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Poésie

Posts Tagged ‘rame’

Les étoiles de mer (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019


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Si les eaux de la mer, un matin, se retirent,
Nous dévisagerons tous les siècles éteints.
Le temps sera fini des larmes et du rire.
Si les eaux de la mer se retirent, un matin,

Nous irons ramasser des rames de galère
Pour y sculpter la forme exacte d’un violon
Qui chantera pour nous les hymnes de naguère
Comme les galériens vers les quatre horizons…

Les étoiles de mer fleuriront à miracle
En d’étranges jardins que nul n’a jamais vus.
L’océan garde en lui la magie du spectacle
Que les plus vieux poissons des grands fonds ont connu.

Jardins du fond des mers, où les noyés reposent
Avec leurs yeux ouverts qui ne pourront plus voir,
Regards éteints tournés vers le secret des choses,
Inconnus sommeillant sur un lit d’algues noires.

Les étoiles de mer sont vivantes et cruelles,
Qu’elles se ferment donc en silence sur eux,
Que la tête et le coeur nourrissent les plus belles:
Aucun matin du monde a-t-il désiré mieux?

(Bernard Dimey)

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Clair de lune (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots.
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? –
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… –
La lune était sereine et jouait sur les flots.

(Victor Hugo)

 

 

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Je m’ensevelis dans le sable blanc (Marie-Marcelle Ferjuste)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

Je m’ensevelis dans le sable blanc
Comme les huîtres s’y engloutissent
pendant que pleurent les écrevisses
et se courbent les flamboyants
Dans le va-et-vient des lames
Je regarde le bleu de la mer
Où monte un doux Pater Noster
tandis qu’arrivent les rames
À l’ombre des cocotiers
au loin je vois naviguer les voiliers
quand sur le sable descend le soir
Au fur et à mesure au gré des flots
le sable blanc devient noir très noir
et l’univers se ferme sur mon visage

(Marie-Marcelle Ferjuste)

Illustration: William Bouguereau

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Nocturne (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Nocturne

Sifflet humide des crapauds
bruit des rames la nuit, des rames…
bruit d’un serpent dans les roseaux,
d’un rire étouffé par les mains,
bruit d’un corps lourd qui tombe à l’eau,
bruits des pas discrets de la foule,
sous les arbres un bruit de sanglots,
le bruit au loin des saltimbanques.

(Max Jacob)

Découvert chez Lara ici

 

 

 

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Dans un petit bateau (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



Dans un petit bateau
Une petite dame
Un petit matelot
Tient les petites rames

Ils s’en vont voyager
Sur un ruisseau tranquille
Sous un ciel passager
Et dormir dans une île

C’est aujourd’hui Dimanche
Il fait bon s’amuser
Se tenir par la hanche
Echanger des baisers

C’est ça la belle vie
Dimanche au bord de l’eau
Heureux ceux qui envient
Le petit matelot

(Robert Desnos)

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LE LAC ENDORMI (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    
LE LAC ENDORMI

Un sapin, la nuit,
Quand nul ne le voit,
Devient une barque
Sans rames ni bras.
On entend parfois
Quelque clapotis,
Et l’eau s’effarouche
Tout autour de lui.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

PRÈS DE L’EMBOUCHURE DU FLEUVE
Li-Taï-Pé

Les petites vagues brillent au clair de lune, qui change en argent le vert limpide de l’eau ;
et l’on croirait voir mille poissons courir vers la mer.

Je suis seul dans mon bateau, qui glisse le long du rivage ;
quelquefois j’effleure l’eau avec mes rames ; la nuit et la solitude me remplissent le cœur de tristesse.

Mais voici une touffe de nénuphars, avec ses fleurs semblables à de grosses perles ;
je les caresse doucement de mes rames.

Le frémissement des feuilles murmure avec tendresse, et les fleurs,
inclinant leurs petites têtes blanches, ont l’air de me parler.

Les nénuphars veulent me consoler,
mais déjà, en les voyant, j’avais oublié ma tristesse.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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REGARDANT LES ESQUIFS A SAN SABBA (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
REGARDANT LES ESQUIFS A SAN SABBA

J’entendis leurs jeunes coeurs crier
Vers l’amour au-delà des rames obliques
Et entendis les herbes de la prairie soupirant:
Jamais plus, ne revient jamais plus!

Ô coeurs, ô herbes soupirant,
Vainement vos bannerets éconduits se lamentent!
Jamais plus le vent sauvage passant
Ne revient, jamais plus ne revient.

***

WATCHING THE NEEDLEBOATS AT SAN SABBA

I heard their-young hearts sing
Loveward above the glancing oar
And heard the prairie grasses sighing:
No more, return no more!

O hearts, O sighing-grasses,
Vainly your loveblown bannerets mourn!
No more will the wild wind that passes
Return, no more return.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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La belle Luca j’aimai, mais (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Ron Mueck   
    
La belle Luca j’aimai,
Mais Luca ne m’aimait pas.
J’ai les ombres pour meublé,
Les amis ont fui mes pas.

Plus de malheurs désormais,
Ils sont déjà dans mon âme.
Je m’en vais vivre à jamais
Stupide, seul et sans rame.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Plus que le noeud (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Plus que le noeud, la corde.
Plus que la bouche, la voix.

Plus que les bronches, la respiration;
mais aussi plus que l’écrit, l’écart;

plus que la rame, le rythme;
plus que l’hélice, le sillage.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: L’ineffaçable L’inaperçu
Traduction:
Editions: Gallimard

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