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Poésie

Posts Tagged ‘rare’

Dette d’amour (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Reconnaître cette dette d’amour
dont nous restons à jamais les débiteurs insolvables,
puisque du néant il nous est advenu de naître, d’être là,
doués, infectés, affectés de parole,
comme l’immensité des ténèbres l’est
d’une lumière rare et mystérieuse.

(Werner Lambersy)


Illustration: Odilon Redon

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Une quiétude rare (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2020


quiétude

Une quiétude rare
Quand le corps est las
En ce dimanche chaud

(Ying Chen)

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MIRAGES (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
MIRAGES

Je ne connais les choses que partiellement —
La couleur de la rose et la calme fumée
Du Vésuve et le blanc visage de l’aimée
Mais non que la douleur la ronge lentement.

Moi-même je ne suis qu’un feu sur une cime.
Mais qui sait tes tréfonds, qui donc soupçonnerait
Que tu tiens enfermé le rare minerai,
Pic qui te dresses droit sur le bord de l’abîme ?

Je suis un voyageur et d’autres avant moi
Ont suivi le chemin vers ces buts qu’on rêva,
Mais qui sont différents lorsque la main les touche.

Et, la tête déjà chenue, je vais encor
Au milieu du désert croyant que je débouche
Sur la forêt, croyant la voir. Aurais-je tort ?

(Mihai Beniuc)

 

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LES BEAUTES QUE LA VIE PRESENTE… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020




    
LES BEAUTES QUE LA VIE PRESENTE…

Les beautés que la vie présente, éparses,
Il ne faudrait pas les enfouir toutes.
O ta chair criant, ta chair qui frémit,
O les instants trop rares de la joie,
La mer sans île au large et sans falaises
Où viennent se briser les espérances
En vagues s’écroulant l’une sur l’autre.
O ma nuit de ténèbres habitée
Par trop peu d’étoiles pour dissiper
La bruine régnant sur le monde. Et puis
L’inutile faucille de la lune;
Telles des paons, égarées, les comètes;
Dans les cerveaux, ces mulots, les pensers;
Les rêves toujours guettés par les mites,
Et vous, les tristesses, les joies et vous,
Colères, douleurs, et vous les soucis,
Vous, les yeux, les seins, les mains en attente,
Vous, corps enlacés, vous corps délirants,
Toi, rythme du travail, marteau, faucille,
Toi, main fouillant la poche sans argent,
Les routes menant ou non quelque part,
Et le soupir que l’on ne peut dompter
Et tant d’autres choses, dites ou tues,
Même avant d’apparaître disparues,
Et toi, toi qui ne peux t’offrir le temps
Que met l’insecte à gravir un brin d’herbe.
Pourtant, si dans tes chants tu ne mets pas
Un peu de tout cela, plus pauvre encore
Sera ce monde en beautés mal pourvu…
Et non, cela je ne l’ai pas voulu…

(Mihai Beniuc)

 

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SI JE VEUX UNE RECOMPENSE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Mihai Beniuc
    
SI JE VEUX UNE RECOMPENSE

Je ne me grise pas de l’idée d’être grand,
Et je croirais plutôt être une apparition
Comme on en voit monter au carrefour des âges
En ce monde, jamais appelées par personne.
Et si ces visions même n’ont pas de voix,
Elles sèment l’inquiétude en toute vie.

Je ne veux guère, au vrai, paraître davantage,
Quand bien même pour le silex je sois briquet
Et, pour les eaux, une suite de cataractes.
Mais je n’ai pas signé de pacte avec le diable
Pour avoir en échange une once de bonheur.
Je vais, au long du temps, calmement, à ma perte.

Si je veux une récompense, qu’elle soit
De laisser après moi le monde plus humain.
Qu’il y ait plus de pain, de livres, de lilas
Et de chaleur dans la maison du démuni,
Et, s’il se peut, je veux, non certes des miracles,
Mais de plus en plus rare la pluie des mensonges

(Mihai Beniuc)

 

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LES HÉRAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2020




    
LES HÉRAUTS NOIRS

Il y a des revers dans la vie, si violents…Je ne comprends pas !
Des revers tels la haine de Dieu ; comme si jadis le ressac avait
entassé dans l’âme toute la douleur…Je ne comprends pas !

