Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ramener’

Si mon ici (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Si mon ici

Si mon ici est l’ailleurs de l’ailleurs,
que cet ailleurs d’un autre me projette
dans son vertige et me ramène à moi.

Si je me trouve où je ne peux pas être,
si je me perds en ne me perdant pas,
que mon retour précède mon départ !

Est-il un lieu plus vaste que l’attente ?
Devant le seuil où j’espère mon être,
la mort serait de ne pas me trouver.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Même la répétition est un renouvellement (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Même la répétition
est un renouvellement.
Tes cheveux
ramenés sur le côté
parlent autrement.

(Yannis Ritsos)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Le vide (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    

Le vide ramène l’homme à l’Origine
cachée derrière tes yeux
dont tu ne peux voir l’envers

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SAUVETAGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



 

SAUVETAGE

Réunion d’hommes-cendres
et de femmes-cendres. Le moyeu blême du ciel
développé à fond jusqu’à atteindre
la rondeur d’une anthère
sur la pente tourbeuse d’où
je les voyais. Mai-vert : ce qui fut dit,
audible dans l’oeil. Les mots,
mêlés à la neige, n’
accusaient pas la bouche. Je bus
le vin qu’ils me mesuraient. Me tenant, peut-être,
près du lieu où tu
aurais pu être. Je ramenai
tout
chez moi dans l’autre monde.

(Paul Auster)

Illustration: Leon Comerre

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Oh! pardonne-moi ! (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017



Illustration
    
Oh! pardonne-moi ! Tu fleuris, solitaire,
Et je ne puis ramener
Tous ces songes dorés, cette foi si profonde…
Ma route est sans issue.

Au comble du bonheur, l’idée somnole en toi,
Tu es forte d’azur.
Mais ma vie est tout autre — tout autre mon chemin,
Et l’âme doit veiller.

Il n’y a pas, crois-moi, de prosterné plus triste
En ce vaste pays,
Où respirait, aimait ton mystérieux génie,
De moi insoucieux.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’attendais un cri (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



J’étais dans des bruits.

Chaque fois la perforatrice
S’acharnait plus haut.

J’attendais un cri
Qui résumerait,
Qui effacerait,

Qui ramènerait
A ce qui se tait.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les morts sont légers (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



 

Les morts sont légers
plus légers que l’air.

C’est nous qui portons
leur poids à l’épaule.

C’est nous qui écoutons
leur vraie voix dans nos cœurs.

Les morts sont légers
plus légers que le sommeil.

Ils nous parlent en secret
dans la langue pure des galaxies.

Ils nous tirent vers le haut
tandis que l’oubli et la faiblesse

nous ramènent vers la terre.

Les morts sont légers
plus légers que le souvenir.

Ils nous parlent en secret
dans la langue oubliée des enfants.

Ils nous tirent vers l’azur
tandis que le silence du néant

nous ramène vers la vérité.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

<div style= »text-align: center; »><span style= »font-style: italic; font-weight: bold; font-size: 17px; font-family: Comic sans-serif; color: blue; »><p><em><br></em></p>

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOLIPSISME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
SOLIPSISME

(Accent parigot. Véhémence et certitude
agressive. Avec gestes.)

Qui c’est qu’est là
quand j’y suis pas?

C’est-i l’bureau?
C’est-i la porte?
C’est-i l’parquet?
C’est-i l’plafond?
C’est-i la rue?
C’est-i la terre?
C’est-i le ciel?
Ah, nom de nom!

Quand j’y suis pus
Y-a pus personne.
A preuve? C’est que quand j’reviens
je ramèn’ tout à la maison :
et v’là la terre
et v’là le ciel
et v’là la rue
et ma maison
et v’là la porte
et v’là l’parquet
et v’1à l’plafond!

(Jean Tardieu)

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Premier baiser (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




    
Premier baiser

Pour tous deux en classe primaire
La journée passait en leçons.
Le soir la route familière
Nous ramenait la maison.

Au cours de cet itinéraire
Nous mangions le morceau de pain
Qu’avait prépare notre mère
Avant le départ du matin.

J’essayais avec innocence
De l’embrasser, sans résultat.
Pour surmonter sa résistance
J’ai proposé du chocolat.

Quand elle eut fini ma tablette
J’ai du femer les yeux avant
De sentir ses lèvres discrètes
Sm les miennes un bref instant.

Si ce baiser fut éphémère
Son souvenir subsistera
Si douce fut sa bouche légére
Barbouillée de mon chocolat.

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La tristesse (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;

Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !

Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !

On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !

Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !

Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !

Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !

(Alphonse de Lamartine)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :