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II a plu tout un jour (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



II a plu tout un jour de grisaille et de brume,
Pareil à mon esprit tranquille et résigné
Qui se trouve chez lui sous le ciel déblayé.
Il a plu tout le jour et les vitres s’allument ;
Il a plu tout le jour et ce n’est pas fini…
Avant l’heure, l’après-midi lente s’achève ;
A tant de souvenirs mon coeur s’est rajeuni.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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Nevermore (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

Rockwell Kent n4

Nevermore

Allons, mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice,
Redresse et peins à neuf tous tes arcs triomphaux;
Brûle un encens ranci sur tes autels d’or faux;
Sème de fleurs les bords béants du précipice;
Allons, mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice !

Pousse à Dieu ton cantique, à chantre rajeuni;
Entonne, orgue enroué, des Te Deum splendides;
Vieillard prématuré, mets du fard sur tes rides;
Couvre-toi de tapis mordorés, mur jauni;
Pousse à Dieu ton cantique, à chantre rajeuni.

Sonnez, grelots; sonnez, clochettes; sonnez, cloches!
Car mon rêve impossible a pris corps et je l’ai
Entre mes bras pressé : le Bonheur, cet ailé
Voyageur qui de l’Homme évite les approches,
– Sonnez, grelots; sonnez, clochettes; sonnez, cloches!

Le Bonheur a marché côte à côte avec moi;
Mais la FATALITE ne connaît point de trêve:
Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,
Et le remords est dans l’amour : telle est la loi.
– Le Bonheur a marché côte à côte avec moi

(Paul Verlaine)

Illustration: Rockwell Kent

 

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SYMPATHIES ERRANTES (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



SYMPATHIES ERRANTES

D’on ne sait quel azur parties,
Avec des haleines de mai,
De fraternelles sympathies
Voyagent dans l’air parfumé.
Les rêveurs et les jeunes femmes
Sentent parfois, en ces beaux jours,
Aux marches blanches de leurs âmes
Monter d’invisibles amours.
D’on ne sait quel regard venues,
Entre des rires et des pleurs,
Ce sont des lèvres inconnues
S’ouvrant à leurs lèvres en fleurs.
Et le charme en est si vivace,
Si doux, que leurs fronts rajeunis
De cette caresse qui passe
Gardent des rêves infinis.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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Septembre matinal (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
septembre matinal se glisse
dans les chambres souple et jubilant
c’est partout dehors soudain
la moindre des choses déclare
avec une pieuse aisance
à la lumière son amour
le miroir ouvre grands ses yeux rajeunis
un vase avoue les couleurs à jamais
le bois lucidement s’étire

ailleurs le vent prend l’herbe
des steppes en pitié la console et lui offre
les secrets des lointains qu’il sait seulement fuir
l’aube plus loin d’une caresse sûre
réveille la féline fourrure de la mer
indécise entre rire et gronder

la main géante du sommeil
garde encore ta présence nue
et je n’ose te regarder plus
que ces troncs d’arbre aussi purs que des cris
par les vagues patiemment polis
et rejetés par elles sur le sable
pour révéler ce que seront les corps

notre nudité ne surgit
que d’un fourreau d’irréparables gestes
elle n’est vue que du seul bout des doigts
s’évanouit s’ils se taisent
finisterre des promesses
où la nuit vient d’un coup d’ailes
happer nos mots aventurés
entre gémir et murmurer

sous l’ogive des bras qui se tendent
tes paupières se lèvent
il fait moins clair déjà j’entends
croître l’ombre qui coule dans tes veines
comme nos voix sont rauques dans le cristal de l’aube
les étoiles se sont éteintes
et d’autres qui n’ont plus de nom
brûlent en nous désormais jusqu’au soir

de quelques pas soyeux
tu vas auprès de la fenêtre
septembre un peu s’affole
au bord de ton nu contrejour
en de lointaines alpes je le sais
un ruisseau joue sur les pierres
ondule et danse vif
on pourrait presque entendre son murmure

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Les Rythmes (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2016



 

Paul Ranson

Les Rythmes

Rythme des robes fascinantes,
Qui vont traînantes,
Balayant les parfums au vent,
Ou qu’au-dessus des jupes blanches
Un pas savant
Balance et gonfle autour des hanches !
Arbres bercés d’un souffle frais
Dans les forêts,
Où, ruisselant des palmes lisses,
Tombent des pleurs cristallisés
Dans les calices
Roses encor de longs baisers !
Soupir des mers impérissable,
Qui sur le sable,
Dans l’écume et dans les flots bleus
Pousses l’amas des coquillages ;
Flux onduleux
Des lourdes lames vers les plages !

Air plaintif d’instruments en choeur
Qui prends le coeur,
Et, traversant la symphonie,
Viens ou pars, sonore ou noyé
Dans l’harmonie,
Et renais sourd ou déployé !
Hivers, printemps, étés, automnes,
Jours monotones,
Souvenirs toujours rajeunis ;
Mêmes rêves à tire d’ailes,
Loin de leurs nids
Tourmentés de douleurs fidèles !
Vous m’emplissez de désirs fous,
Je bois en vous
La soif ardente des mirages,
Reflets d’un monde harmonieux !
Et vos images
Se mêlent toutes en mes yeux :
Rythme lent des robes flottantes,
Forêts chantantes,
Houles des mers, lointaines voix,
Airs obsédants des symphonies,
Jours d’autrefois,
Ô vous, extases infinies !

(Léon Dierx)

Illustration: Paul Ranson

 

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