Il y en a peu, mais ils existent. Ils ouvrent de sombres cicatrices dans le
visage le plus endurci et le dos le plus solide. Ils sont peut-être les
poulains des barbares d’Attila ; ou les hérauts noirs
que la mort nous a envoyés.

C’est la chute profonde des rédempteurs de l’âme, une adorable croyance
que le Destin a maudite. Ces revers sanglants ressemblent au
grésillement d’un morceau de pain calciné à la porte du four.

Et l’homme…pauvre…pauvre humain ! Ses yeux se révulsent,
comme s’il recevait un coup sur l’épaule et il crie ; ses yeux fous
se révulsent et tout ce qu’il a vécu se presse
dans son regard tel un bourbier de remords.

Il y a des revers dans la vie, si violents…Je ne comprends pas !

Traduction en Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

LOS HERALDOS NEGROS

Hay golpes en la vida, tan fuertes… ¡Yo no sé! Golpes como del odio
de Dios; como si ante ellos, la resaca de todo lo sufrido se
empozara en el alma… ¡Yo no sé!

Son pocos; pero son… Abren zanjas oscuras en el rostro más fiero y
en el lomo más fuerte. Serán tal vez los potros de bárbaros atilas; o
los heraldos negros que nos manda la Muerte.

Son las caídas hondas de los Cristos del alma, de alguna fe
adorable que el Destino blasfema. Esos golpes sangrientos son las
crepitaciones de algún pan que en la puerta del horno se nos quema.

¡Y el hombre … Pobre … pobre! Vuelve los ojos, como cuando por
sobre el hombro nos llama una palmada; vuelve los ojos locos, y
todo lo vivido se empoza, como un charco de culpa, en la mirada.

Hay golpes en la vida, tan fuertes … ¡Yo no sé!

Espagnol (original) César Vallejo

***

THE BLACK HERALDS
A protest for the killing of George Floyd

There are blows in life, so hard . . . I don’t know! Blows like the hate
of God; as if before them, the undertow of everything suffered is
embedded in the soul . . .I don’t know!

They are few; but they exist . . . They open dark furrows in the fiercest
face and on the strongest back. Perhaps they are the foals of barbaric
Attilas; or the black heralds sent to us by Death.

They are the deep falls of the Christs of the soul, of some adorable faith,
blasphemed by Destiny. Those bloody blows are the crackling of
some bread that burns at the oven door.

And the man . . . the poor, the poor man! He turns his eyes, as when a
slap on the shoulder summons us; he turns his crazed eyes, and
all that he has lived wells up, like a pool of guilt in his gaze.

There are blows in life, so hard . . . I don’t know!

Traduction en Anglais Stanley Barkan

***

GLI ARALDI NERI

Una protesta per l’uccisione di George Floyd

Ci sono colpi nella vita, così forti… non so! Colpi come l’odio di Dio;
come se davanti ad essi, il riflusso di tutto ciò che soffriva fosse
incastonato nell’anima… non so!

Sono pochi; ma sono loro…aprono solchi scuri nella faccia più feroce e
sulla schiena più forte. Forse saranno i puledri dei barbari Attila; o gli
araldi neri mandati a noi dalla Morte.

Essi sono le profonde cadute dei Cristi dell’anima, di una qualche
adorabile fede, resa blasfema dal Destino. Quei colpi sanguinanti sono il
crepitare di un po’ di pane che brucia alla porta del forno.

E l’uomo… povero, pover’uomo! Gira gli occhi, come quando siamo
chiamati da una pacca sulla spalla; gira i suoi occhi folli, e tutto ciò che
ha vissuto sgorga fuori, come una pozza di colpa nello sguardo.

Ci sono colpi nella vita, così forti… non so!

Traduction en Italien Luca Benassi

***

DIE SCHWARZEN HEROLDE

Es gibt Schläge im Leben, so gewaltig… Ich weiß nicht warum! Schläge
wie vom Hass Gottes; als ob vorher die Brandung alles, was erlitten
wurde, in der Seele versenkt hätte… Ich weiß nicht!

Es sind wenige; aber sie bleiben… Sie öffnen dunkle Furchen im
hartherzigsten Gesicht und im stärksten Rücken. Vielleicht sind es die
Fohlen der Barbaren Attilas; oder die schwarzen Herolde, die uns der
Tod geschickt hat.

Es sind die tiefen Stürze der Heilande der Seele, eines
anbetungswürdigen Glaubens, den das Schicksal verflucht. Diese
blutigen Schläge sind wie das Knistern eines Stücks Brot, das an der
Ofentür verbrennt.

Und der Mensch… der Arme… der arme Mensch! Er wendet den Blick,
wie bei einem Klaps auf die Schulter, und ruft; er verdreht seine
verrückten Augen, und alles, was er erlebt hat, wird wie eine Lache von
Schuldgefühlen in seinen Blick getaucht.

Es gibt Schläge im Leben, so gewaltig… Ich weiß nicht warum!

Traduction en Allemand Wolfgang Klinck

***

DE ZWARTE HERAUTEN
Een protest voor de moord op George Floyd

Er zijn tegenslagen in het leven, zo geweldig… Ik begrijp het niet!
Tegenslagen zoals de haat van God; alsof voorheen de branding al het
leed in de ziel heeft opgestapeld… Ik begrijp het niet!

Het zijn er weinig; maar ze bestaan… Ze openen donkere littekens in het
hardvochtigste gezicht en in de sterkste rug. Misschien zijn het de
veulens van Attila’s barbaren; of de zwarte herauten,
die de dood ons heeft gestuurd.

Het is de diepe val der heilanden van de ziel, een adorabel geloof dat
door het Lot wordt vervloekt. Die bloedige tegenslagen zijn zoals het
geknetter van een stuk brood dat aan de ovendeur verbrandt.

En de mens… de arme… de arme mens! Hij verdraait zijn ogen,
alsof hij een klap op zijn schouder kreeg en roept; hij verdraait
zijn gekke ogen, en alles wat hij beleefd heeft dringt
als een poel van schuldgevoelens door zijn blik.

Er zijn tegenslagen in het leven zo geweldig… Ik begrijp het niet!

Traduction en Néerlandais Germain Droogenbroodt

***

OS MENSAGEIROS NEGROS

Existem golpes na vida, tão fortes… Eu não sei! Golpes como do ódio
de Deus; como se antes deles, a ressaca de todo o sofrido se
tornasse um poço na alma…Eu não sei!

São poucos, mas existem…Abrem covas escuras no rosto mais duro
e nas costas mais fortes. Serão, talvez, os potros de bárbaros Átilas;
ou os mensageiros negros que nos envia a Morte.

São as quedas fundas dos Cristos da alma, de alguma fé adorável
que o Destino blasfema. Esses golpes sangrentos são as crepitações
de algum pão que na porta do forno vai queimando.

E o homem…Pobre…pobre! Volta os olhos, como quando
sobre os ombros nos alerta uma palmada; volta os olhos loucos,
e todo o vivido se empoça, como um charco de culpa, no olhar.

Existem golpes na vida, tão fortes…Eu não sei!

Traduction en Portugais José Eduardo Degrazia

***

ΜΑΥΡΟΙ ΚΗΡΥΚΕΣ

Υπάρχουν χτυπήματα στη ζωή, τόσο δυνατά…Δεν ξέρω, χτυπήματα σαν
θεϊκό μίσος που πριν απ’ αυτά το υπόστρωμα όλων των κακουχιών ήταν
εμφυτευμένο στην ψυχή…δεν ξέρω!

Πολύ λίγα χτυπήματα, αλλά υπάρχουν. Ανοίγουν σκοτεινά αυλάκια στην
πιο σκληρή πλάτη. Ίσως να `ναι πουλάρια του βάρβαρου Αττίλα ή οι
μαύροι κήρυκες που έστειλε ο Θάνατος.

Είναι η βαθειά πτώση της ψυχής του Χριστού, ή κάποιας άλλης πίστης
που η Μοίρα βλαστήμισε. Αυτά τα αιματηρά χτυπήματα ηχούν σαν το
ψωμί που ψήνεται στο φούρνο.

Κι ο άνθρωπος, ο φτωχός άνθρωπος στρέφει τα μάτια σαν όταν το
χτύπημα στον ώμο μας μας ξυπνά. Στρέφει τα μάτια κι ότι μέχρι τότε έχει
ζήσει φουσκώνει σαν μια κηλίδα ενοχής στο τρελό του βλέμμα.

Υπάρχουν χτυπήματα στη ζωή τόσο δυνατά…δεν ξέρω!

Traduction en Grec Manolis Aligizakis

***

CZARNI HEROLDOWIE

Są w życiu ciosy, tak silne … nie do pojęcia ! Ciosy jak nienawiść Boga;
jakby przed nimi powrotna fala wszelkiego cierpienia rozlała się w
duszy… nie do pojęcia!

Niewiele ich jest; lecz istnieją …otwierają ciemne bruzdy na najsroższej
twarzy i najmocniejszym grzbiecie. Może są źrebcami barbarzyńskich
attylów, lub czarnych heroldów, których przysyła nam Śmierć.

Są głębokimi upadkami Chrystusów duszy, jakiejś cudownej wiary, której
bluźni Przeznaczenie. Te krwawe ciosy są skwierczącym kawałkiem
chleba, który płonie nam już w drzwiczkach pieca.

A ten człowiek… biedny, biedny człowiek! Zwraca swe oczy, jak wtedy
gdy ktoś przyzywa nas klepnięciem w ramię; toczy szalonym wzrokiem,
a wszystko co przeżył, jak kałuża winy wzbiera w tym spojrzeniu.

Są w życiu ciosy, tak silne … nie do pojęcia!

Traduction en Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

这些黑使者

生活中总有打击, 很艰难…… 我不懂! 像上帝的仇恨一样的
打击; 仿佛在它们面前, 所有苦难的潜质都被埋入了
灵魂…… 我不懂!

它们很少; 但它们存在……它们在最凶狠的脸上和最强壮的背上
开出黑暗的犁沟。也许它们是野蛮阿提拉的马驹, 或是死神
派给我们的黑使者。

它们是灵魂的基督的深度坠落, 是某种可爱信仰的深坠,
被命运亵渎。那些血腥的打击是某个面包的噼啪声,
这面包在烤炉口燃烧。

那男人…… 那可怜的, 那可怜的人! 他转过头来, 好像
肩膀上一巴掌召唤我们; 他转过发狂的眼睛, 而
他经历的一切都在井喷, 就像他凝视的一池悔恨。

生活中总有打击, 很艰难…… 我不懂!

Traduction en Chinois William Zhou

***

SVARTIR ÁRAR

Sum áföll ævinnar eru svo grimmileg… Ég veit ekki! Áföll á við hatur
Guðs; eins og andstreymi allra þjáninga hafi
greipst í sálina… Ég veit ekki
!
Þau eru fá; en þau eru til… Þau rista dimmar hrukkur í grimmasta andlit
og á sterkasta bak. Kannski eru þau folöld hins blóðþyrsta Atla;
eða svartir árar dauðans.

Þau eru hátt fall lausnara sálarinnar, einhvers dásamlegs átrúnaðar,
sem Örlögin formæla. Þessi bölvuðu áföll eru snarkið í
einhvers konar brauði að brenna í ofndyrunum.

Og maðurinn… veslings, veslings maðurinn! Hann lítur við, eins og
einhver slái á öxlina á okkur; hann lítur trylltum augum, og allt sem
hann hefur lifað streymir fram eins og syndasafn fyrir augunum á honum.

Sum áföll ævinnar eru svo grimmileg… Ég veit ekki!

Traduction en Islandais Thor Stefánsson

***

HERALZII NEGRI

Suntem supuși în viață la biruinți atât de dureroase… Nu știu eu!
Cu ură prăvălite, cad peste noi lovituri de la însuși Dumnezeu,
iar tulburarea se adună în lacul fără fund al sufletului … Nu știu eu!

Puține sunt, dar sunt… Întunecate brazde sapă-n obrazul cel mai diafan,
în umărul cel mai puternic. În chip de bidivii sălbatici, de cruzi năvălitori,
de heralzi negri, ne taie calea, prezicând sfârșitul.

Prăbușit în abis, Hristosul sufletului cată zadarnic după a sa blândă
menire, curmată de-un destin necruțător. Pocnind aidoma cojilor crăpate,
de pâine arsă, uitată în cuptor, plesnesc pedepse sângeroase deasupra tuturor.

Iar omul… biet… sărman! Privirea și-o întoarce și speriat tresare, simțind
o nevăzută palmă pe umăr; tot ce-a trăit până acum se-adună în
căutătura lui smintită, alimentând un heleșteu plin-ochi de vini neispășite.

Suntem supuși în viață la biruinți atât de dureroase… Nu știu eu!

Traduction en Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Traduction en Indi Jyotirmaya Thakur

***

Traduction en Arabe Sarah Silt

***

Traduction en Persan Sepideh Zamani

***

Traduction en Russe Rahim Karim

(César Vallejo)

 

Recueil: ITHACA 634
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Hautbois (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

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Hautbois

Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures
mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.

Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire naît.

***

Oboe
Ci son ore rare
che ogni apparenza dintorno vacilla s’umilia scompare
come le stinte
quinte
d’un boccascena, ad atto finito, tra il parapiglia

I sensi sono intorpidi,
Il minuto si piace di sè ;
E nasce nei nostri occhi un po’ stupiti
Un sorriso senza perché.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Vie recluse (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Vie recluse

Une humble cour entourée de bambous dépouillés
Les orchidées aux tiges cassées après le vent-pluie
Au profond des feuillages chantent les oiseaux
Sur les mousses vertes nulle trace humaine

Au pavillon Hirondelles durable est le jour
Les arbres sont lourds de fruits en été
Sur ma table s’accumulent des livres rares
Je m’y plonge à l’heure claire près d’une croisée

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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UN COQ PLACE DE L’OPÉRA (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Marie-France Busset
    
UN COQ PLACE DE L’OPÉRA

Le chant d’un coq de ferme à midi place de l’Opéra
en attendant l’autobus 27 Si on y réfléchit
il est peu probable qu’il y ait un coq en train
de faire le faraud entre le Drug Store Opéra
et le Café de Paris Un coq à crête pourpre
dans une cour agricole brûlée du soleil d’août
coq qui gratte de ses griffes la paille de la grange
pour y trouver une provende tardive
puis entre deux goulées de grains
saute sur une poule et la transperce à la diable
l’amour foudre le plaisir éclair
Coq si content de toi que viens-tu faire
en chantant si fort à midi en décembre
à l’arrêt de l’autobus 27 place de l’Opéra ?
Tu n’as rien à faire dans cette journée
Tu as soixante ans de retard (ou d’avance ?)
J’ai huit ans Maman veut que je dorme après le déjeuner
Elle m’a mis sur le lit a tiré les persiennes
Mais une fois la porte fermée je me lève
et pieds nus je vais à la fenêtre regarder la cour
où se pavane en habit de clarté
un coq couleur de feu qui malgré l’heure d’après-midi
se met à chanter comme si c’était l’aube
et chante dans ma tête après tant d’années
à midi en décembre place de l’Opéra
où les coqs se font de plus en plus rare

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’écart de deux étoiles (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



 

Quelques rares abeilles
mesurent l’étendue

leur feu minuscule
approfondit l’azur

immobilise le mouvement
des heures

fixe entre chaque fleur
l’écart de deux étoiles

(Jean Mambrino)

 

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