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Poésie

Posts Tagged ‘rajeunir’

La Poésie (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

Albert Anker -_Stillleben_-_Unmässigkeit

Il n’y a bien sûr pas de hiérarchie de valeur entre les arts.
Toute beauté nous rajeunit.

Mais je crois que l’acte poétique premier, radical et invisible,
qui consiste dans l’effort du corps et de l’esprit ensemble
à se rendre poreux à l’extrême au principe de vie
(énergie qui force son entrée dans le vide)
qui se trouve dans l’en-deçà lointain
de tout ce qui apparaît et advient,
est la condition de tout geste artistique.

En cela tout artiste est d’abord poète.

La poésie n’est ni meilleure, ni plus grande, etc…
il y a seulement que l’acte dont elle procède
est à l’amont de toute réalisation artistique.

Le poème n’a aucun privilège ;
comme une danse, un chant ou un tableau,
il est une des formulations possibles,
un des avatars sensibles
de l’acte poétique premier.

(Jean-Pierre Siméon)

Illustration: Albert Anker

 

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Le petit optimiste (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



Dès le matin j’ai regardé
j’ai regardé par la fenêtre:
j’ai vu passer des enfants.

Une heure après, c’étaient des gens.
Une heure après, des vieillards tremblants.

Comme ils vieillissent vite, pensai-je!
Et moi qui rajeunis à chaque instant!

(Jean Tardieu)

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Tant que je repose inerte immobile (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



 

Tant que je repose inerte immobile,
je ne fais qu’entasser la masse des choses,
je ne fais que dévorer ce monde
par petits morceaux, ainsi que fait l’insecte.
Chaque fardeau de douleurs devient plus pesant;
la vie vieille, blanchie parmi l’hiver des doutes
est courbée sous le poids d’une préoccupation.

Mais si je vais et cours
dans le torrent du mouvement
avec la masse serrée de ce monde,
tous vêtements déchirés, lacérés,
alors les fardeaux variés de la souffrance se dissipent.
Je deviens pur, baignant dans le courant de marche
et je bois la liqueur immortelle de marche.
Ma jeunesse est éveillée à la vie neuve,
elle rajeunit à chaque instant!

Ainsi je suis le voyageur dont les regards vont en avant,
à quoi vous servirait de m’appeler derrière ?
Je ne demeure pas assis dans ma maison, envoûté par l’attirance de la mort!
Mais j’ai mis ma guirlande au cou de l’Etre Jeune.
Je porte à la main ses présents d’union,
je rejette l’ancien fardeau, l’amas précieux de ma vieillesse!
Le grand ciel est empli du joyeux chant de marche,
ô toi mon âme,
Dieu Poète du Monde chante en ton chariot,
et le soleil, la lune, les étoiles chantent à l’entour!

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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C’était une fée et j’étais le roi (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2016



c’était une fée et j’étais le roi
et puis quoi c’est un bon début ma foi
non je serais le fils du roi c’est mieux
parce que vraiment le roi est trop vieux
pensez donc il aura bientôt cent ans
que ferait une fée d’un centenaire
le rajeunir ? lui porter sa couronne ?
le pomponner et l’asseoir sur le trône ?
et moi là-dedans de quoi j’aurais l’air
la fée m’a répondu tu perds ton temps

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Fantaisie (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015




Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber.
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis Treize. Et je crois voir s’étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit ;
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que dans une autre existence, peut-être,
J’ai déjà vue, – et dont je me souviens.

(Gérard de Nerval)

Illustration

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Le poème a la gorge claire (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2015


poeme

Aiguiser la soif et la rajeunir,
le poème a la gorge claire.

(Pierre Dhainaut)

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Le taille-crayon ne bouge pas (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Un crayon, d’à peine quelques centimètres,
court sur la page blanche;
ses métaphores dénudent la brûlure initiale,
rajeunissent la grande nuit des hommes.

A côté, dans l’odeur des copeaux,
le taille-crayon ne bouge pas,
certain d’avoir le dernier mot.

(Bernard Montini)

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