Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘raisin’

Le raisin a pour patrie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



William Bouguereau vendangeuse-_1875_ [800x600]

Le raisin a pour patrie
Les doigts de la vendangeuse.
Mais elle, qui-a-t-elle,
Passé l’étroit sentier de la vigne cruelle?

Le rosaire de la grappe;
Au soir le très haut fruit couchant qui saigne
La dernière étincelle.

(René Char)

 Illustration:  William Bouguereau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il savait des choses (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 orange   l

Il savait des choses dont la nuit seule apprivoise le langage
et il les semait dans sa nation attentive silencieuse
hâve occulte qui était son raisin et sa farine
Et ces choses étaient l’orange juteuse pour l’heure
jachère pour la clameur de la gorge taciturne
et pour la soif de sa nation qui le voulait homme roi
Le laurier de longue verdeur ne frémissait pas de sa connaissance
et de sa requête debout et de son geste multitude et immobilité
Quand la mémoire l’avait rejeté ce qu’il savait demeurait
Et il le savait dans sa peau et devant sa peau
Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
comme une goutte ailée de miel
pour se poser sur la bouche épouse

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Dennis Wojtkiewicz

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’offrande de tes raisins si tendres (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Yan Vita

 

Les treilles ont suspendu leur âme
Au-dessus des ruelles
Il me souvient
L’offrande de tes raisins si tendres

Cascade de l’eau sans ailes!

(Tahar Bekri)

Illustration: Yan Vita

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Madame au fond de vous (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Amedeo Modigliani
    
Madame au fond de vous

Madame au fond de vous j’ai mangé au fruit rose
Et je n’en suis pas encore rassasié
Pour être vrai j’accours à ce nouveau cellier
D’avoir
Madame en vous mangé si claire chose

Madame j’ai tâté de l’enfer je suppose
En m’abandonnant de la langue à ce beau fruit
Depuis j’erre assoiffé affamé jour et nuit
Ne pouvant me passer d’une nouvelle dose

Quel secours appeler?
Je ne sais pas attendre
Ni ne peux plus aller par un autre sentier
Sans que le goût de votre pulpe me poursuive

Vous perdant comme on perd les perles d’un collier
Si de votre déduit ne puis être la grive
Me soûlant à votre raisin tendu et tendre

(Jacques Chessex)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’inconstant (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




L’inconstant

Mes yeux s’en sont allés
derrière une brunette
qui passait.

Était de nacre noire,
était raisin violet.
De sa traîne de feu
elle a fouetté mon sang.

Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Une blonde est passée
telle une plante d’or
en balançant ses charmes.
Et ma bouche s’est faite
vague qui s’en allait
décharger des éclairs
de sang sur sa poitrine.
Après toutes les filles
je vais toujours ainsi.

Mais vers toi, sans bouger,
sans te voir, ma lointaine,
mon sang, mes baisers volent,
ma brunette et clairette,
ma grande et ma petite,
ma vaste et ma menue,
ma jolie laideronne,
faite de tout l’argent
et faite de tout l’or,
faite de tout le blé
et de toute la terre,
faite de toute l’eau
des vagues de la mer,
faite pour mes deux bras,
faite pour mes baisers,
faite, oui, pour mon coeur.

(Pablo Neruda)

Illustration: Danielle McManus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA PAYSANNE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
LA PAYSANNE

Paysans dont la simple histoire
Chante en nos cœurs et nos cerveaux
L’exquise douceur de la Loire
Et la bonté -des vins nouveaux, (bis)
Allons-nous, esclaves placides,
Dans un sillon où le sang luit
Rester à piétiner au bruit
Des Marseillaises fratricides ?…

Refrain
En route! Allons les gâs ! Jetons nos vieux sabots
Marchons,
Marchons,
En des sillons plus larges et plus beaux !

A la clarté des soirs sans voiles,
Regardons en face les cieux ;
Cimetière fleuri d’étoiles
Où nous enterrerons les dieux. (bis)
Car il faudra qu’on les enterre
Ces dieux féroces et maudits
Qui, sous espoir de Paradis,
Firent de l’enfer sur la « Terre » !…

Ne déversons plus l’anathème
En gestes grotesques et fous.
Sur tous ceux qui disent : « Je t’aime »
Dans un autre patois que nous ; (bis)
Et méprisons la gloire immonde
Des héros couverts de lauriers :
Ces assassins, ces flibustiers
Qui terrorisèrent le monde !

Plus -de morales hypocrites
Dont les barrières, chaque jour,
Dans le sentier des marguerites,
Arrêtent les pas de l’amour !… (bis)
Et que la fille-mère quitte
Ce maintien de honte et de deuil
Pour étaler avec orgueil
Son ventre où l’avenir palpite !…

Semons nos blés, soignons nos souches !
Que l’or nourricier du soleil
Emplisse pour toutes nos bouches
L’épi blond, le raisin vermeil !… (bis)
Et, seule guerre nécessaire
Faisons la guerre au Capital,
Puisque son Or : soleil du mal,
Ne fait germer que la misère.

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DE VENDANGES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Daniel Ridgway Knight
    
CHANSON DE VENDANGES

L’automne sourit au flanc des coteaux
En le rouge orgueil des grappes vermeilles,
Allons les beaux gas ! Hotte sur le dos !
Filles, emportez serpes et corbeilles
Et, tout en chantant, bras dessus dessous
Dans les vignes d’or prenez la volée.

Refrain
Allez en vendange et dépêchez-vous
(Les raisins sont mûrs, les raisins sont doux)
N’attendez pas la gelée,
N’attendez pas la gelée.

Mordant ou frôlant les raisins rosés,
Les lèvres ont l’air de raisins farouches
Allons les beaux gas ! Cueillez des baisers,
Filles, pour cela, tendez-leur vos bouches ;
Et vers le bonheur d’au-dessus de nous
Vendangeurs d’amour prenez la volée.

Le temps de vendange et celui d’amour
Durent dans la vie une nuit de rêve,
Hélas les beaux gas ! Le bonheur est court
Filles ! La jeunesse est encor plus brève !
Et l’hiver blanc, fils des automnes roux,
Glace le baiser qui prend sa volée.

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR LE PRESSOIR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

SUR LE PRESSOIR

Sous les étoiles de septembre
Notre cour a l’air d’une chambre
Et le pressoir d’un lit ancien;
Grisé par l’odeur des vendanges
Je suis pris d’un désir étrange
Né du souvenir des païens.

Couchons ce soir
Tous les deux, sur le pressoir !
Dis, faisons cette folie ?…
Couchons ce soir
Tous les deux sur le pressoir,
Margot, Margot, ma jolie !

Parmi les grappes qui s’étalent
Comme une jonchée de pétales,
O ma bacchante ! roulons-nous
J’aurai l’étreinte rude et franche
Et les tressauts de ta chair blanche
Ecraseront les raisins doux.

Sous les baisers et les morsures,
Nos bouches et les grappes mûres
Mêleront leur sang généreux ;
Et le vin nouveau de l’Automne
Ruissellera jusqu’en la tonne,
D’autant plus qu’on s’aimera mieux !

Au petit jour, dans la cour close,
Nous boirons la part de vin rose
Œuvrée de nuit par notre amour ;
Et, dans ce cas, tu peux m’en croire,
Nous aurons pleine tonne à boire
Lorsque viendra le petit jour !

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BILITIS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



    

BILITIS

Une femme s’enveloppe de laine blanche. Une autre se vêt de soie et d’or.
Une autre se couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi je ne saurais vivre que nue. Mon amant, prends-moi comme je suis :
sans robe ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge.
Mes boucles flottent autour de moi, libres et rondes comme des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m’a faite dans une nuit d’amour lointaine,
et si je te plais ainsi, n’oublie pas de me le dire.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »