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Poésie

Posts Tagged ‘rameur’

Barque dans le courant (Xu Wei)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



Barque dans le courant glissant avec entrain.
Soudain voici la cascade, plongeant dans la cime des pins.
Fraîcheur dont on ne se lasse pas.
J’interpelle le petit rameur: « Tout doux, à présent! »

(Xu Wei)

 

 

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Amour – tu es profond – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


amour

Amour – tu es profond –
Je ne puis te franchir –
Mais, en étant Deux
Au lieu d’un Seul –
Yacht, et Rameur – par un royal Eté –
Qui sait – si nous n’atteindrions pas le Soleil?

Amour – tu es Voilé –
Peu – te contemplent –
Sourient – et changent – et jasent – et meurent –
Le Bonheur – serait Bizarrerie – sans toi –
Surnommé par Dieu –
Eternité –

(Emily Dickinson)

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PROLONGEMENTS (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

PROLONGEMENTS

Sur quel arbre du soir ira, sans nul témoin,
Se blottir et dormir cet oiseau voyageur
Qui s’éloigne et s’efface,
Battant le lourd ciel blanc comme un rameur ?

*

Le caillou chaud de soleil
Que par jeu et par orgueil
J’ai lancé dans l’eau profonde,
Combien de jours et d’années
Attendra-t-il désormais,
Docile esclave des algues,
Qu’un dieu change à nouveau le monde ?

*

Cet enfant de jadis, qu’enfant moi-même,
Un jour je fis pleurer d’effroi,
S’en souvient-il ?
Vit-il encore ?
Ou si l’unique trace de ses larmes
Est dans mon coeur ?

(Charles Vildrac)

Illustration: Georges Braque

 

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LES HOMMES SUR LA TERRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018




    
LES HOMMES SUR LA TERRE

Nous étions quatre autour d’une table
Buvant du vin rouge et chantant
Quand nous en avions envie.

Une giroflée flétrie dans un jardin à l’abandon
Le souvenir d’une robe au détour d’une allée
Une persienne battant la façade.

Le premier dit : « Le monde est vaste et le vin est bon
Vaste est mon coeur et bon mon sang
Pourquoi mes mains et mon coeur sont-ils vides ? »

Un soir d’été le chant des rameurs sur une rivière
Le reflet des grands peupliers
Et la sirène d’un remorqueur demandant l’écluse.

Le second dit : « J’ai rencontré une fontaine
L’eau était fraîche et parfumée
Je ne sais plus où elle est et tous quatre nous mourrons. »

Que les ruisseaux sont beaux dans les villes
par un matin d’avril
Quand ils charrient des arcs-en-ciel.

Le troisième dit : « Nous sommes nés depuis peu
Et déjà nous avons pas mal de souvenirs
Mais je veux les oublier. »

Un escalier plein d’ombre
Une porte mal fermée
Une femme surprise nue.

Le quatrième dit : « Quels souvenirs?
Cet instant est un bivouac
O mes amis nous allons nous séparer. »

La nuit tombe sur un carrefour
La première lumière dans la campagne
L’odeur des herbes qui brûlent.

Nous nous quittâmes tous les quatre
Lequel étais-je et qu’ai-je dit?
C’était un jour du temps passé.

La croupe luisante d’un cheval
Le cri d’un oiseau dans la nuit
Le clapotis des fleuves sous les ponts.

L’un des quatre est mort
Deux autres ne valent guère mieux
Mais je suis bien vivant et je crois que c’est pour longtemps.

Les collines couvertes de thym
La vieille cour moussue
L’ancienne rue qui conduisait aux forêts.

O vie, ô hommes, amitiés renaissantes
Et tout le sang du monde circulant dans des veines
Dans des veines différentes mais des veines d’hommes, d’hommes sur la terre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’oiseau (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2017



Sur quel arbre du soir ira,
sans nul témoin,
Se blottir et dormir
cet oiseau voyageur
Qui s’éloigne et s’efface,
Battant le lourd ciel blanc
comme un rameur?

(Charles Vildrac)

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MESSALINE (Alcide Bonneveau)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Eugène Brunet
    
MESSALINE

Messaline, je t’aime, ô superbe païenne,
Pour ton corps merveilleux, tes puissantes amours,
Et l’impudicité de tes désirs de chienne
Errant, inassouvie, à tous les carrefours !

Oui,je t’aime ! Et je veux, prêtresse des luxures.
Dont rameur infini jamais ne fut vénal.
Religieusement panser les meurtrissures
Dont te cingla jadis le fouet de Juvénal.

Tu fus sincère, au moins, grande voluptueuse !
Rome ne t’a point vue hésiter ni choisir.
Sans souci de l’amant ta chair impétueuse
Se ruait, frémissante, à l’assaut du plaisir.

A tous tu prodiguais les splendeurs de ta forme,
Tes baisers énervants, ton regard velouté,
Et ton beau corps était comme une amphore énorme
D’où sans cesse coulait à flots la volupté.

Aussi, comme ils devaient tressaillir, tous ces mâles,
Blonde Lycisca, lorsque, vivant trésor,
Ta gorge pantelante aux tons roses et pâles
Brusquement surgissait de la résille d’or.

Je vous vois : eux rompus, la face convulsée.
Le front vide roulant dans la lourde épaisseur
De tes cheveux, et toi, non encore lassée.
Criant, criant toujours ton désir obsesseur.

Voilà pourquoi je t’aime, ô Femme entre les femmes !
Et pourquoi je méprise avec férocité
Les filles d’aujourd’hui, ces machines infâmes.
Sans passion, sans nerfs, sans force et sans beauté !

(Alcide Bonneveau)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Il a refait le noir (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017




Il a voulu savoir
L’orage couvait au creux de sa mémoire
Il traversait des Sibéries secrètes
où de hautes Cassandre aux yeux de neige
hantaient le seuil des plaines noires
Il entendait craquer les charpentes du monde
Le sommeil ranimait ce rameur sans visage
accostant furtif aux anses profondes
Et face aux ponts infranchissables
où basculent les ombres

pelotonné dans son buisson d’histoire
les mains sur les paupières

il a refait le noir

(Jacqueline Saint-Jean)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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Le bonheur de n’être pas éternels (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



 

Histoire de la paix après l’orgasme. Le tropique absolu.
Les rameurs contre les caps; la mer d’huile des hémorragies.
Le soleil dans l’eau, les trois sphères de l’existence.
Les mots croisés. Ce qui ne finit pas de naître, ce qui ne finit pas.
Tout ce qui, dedans, ne cesse d’être dehors.
Tout ce qui, mort, ne cesse d’activer.
Le soleil se levant sur un cimetière de voitures.
Pneus, essieux, carburateurs. L’hiver ivre-mort.
Le bonheur de n’être pas éternels.

(Paol Keineg)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

 

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Le chant des rameurs (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Le chant des rameurs

J’ai demandé souvent
Écoutant la Clameur
D’où venait l’âpre Chant
Le doux chant des Rameurs.

Un soir j’ai demandé aux jacassants Corbeaux
Où allait l’âpre Chant, le doux Chant des Bozos;
Ils m’ont dit que le Vent messager infidèle
Le déposait tout près dans les rides de l’Eau,
Mais que l’Eau désirant demeurer toujours belle
Efface à chaque instant les replis de sa peau.

J’ai demandé souvent
Écoutant la Clameur
D’où venait l’âpre Chant
Le doux chant des Rameurs.

Un soir j’ai demandé aux verts Palétuviers
Où allait l’âpre Chant des Rudes Piroguiers;
Ils m’ont dit que le Vent messager infidèle
Le déposait très loin au sommet des Palmiers;
Mais que tous les Palmiers ont les cheveux rebelles
Et doivent tout le temps peigner leurs beaux cimiers.

J’ai demandé souvent
Écoutant la Clameur
D’où venait l’âpre Chant
Le doux chant des Rameurs.

Un soir j’ai demandé aux complaisants Roseaux
Où allait l’âpre Chant, le doux Chant des Bozos.
Ils m’ont dit que le Vent messager infidèle
Le confiait là-haut à un petit Oiseau;
Mais que l’Oiseau fuyant dans un furtif coup d’ailes
L’oubliait quelquefois dans le ciel indigo.

Et depuis je comprends
Écoutant la Clameur
D’où venait l’âpre Chant
Le doux chant des Rameurs.

(Birago Diop)


Illustration

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LE TEMPS S’EST FAIT MUET (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016




LE TEMPS S’EST FAIT MUET

Le Temps s’est fait muet en des roseaux sans geste…

Éludant toute rive errait un cane…
Exténué, inerte, le rameur… Les nuées
Déjà déchues en abîmes de fumées…

Futur en vain penché à l’orée des souvenirs,
Tomber peut-être fut bonté…

Il ignorait
Que la même illusion sont l’esprit et le monde,
Que dans le mystère de ses propres ondes
Toute terrestre voix succombe et sombre.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

 

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