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Poésie

Posts Tagged ‘ramer’

Je ne suis pas qui je suis (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Je ne suis pas qui je suis,
ce masque dans la nuit anonyme
cette voix qui monte comme un fleuve
ni ces pas ne sont miens.

Nous sommes seuls dans ce pays
de sel de pierre de vent
dans ce grand incendie de paroles
dans ce miroir tournant.

Qui es-tu qui que tu sois
ce mort en travers de ma route
cette chose de sang et d’ombre
qui bouge et ne bouge pas.

Tu vis à l’écart de toi-même
quel est ce visage absent
cet étranger que tu traînes
et qui rame à contre-courant ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bleu (Hadassa Tal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Bleu
(Extraits)

Un colibri
enflamme
les ombres bleues en secret
ne siffle qu’une fois
et sombre
à la renverse
devant moi

*

Les langues du vent sont douces sur les joues de l’oiseau

*

Dans la verdure d’un cyprès
le soleil verse
ses rayons

Un colibri rame sur une feuille de géranium
minuscule comme
pour se poser
dans la paume
d’un
enfant

(Hadassa Tal)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Sur la plaine de l’océan (Sangi Takamura)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



Sur la plaine de l’océan,
Vers les quatre-vingts îles,
je m’avance en ramant:
Annoncez-le aux hommes,
Bateaux des pêcheurs!

(Sangi Takamura)


Illustration: Hokusaï

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HEUREUX CELUI QUI MEURT D’AIMER (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



    

HEUREUX CELUI QUI MEURT D’AIMER

O mon jardin d’eau fraîche et d’ombre
Ma danse d’être mon coeur sombre
Mon ciel des étoiles sans nombre
Ma barque au loin douce à ramer
Heureux celui qui devient sourd
Au chant s’il n’est de son amour
Aveugle au jour d’après son jour
Ses yeux sur toi seule fermés

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

D’aimer si fort ses lèvres closes
Qu’il n’ait besoin de nulle chose
Hormis le souvenir des roses
A jamais de toi parfumées
Celui qui meurt même à douleur
A qui sans toi le monde est leurre
Et n’en retient que tes couleurs
Il lui suffit qu’il t’ait nommée

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

Mon enfant dit-il ma chère âme
Le temps de te connaître ô femme
L’éternité n’est qu’une pâme
Au feu dont je suis consumé
Il a dit ô femme et qu’il taise
Le nom qui ressemble à la braise
A la bouche rouge à la fraise
A jamais dans ses dents formée

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

Il a dit ô femme et s’achève
Ainsi la vie, ainsi le rêve
Et soit sur la place de grève
Ou dans le lit accoutumé
Jeunes amants vous dont c’est l’âge
Entre la ronde et le voyage
Fou s’épargnant qui se croit sage
Criez à qui vous veut blâmer

Heureux celui qui meurt d’aimer
Heureux celui qui meurt d’aimer

(Louis Aragon)

 

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L’heure du berger (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



La lune est rouge au brumeux horizon;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains;
Vers les buissons errent les lucioles;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

(Verlaine)

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VOLUPTUEUSE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



VOLUPTUEUSE

Comment la peindre ? Absente, tu l’invoques
— Elle est tantôt dessus, tantôt dessous —
Et tu la vois venir avec ses roues
D’or éveilleuses d’orgues.

La mer, la mer : faut-il qu’elle te charme
Par cette nappe au loin, de vif argent —
Ou qu’elle soit la grande aile qui rame
À perte d’horizon ?

Voluptueuse au clair du soir, tu sais
Qu’elle est encor la brusque, la sauvage :
Irradiée au feu de tes pensées,
La mer, braise et langage !

(Jules Tordjman)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Te voilà belle (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Je
t’ai fait
les yeux
comme on fait
les poches
d’un inconnu

Je t’ai fait
les seins
comme on fait
les vendanges

Et
les reins
comme on rame
en canot

Je t’ai fait
la peau
comme on lave
du petit linge
fin

Et le ventre
comme on fait
de l’orage
avec la pluie

Et même
comme on gonfle
un pruneau

Aïe
mon amour
que t’ai-je fait
te voilà belle
comme une orange
en hiver

(Werner Lambersy)


Illustration: Nina Barka

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LES JEUNES FILLES DE YUEN (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



nenuphar [1280x768]

LES JEUNES FILLES DE YUEN

A Ye-ki, les cueilleuses de nénuphars rament en chantant.
Si un étranger les regarde, elles se cachent derrière les tas de nénuphars,
font semblant d’être confuses,
et rient, et rient…

(La Flûte de Jade)

 

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Chanson pour Fougère (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017



Illustration: Tamara Lunginovic
    
Chanson pour Fougère

Que sais-tu des plus simples choses
Les jours sont des soleils grimés
De quoi la nuit rêvent les roses
Tous les feux s’en vont en fumée
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée au bout des chambres
Où la lampe était allumée
Nos pas n’y sonnaient pas ensemble
Ni nos bras sur nous refermés
Que sais-tu du malheur d’aimer

Je t’ai cherchée à la fenêtre
Les parcs en vain sont parfumés
Où peux-tu où peux-tu bien être
A quoi bon vivre au mois de mai
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que sais-tu de la longue attente
Et ne vivre qu’à te nommer
Dieu toujours même et différente
Et de toi moi seul à blâmer
Que sais-tu du malheur d’aimer

Que je m’oublie et je demeure
Comme le rameur sans ramer
Sais-tu ce qu’il est long qu’on meure
A s’écouter se consumer
Connais-tu le malheur d’aimer

(Louis Aragon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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La nuit (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



La nuit

J’habite le silence et la nuit
Près de la fontaine qui se lamente
Je cours sur les trottoirs
Et bois la larme qui coule sur la joue
D’une fille abandonnée
Au milieu des pavés

Sur les eaux métalliques du fleuve
Glissent des reflets parmi les remous
Où rament les branches
Des arbres qui suivent le courant
Avec les bouteilles en plastique

Quelques couleurs s’attardent
Avant la nuit proche
Où rôdent les parfums
Des rives buissonneuses
Où sanglotent les étoiles
Sur un ciel chagrin.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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