Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ramoneur’

LE RAMONEUR (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




LE RAMONEUR

Une petite chose noire sur la neige
Crie d’une voix plaintive: « amoneur ! amoneur ! »
– Oû est ton père ? Oû est ta mère ? demandé-je.
– A l’église tous deux, pour prier le Seigneur.

Parce qu’ils me voyaient heureux sur cette lande,
Parce que dans la neige et l’hiver je souris,
Ils m’ont fait mettre en deuil, et puis ils m’ont appris
A chanter d’une voix geignarde et qui quémande.

Puisque joyeux je chante et danse dans le froid,
Ils pensent qu’ils n’ont fait nul tort à leur petit
Et s’en vont louer Dieu, et le prêtre et son roi
Qui ont construit, sur la misère, un paradis.

(William Blake)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LONDRES (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




LONDRES

Je traîne à travers les rues à putains
Prés de la Tamise, cette drôlesse.
Sur chaque visage, je vois le coin
De la douleur ou bien de la faiblesse.

Dans chaque cri de l’homme ou de l’enfant,
Dans chaque plainte, dans toutes les voix
Qui gémissent ou maudissent, j’entends
Tinter les chaînes que l’esprit forgea.

Et le cri du ramoneur guenilleux
Qui fait trembler les obscures églises,
Et le soupir du soldat malheureux,
Aux murs du Palais, c’est du sang qui glisse.

Surtout, dans les rues de minuit, j’entends
Comment la jeune putain qui blasphème
Etouffe les pleurs de l’enfant naissant
Et souille le corbillard de l’hymen.

(William Blake)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vendange (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Vendange

La fleur déclose
me prive de tout comme elle s’abandonne
en fruit. Mon sang charrie des glaçons, fleur
de la récolte quand le cortège de ce soir m’ouvrira les veines.
Meuniers, ramoneurs et ceux que le sel a déteints,
mes démons se laissent apparaître, vêtus de soufre et
plus près des papillons pour cette race légère que saura
fixer une pointe dans l’aile. A des fleurs les papillons
font l’amour, eux vont aux baisers des fruits.
Délaissant ces bouches entr’ouvertes qui pendent aux
branches, d’un galop les vendangeurs passeront fouler
mon corps
une grappe de leur vigne.

(Olivier Larronde)

Illustration: Giuseppe Arcimboldo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

ROMANCE (André Besson)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



ROMANCE

Au poète il faut peu de chose
Pour rêver, quand le ciel est pur :
Un papillon qui se repose,
Une fleur, un bouton de rose,
Un nuage blanc dans l’azur ;
Pour rêver il faut peu de chose.

Au poète il faut peu de chose
Pour ouvrir son coeur à l’amour :
Un front pur, une lèvre rose,
Un regard qui sur lui se pose,
Un mot caressant, chaque jour ;
Pour aimer il faut peu de chose.

Au poète il faut peu de chose
Pour avoir des larmes au coeur :
Une fleur morte à peine éclose,
Un jour pluvieux et morose,
Le chant d’un petit ramoneur ;
Pour pleurer il faut peu de chose.

Au poète il faut peu de chose
Pour s’endormir dans le tombeau :
Un amour que le coeur dépose,
Une douleur parfois sans cause
Ou la fin d’un rêve trop beau ;
Pour mourir il faut peu de chose.

(André Besson)

Illustration: Raymond Peynet

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les adieux du coq (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




Les adieux du coq

Que le coq agite sa crête
(Où l’entendent les girouettes ;
Adieu, maisons aux tuiles rouges,
Il y a des hommes qui bougent.

Ame ni mon corps n’étaient nés
Pour devenir cette momie
Bûche devant la cheminée
Dont la flamme est ma seule amie.

Vénus aurait mieux fait de naître
Sur le monotone bûcher
Devant lequel je suis couché,
La guettant comme á la fenêtre.

Nous ne sommes pas en décembre ;
Je ne serais guère étonné
Pourtant, si dans la cheminée,
Un beau matin je vois descendre

Vénus en pleurs du ciel chassée,
Vénus dans ses petits sabots.
(De Noël les moindres cadeaux
Sont luxueusement chaussés.)

Mais, Echo ! je sais que tu mens.
Par le chemin du ramoneur,
Comme en un miroir déformant,
Divers fantômes du bonheur,

A pas de loup vers moi venus,
Surprirent corps et âme nus,
– Bonheur, je ne t’ai reconnu
Qu’au bruit que tu fis en partant.

Reste étendue, il n’est plus temps,
Car il vole, âme, et toi tu cours,
Et déjà mon oreille avide,
Suspendue au-dessous du vide,

Ne perçoit que la basse-cour.
Coq, dans la gorge le couteau
Du criminel, chantez encor :
Je veux croire qu’il est trop tôt.

(Raymond Radiguet)

Illustration: Pablo Picasso

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Souvenirs d’enfance (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015



 

noix

Souvenirs d’enfance

Pendant la nuit, une rose
Avance tous feux éteints.
S’il arrivait quelque chose,
Elle attendra le matin.

Les noix, ta mère les dore,
Pour ton arbre de Noël.
Souliers au bord de l’aurore…
Ils apprivoisent le ciel.

Jadis, l’enfance chérie,
Voyageait, allumant des
Liverpool de féerie,
Splendides à regarder.

Une moustiquaire en tulle
Comme la neige on y meurt,
Surtout, si l’étoile brûle
Les ailes du ramoneur.

(Jean Cocteau)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :