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Poésie

Posts Tagged ‘ratisser’

Le petit bois d’or (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration
    
Le petit bois d’or a cessé de bruire
en son gai sabir, son sabir de bouleau,
et les tristes grues qui passent dans le ciel
ne savent déjà plus où porter leurs regrets.

Qui regretter ? Chacun n’est-il pas errant sur terre,
va, vient, puis quitte à nouveau la maison.
Ores sur les défunts pleurent la chènevière
et la lune ronde au-dessus de l’étang bleu.

Je suis seul au milieu de la plaine nue
où le vent emporte au loin les grues,
hanté de souvenirs d’une enfance joyeuse
— du passé néanmoins je n’ai aucun regret.

Je ne regrette ni les années perdues,
ni de mon âme le thyrse fané.
Quoique s’embrase au jardin le sorbier
il ne réchauffera jamais personne.

Ni ne mourra l’herbe d’avoir jauni,
ni ne se oonsumeront les grappes du sorbier.
Tel l’arbre en silence laisse choir ses feuilles,
ainsi laissé je choir les mots d’une chanson triste.

Et si le temps, armé du balai des vents,
les ratisse un jour en mottes inutiles,
dites alors… que le petit bois d’or
a cessé de bruire en son doux sabir.

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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L’arbre chante au fleuve (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017




    
L’arbre chante au fleuve

Qui a porté mon automne doré,
Avec les feuilles mortes a ratissé mon sang,
Qui verra revenir mon printemps
Vers lui, au temps de l’année,

Mon frère le fleuve, qui se perd à jamais,
Différent et unique, chaque jour renouvelé,
Mon frère le flot qui glisse entre ses rives
Comme je coule du printemps à l’automne.

Car je suis le bourgeon et car je suis le fruit,
Je suis mon avenir et je suis mon passé,
Je suis le tronc stérile et esseulé,
Et tu es toi — mon temps et mon chant.

(Léa Goldberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: F. Kaufmann
Editions: Gallimard

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AUTOMNE AU PARC ROYAL D’HINTOCK (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



AUTOMNE AU PARC ROYAL D’HINTOCK

Ici, des branches nues
Je ratisse les feuilles.
Souvent je médite combien
Le printemps déçoit ;
Maintenant vieille femme
Je ratisse les feuilles.

Ici, dans les allées
Je ratisse les feuilles ;
Il en passe de nobles dames
Avant que l’une d’elles
Ne soupire, voyant que feuille morte
Je ratisse les feuilles.

Celle que vous voyez quand
Je ratisse les feuilles,
J’en ai vu alors vives et gaies
Que la mémoire assemble,
Blêmes fantômes, à mes côtés, si
Je ratisse les feuilles.

Eh bien, ma chère, en dépit des soupirs,
Je ratisse les feuilles,
De nouveaux bourgeons danseront là-haut
— La terre jamais ne souffre ! —
Quand je ne serai plus là pour que
Je ratisse les feuilles.

***

AUTUMN IN KING’S HINTOCK PARK

Here by the baring bough
Raking up leaves,
Often I ponder how
Springtime deceives, —
I,an old woman now,
Raking up leaves.

Here in the avenue
Raking up leaves,
Lords’ ladies pass in view,
Until one heaves
Sighs at life’s russet hue,
Raking up leaves !

Just as my shape you see
Raking up leaves,
I saw, when fresh and free,
Those memory weaves
Into grey ghosts by me,
Raking up leaves.

Yet, Dear, though one may sigh,
Raking up leaves,
New leaves will dance on high —
Earth never grieves !-
Will not, when missed am I
Raking up leaves.

(Thomas Hardy)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Reflets muets (Christine Lièvre)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016



Sur un chemin
De boue et d’ombre
Le vent ratisse
La peine du jour

(Christine Lièvre)

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Nostalgie (Jim Morrison)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Un homme ratisse des feuilles
en tas dans sa cour, un monceau,
appuyé sur son râteau, il
les brûle absolument toutes.
Le parfum emplit la forêt
des enfants s’arrêtent et respirent
l’odeur qui, dans quelques années,
deviendra nostalgie

***

A man rakes leaves into
a heap in his yard, a pile,
& leans on his rake &
burns them utterly.
The fragrance fills the forest
children pause & heed the
smell, which will become
nostalgia in several years

(Jim Morrison)

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Je suis restée loin de la poésie (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016


 


 

Anne-Marie Zilberman (6)

Je suis restée loin de la poésie
plusieurs mois

et voilà que je dois ratisser les feuilles
alors que rien ne souffle

entre chez toi
et chez moi

(Lorine Niedecker)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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