Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rat’

Souris grise et souriceau (Jean-Pierre Vallotton)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Souris grise et souriceau

Une souris grise
repasse ses chemises

Un jeune souriceau
recoud son chapeau

Un rat d’opéra
reprise ses bas

Une souricette
lave ses chaussettes

Un petit rat d’hôtel
fixe ses bretelles

Une souris des champs
astique ses gants

Un joli raton
met son pantalon

Une souris blanche
retrousse ses manches

Un beau rat musqué
lace ses souliers

Une jeune rate
renoue sa cravate

Mais un vieux rat d’égout
ne fait rien du tout

(Jean-Pierre Vallotton)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Hiver (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Hiver ; bruit d’un rat
Qui grignote dans le mur
D’une chambre louée.

***

The sound of a rat
Gnawing in the winter wall
Of a rented room.

(Richard Wright)

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

La dernière pomme qui la cueillera ? (Marcel Saint-Martin)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



La dernière pomme
qui la cueillera ?
la dernière pomme
qui la mangera ?
à l’heure noire des dernières mouches
quand la terre se couvrira d’ombre
sous la cendre des dernières colères
la dernière pomme
qui la mangera ?….
qui de nous sera
le dernier Adam
et la dernière Ève
la dernière dent
la dernière fève…
qui de nous sera
le dernier serpent
ou le dernier rat…
la dernière pomme
qui la mangera ?
la dernière pomme…
qui la cueillera ?
d’une main tremblante et froide
quand la mer reprendra sa place
ne laissant de terre aucune trace
la dernière pomme
qui la croquera ?
– non, ce n’est pas vous…
– non, ce n’est pas moi…

(Marcel Saint-Martin)

Illustration: Pierre Marcel

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Y AVAIT UNE LAMPE DE CUIVRE (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017




Y AVAIT UNE LAMPE DE CUIVRE

Y avait une lampe de cuivre
Qui brûlait depuis des années
Y avait un miroir enchanté
Et l’on y voyait le visage
Le visage que l’on aurait
Sur le lit doré de la mort
Y avait un livre de cuir bleu
Où tenaient le ciel et la terre
L’eau, le feu, les treize mystères
Un sablier filait le temps
Sur son aiguille de poussière
Y avait une lourde serrure
Qui crochait sa dure morsure
A la porte de chêne épais
Fermant la tour à tout jamais
Sur la chambre ronde, la table
La voûte de chaux, la fenêtre
Aux verres enchâssés de plomb
Et les rats grimpaient dans le lierre
Tout autour de la tour de pierre
Où le soleil ne venait plus

C’était vraiment horriblement romantique.

(Boris Vian)

Illustration: Paul Delvaux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai tort (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



J’ai tort

La toundra glisse sur ma main.
J’entends geindre le rien.
La mer craint son malheur
Crie.
La rive perd ses chercheurs,
La mort est chamarrée.
J’accapare le marasme, la foire, le Sahara.
Ma grammaire est un tapage
Mes bagages sont de légers fous rires.
J’ai voulu me tuer,
J’ai visé trop bas
(si j’étais un rat, je serais déjà mort).
J’ai tort.

(Alain Jouffroy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Adrian Borda

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La rose et le réséda (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



La rose et le réséda

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle l’autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle la rose et le réséda

(Louis Aragon)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma vie près de l’eau (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



hfad026001, 2009-10-06, 11:03 ,  8C, 3248x3888 (504+2144), 100%, Repro 2.2 v2,  1/60 s, R62.3, G48.8, B58.4

 

ma vie près de l’eau

ma vie
près de l’eau –
Écoute

la première
grenouille
du printemps

ou la planche
sur le sol froid
qui craque

Les rats musqués
rongent
les portes

de la jungle verte
des arts et lettres
Razzia

des lapins
sur mes laitues
Un bateau

deux –
pointés vers
ma grève

sous les envols
gouttes d’ailes
traîne d’algues

de la tendre
et grave –
Eau

***

my life
by water —
Hear

spring’s
first frog
or board

out on the cold
ground
giving

muskrats
gnawing
doors

no wild green
arts and letters
Rabbits

raided
my lettuce
One boat

two —
pointed toward
my shore

thru birdstart
wingdrip
weed-drift

of the soft
and serious —
Water

(Lorine Niedecker)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les matins d’hiver (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016



 

Les matins d’hiver
La bougie montre les traces
Des dents de rats.

***

On winter mornings
The candle shows faint markings
Of the teeth of rats.

(Richard Wright)

 

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Jadis , lorsque mon coeur cassa (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2016




Jadis , lorsque mon coeur cassa,
Une femme le ramassa
Pour le donner aux rats.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Haska

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

RENCONTRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2016




RENCONTRE

(Gentil. S’amuse d’un rien. Modeste,
mais espè‚re monter en grade.)

Je vois un homme qui vient
son chapeau sur la tête.
Quel est donc ce paroissien ?
Qui ça peut-il être?
Par ma foi c’est moi peut-être ?

Oui, c’est moi je le crois bien :
j’avance dans aujourd’hui
mais l’autre sur le chemin
comme un reflet vers moi vient
de demain et d’après-demain.

Demain demain je SERAI
car je ne suis pas encore
Dieu que de choses j’ignore!
Je ne sais rien, rien de rien.

Je ne sais pas pourquoi les mouches
ont six pattes et non pas trois
pourquoi l’hiver il fait froid
pourquoi les dents sont dans la bouche
pourquoi le soleil paraît
pourquoi on meurt pourquoi on naît
pourquoi les chats pourquoi les rats
et caetera et caetera.

Non non je ne sais pas encore
lorsque je saurai je serai
je ne sais pas pourquoi moi
pourquoi moi plutôt que toi
pourquoi aujourd’hui et demain
et finalement quel est
cet homme qui vient vers moi
sur ce drôle de chemin.

(Jean Tardieu)

Illustration: René Magritte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :