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Poésie

Posts Tagged ‘rat’

Tout ce qui était sera (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
Tout ce qui était sera
Même ce coq et ce rat

Qui criaient au petit jour
Dans le piège et dans la cour,

Quoi ? Même l’amour premier
La fillette au tablier

Noire et blanche dans les blés
Un des soirs d’un vieil été ?

Passé toujours dans l’avenir
Présent qui tourne au souvenir,

Enfant, jeune homme sur la plage
Où le vieil homme écrit sa page.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand le bois de nos meubles travaille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019




Quand le bois de nos meubles travaille
dans un appartement sans rats
sans champignons
aux joints du parquet neuf
. . . . . . . . . . . . . . . . .
on se sent seul alors
ô soldats roux.

(Jean Follain)

 

 

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Proverbes de l’Enfer (3) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
Proverbes de l’Enfer (3)

Les Prisons sont bâties avec les pierres de la Loi,
les Bordels, avec les briques de la Religion.

L’orgueil du paon est la gloire de Dieu.

La lubricité du bouc est la munificence de Dieu.

La colère du lion est la sagesse de Dieu.

La nudité de la femme est le travail de Dieu.

L’excès de douleur rit, l’excès de joie pleure.

Le rugissement des lions, le hurlement des loups,
les fureurs de la mer démontée sont des morceaux d’éternité
trop grands pour l’oeil de l’homme.

Le renard accuse la trappe et non lui-même.

Les joies fécondent. Les douleurs enfantent.

Que l’homme revête la peau du lion, la femme,
la toison de la brebis.

Le nid à l’oiseau, la toile à l’araignée, à l’homme l’amitié.

Le sot égoïste et souriant et le sot sombre et soucieux
seront l’un et l’autre tenus pour sages,
afin qu’ils puissent servir à notre punition.

Ce qui est maintenant prouvé, ne fut autrefois qu’imaginé.

Le rat, la souris, le renard, le lapin regardent les racines ;
le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent les fruits.

La citerne contient ; la fontaine déborde.

Une seule pensée emplit l’immensité.

Sois toujours prêt à dire ta pensée, l’homme servile t’évitera.

Tout ce qu’il est possible de croire est l’image de la vérité.

L’aigle jamais ne perdit plus de temps
qu’à suivre les leçons de la corneille.

***

Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God.
Excess of sorrow laughs. Excess of joy weeps.
The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea, and the destructive sword, are portions of eternity too great for the eye of man.
The fox condemns the trap, not himself.
Joys impregnate. Sorrows bring forth.
Let man wear the fell of the lion. woman the fleece of the sheep.
The bird a nest, the spider a web, man friendship.
The selfish smiling fool, & the sullen frowning fool shall be both thought wise, that they may be a rod.
What is now proved was once only imagin’d.
The rat, the mouse, the fox, the rabbet; watch the roots; the lion, the tyger, the horse, the elephant, watch the fruits.
The cistern contains: the fountain overflows.
One thought fills immensity.
Always be ready to speak your mind, and a base man will avoid you.
Every thing possible to be believ’d is an image of truth.
The eagle never lost so much time, as when he submitted to learn of the crow.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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ROMAN DU SAULE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

vieux saule

ROMAN DU SAULE

D’abord, ce dut être une plante,
petite et souple juste assez
pour s’écouter chanter le vent.

Une plante qui se taisait
pour apprendre son métier d’arbre
dans la mémoire des racines.

Un beau jour, toutes les idées,
tous les raisonnements d’écorce
qui la gonflaient ont giclé drus.

Comme une grande véhémence
d’un coup se vide par la bouche
et laisse l’homme titubant,

cette verdure échevelée
a démoli l’énergumène
qui n’en pouvait plus de pousser.

Maintenant l’arbre ne vit plus
que de couleuvres et de rats
dans le creux de sa réussite,

et répète inlassablement
un mot énorme et sédentaire
qui fait se presser les nuages.

(Axel Toursky)

Illustration

 

 

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Le suave (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Le suave

J’ai faim, dit-il. — O, Suave,
Pourquoi ne manges-tu pas ?
— J’ai faim, dit-il, et suis las
De croquer ce pain d’esclave.

— Le froment que tu mangeas
Plut à l’ange, plut au rat !
— Les rats, les anges ne savent
La fureur de mon repas.

Tous ces mâchefers, ces laves
Laissent ma gueule en tracas.
Et je meurs, moi le suave,
D’un pain qui n’existe pas.

(Norge)

Illustration: Old Trout Puppet Workshop

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AS-TU BIEN REFLECHI ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



As-tu bien réfléchi ?
Tu quittes ce toit étalé,
La fumée, les fenêtres,
Les rues, les autos,
Les gueules, les faces,
Les garces, les vieilles,
Les hommes, les droits,
Les devoirs, les pensées,
Les chances, l’avenir,
Les livres, le cinéma,
La nourriture, le riz,
La viande, la loi,
Les vaches, les cibles,
Les coups, les lois,
Les pavés, les nez,
Les rats, les trots,
La lumière, la nuit,
La vie, la mort.

(Pierre Morhange)

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Prière (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Prière

Sainte Marie, protégez-moi,
Ma sœur, ma mère et mon papa;
N’oubliez pas mon petit chat,
Et qu’il attrape un petit rat
Que vous ne protégerez pas.

(Maurice Carême)

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LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE

Une Souris tomba du bec d’un Chat-Huant :
Je ne l’eusse pas ramassée ;
Mais un Bramin le fit ; je le crois aisément :
Chaque pays a sa pensée.
La Souris était fort froissée :
De cette sorte de prochain
Nous nous soucions peu : mais le peuple bramin
Le traite en frère ; ils ont en tête
Que notre âme au sortir d’un Roi,
Entre dans un ciron, ou dans telle autre bête
Qu’il plaît au Sort. C’est là l’un des points de leur loi.
Pythagore chez eux a puisé ce mystère.
Sur un tel fondement le Bramin crut bien faire
De prier un Sorcier qu’il logeât la Souris
Dans un corps qu’elle eût eu pour hôte au temps jadis.
Le sorcier en fit une fille
De l’âge de quinze ans, et telle, et si gentille,
Que le fils de Priam pour elle aurait tenté
Plus encor qu’il ne fit pour la grecque beauté.
Le Bramin fut surpris de chose si nouvelle.
Il dit à cet objet si doux :
« Vous n’avez qu’à choisir ; car chacun est jaloux
De l’honneur d’être votre époux.
– En ce cas je donne, dit-elle,
Ma voix au plus puissant de tous.
– Soleil, s’écria lors le Bramin à genoux,
C’est toi qui seras notre gendre.
– Non, dit-il, ce nuage épais
Est plus puissant que moi, puisqu’il cache mes traits ;
Je vous conseille de le prendre.
– Et bien, dit le Bramin au nuage volant,
Es-tu né pour ma fille ? – Hélas non ; car le vent
Me chasse à son plaisir de contrée en contrée ;
Je n’entreprendrai point sur les droits de Borée. »
Le Bramin fâché s’écria :
« Ô vent donc, puisque vent y a,
Viens dans les bras de notre belle! »
Il accourait : un mont en chemin l’arrêta.
L’éteuf passant à celui-là,
Il le renvoie, et dit : « J’aurais une querelle
Avec le Rat ; et l’offenser
Ce serait être fou, lui qui peut me percer. »
Au mot de Rat, la Damoiselle
Ouvrit l’oreille ; il fut l’époux.
Un Rat ! un Rat ; c’est de ces coups
Qu’Amour fait, témoin telle et telle :
Mais ceci soit dit entre nous.

On tient toujours du lieu dont on vient. Cette Fable
Prouve assez bien ce point : mais à la voir de près,
Quelque peu de sophisme entre parmi ses traits :
Car quel époux n’est point au Soleil préférable
En s’y prenant ainsi ? Dirai-je qu’un géant
Est moins fort qu’une puce ? elle le mord pourtant.
Le Rat devait aussi renvoyer, pour bien faire,
La belle au chat, le chat au chien,
Le chien au loup. Par le moyen
De cet argument circulaire,
Pilpay jusqu’au Soleil eût enfin remonté ;
Le Soleil eût joui de la jeune beauté.
Revenons, s’il se peut, à la métempsycose :
Le sorcier du Bramin fit sans doute une chose
Qui, loin de la prouver, fait voir sa fausseté.
Je prends droit là-dessus contre le Bramin même :
Car il faut, selon son système,
Que l’homme, la souris, le ver, enfin chacun
Aille puiser son âme en un trésor commun :
Toutes sont donc de même trempe ;
Mais agissant diversement
Selon l’organe seulement
L’une s’élève, et l’autre rampe.
D’où vient donc que ce corps si bien organisé
Ne put obliger son hôtesse
De s’unir au Soleil, un Rat eut sa tendresse ?
Tout débattu, tout bien pesé,
Les âmes des souris et les âmes des belles
Sont très différentes entre elles.
Il en faut revenir toujours à son destin,
C’est-à-dire, à la loi par le Ciel établie.
Parlez au diable, employez la magie,
Vous ne détournerez nul être de sa fin.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Les paroles du poème (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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LES PAROLES DU POÈME (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

LES PAROLES DU POÈME

Si mince l’anfractuosité d’où sortait la voix,
si exténuant l’édifice entrevu,
si brûlants sont les monstres, terrible l’harmonie,
si lointain le parcours, si aiguë la blessure
et si gardée la nuit.
Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës,
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 

 

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