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Personne et cependant l’immensité de l’être (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



    

Personne et cependant l’immensité de l’être
L’infini lègue aux choses un vêtement d’éther

Chemin de l’un vers l’unité
Le présent se donne à l’instant

Ici l’intensité
L’arc du corps

Ici l’effort
La corde raide

Ici l’énergie
La flèche en vérité

La cible sans circonférence ni centre coïncide avec la visée
L’archer s’éveille à la réalité

C’est l’éclair de haute pression physique
Où la terre sombre dans l’eau

Et la noyade appelle la fièvre
Et l’eau sombre dans le feu

De ce brasier les corps s’évadent
Le feu sombre dans l’air

Alors du vide de la chute
Monte le souffle en partage

Avec la lumière
Et la lumière de la lumière

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le caroubier en fleur (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



 

Laurence Cohen   caroubier [1280x768]

Le caroubier en fleur

Parmi
le
vert

vif
raide
vieille

branche
brisée
vienne

blanc
odorant
Mai

derechef

*

The Locust Tree in Flower

Among
of
green

stiff
old
bright

broken
branch
come

white
sweet
May

again

(William Carlos Williams)

Illustration: Laurence Cohen

 

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MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES

Un désordre d’arbres noirs
et les rayons fumants de la lune.
Là où la chaumière a coulé
et semble être sans vie.

Jusqu’au murmure de la rosée matinale
quand un vieillard ouvre
– d’une main qui tremble –
la fenêtre pour lâcher un grand duc.

Et dans une autre aire du vent
la construction nouvelle fume
avec un papillon de draps lavés
qui volette à l’angle

au milieu d’une forêt moribonde
où la décomposition lit
dans ses lunettes de sève
le compte-rendu des coléoptères.

Été aux pluies de blé mûr
ou un seul nuage d’orage
Des voix affolées, des visages
volent dans les fils du téléphone
avec des ailes rapides mutilées
par-dessus les milles des marécages.
au-dessus d’un chien qui aboie.
Le grain rue dans la terre.

La maison sur une île du fleuve
qui couve ses premières pierres.
Une fumée constante – on brûle
les documents secrets de la forêt.

La pluie retourne dans le ciel.
La lumière serpente dans le fleuve.
Les maisons du précipice surveillent
les boeufs blancs de la cascade.

Automne avec une ligue d’étourneaux
qui tiennent l’aube en échec.
Les hommes ont la démarche raide
au théâtre de l’abat-jour.

Faites-leur toucher sans crainte
les ailes camouflées
et l’énergie de Dieu
enroulée dans l’obscurité.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Escalier raide et glissant (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
escalier raide et glissant
vers une crique
un carrelet sans filet
grince
on descend

petite plage grise au vent
on fait face

on n’a rien à se dire

la mer n’a pas d’yeux

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Sur le fil (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




Sur le fil
les chemises pendent,
raides de soleil.

(Anne Tardy)

 

 

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L’amour est une source (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Edvard Munch   
    
l’amour est une source à laquelle
s’abreuvent ces fous qui ont grimpé
plus raides que les espoirs sont peurs
simplement pas toujours nommées
des montagnes plus si quand chaque
totalité connue s’évapore

insouciants sont les amants qui
plus haut que leurs peurs sont espoirs
sont les amants genoux à terre
eux dont les lèvres heurtent des cieux
inimaginés plus profonds
que le paradis n’est l’enfer

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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HOMMES DE MON PAYS (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration
    
HOMMES DE MON PAYS

Dans nos montagnes il y a des hommes,
ce sont des amis de la nuit;
leurs yeux brillent du noir des chèvres,
leurs gestes raides comme la pluie.
Ils ont pour maître l’olivier,
simple vieillard aux bras croisés.
Eux,
leurs mains sont de chardons,
leurs poitrines sanctuaires,
« le ciel tourne autour de leurs fronts,
comme un insecte lourd à la chaude saison ».
Dans nos montagnes il y a des hommes,
qui ressemblent au tonnerre,
et savent que le monde est gros comme une pomme.

(Nadia Tueni)

 

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Un garçon et son amie (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



Illustration: Giovanni Segantini
    
Un garçon et son amie se promenaient sur la rive.
Leurs cœurs battaient en secret.
Mille soleils amoureux jouaient avec l’eau du fleuve.

Le garçon ne disait rien,
la fille guettait des anges entre la terre et le ciel.

Passant le long des roseaux il brisa un rameau vert,
l’aiguisa du bout de l’ongle.

– Qu’en feras-tu ? lui dit-elle.

Le garçon, d’un coup menu, lui piqua la fesse gauche.

Elle poussa un cri d’oiseau, se laissa tomber dans l’herbe.
– Viens, dit-elle.
Baise-moi.

Qui eut envie le premier ?
Qui des deux désira l’autre ?
Lui sur elle, elle sur lui,
qui fut roi, qui fut mendiant ?

Tu poses trop de questions.
Du pieu raide ou de la grotte,
qui t’a fait comme tu es ?

(Henri Gougaud)

 

Recueil: Le Livre des amours : Contes de l’envie d’elle et du désir de lui
Editions: Seuil

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Dordrecht (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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Dordrecht

Et les maisons s’inclinent
Et les pontons s’écroulent
Au ras de la marée
Aux rempart de Dordrecht

Et les âmes s’allument
Les vagabonds s’en viennent
Et les amants s’en vont
Dans les rues de Dordrecht

Et les navires filent
Et la marée gémit
Et les chiennes hurlent
Sous les lunes de Dordrecht

Se peut-il que les soirs
La bière se fasse amère
La bière se fasse amante
Que l’on veuill’ prendre l’air

Et qu’on ait l’œil au Nord
Et le cœur aux dérives
Qu’on regard’ l’autre rive
De l’autr’ côté d’la mer

Et les pontons s’inclinent
Et la mer se devine
Le regard aviné
De l’ivrogne qui passe

Il est déjà passé
Et seul le clapotis
Accompagne ses pas
Il ne reviendra pas

Il ne reviendra pas ah ! ah !
Non celui-là non ne reviendra pas
Je suis dans le troquet
Et la pluie dégouline
Le crachin sur la vitre
Il ne reviendra pas non
Il ne reviendra pas

J’ai entendu ses pas
Je connais la jetée
Encore un qui s’est j’té
Il s’en est tant jeté

Je le connaissais mais
Il ne reviendra pas

Serveuse
Un grand bock
Cette fois
La marée est trop haute
Et mon cœur est trop bas
Tu sais je te connais
Tu sais c’est moi
Ce soir
C’est ce soir moi que j’me jette
Des remparts de Dordrecht
Moi un ancien poète
J’ai quitté cette terre
Les dieux m’abandonnent
C’est ce soir que j’me donne

Et les pontons s’inclinent
La marée se devine
Des coups à rester raide
Sous les remparts
Y’en a qui partent
De Dordrecht.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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La pente (Orhan Veli)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016





La pente

Si dans l’au-delà, le soir,
À l’heure de la fermeture de l’usine,
Le chemin qui nous ramènera à la maison
N’est pas aussi raide que celui-ci,
C’est que la mort n’est pas une si mauvaise chose.

(Orhan Veli)

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