Dans l’ombre des sommets
Des êtres d’obscurité
Abordent aux rives du néant

Moi je veux seulement voir
Ton visage dans le silence
Avant que le matin ne teinte de rose
La surface de l’eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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