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Poésie

Posts Tagged ‘rattacher’

Le poète (Ralph Waldo Emerson)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

Duy Huynh -   (5)

Le poète incarne, parmi les hommes inaccomplis,
l’homme achevé.
Il rattache les choses au tout.

(Ralph Waldo Emerson)

Illustration: Duy Huynh

 

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J’avais pensé partir… (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



Illustration
    
J’avais pensé partir…

J’avais pensé partir
avant la fin du jour

Éviter les remous
pour m’en aller léger
et n’encombrer personne

Mais je dois me résoudre
à rattacher la barque
aux lourds anneaux du port
car ce soir il est tard

Trop pour prendre la mer.

*

Je n’ai pas la douleur
Je n’ai pas le besoin
et je n’ai pas l’exil

J’ai juste perdu
Celle que j’aimais.

**

Je t’avais promis une caresse chaque soir
désormais ce sera un poème.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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ELSA (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Patrick Marquès
    
ELSA

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d’être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin

C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Ma vie en vérité commence
Le jour où je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

(Louis Aragon)

 

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Une autre voix (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




    
Une autre voix :

N’écoute plus
ceux qui t’invitent à partager
leurs maisons étroites

tu n’es
toi-même que dans le balancement d’une branche
sur le ciel

désentrave ton corps, dénoue
ce qui te rattache
à la terre

deviens toi-même
dans le vouloir du vent qui te dépossède.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ecrire (Clarice Lispector)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration
    
Alors écrire est la façon
de qui se sert de la parole comme appât :
la parole qui pêche ce qui n’est pas parole.

Lorsque cette non-parole
— l’interligne —
mord l’appât,
quelque chose s’est écrit.

Une fois que l’interligne est prise,
il serait possible d’expulser la parole
avec soulagement.

Mais l’analogie s’arrête là :
la non parole, en mordant l’appât,
le rattache à elle.

Ce qui sauve, dans ce cas,
c’est d’écrire distraitement.

(Clarice Lispector)

 

Recueil: Agua Viva

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Avec mes sens, avec mon coeur … (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Avec mes sens, avec mon coeur …

Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh ! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquillisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier les flammes ;
Toute ma chair, toute mon âme
Monte vers toi, d’un inlassable élan ;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que, tout à coup, je sens mes yeux s’emplir,
Délicieusement, d’inoubliables larmes.

Et je m’en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d’être à jamais celui
Qui t’est et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie ;
Tout écho de mon être à ton appel répond ;
L’heure est unique et d’extase solennisée
Et mes doigts sont tremblants, rien qu’à frôler ton front,
Comme s’ils y touchaient l’aile de tes pensées.

(Emile Verhaeren)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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LE SENS DE LA VIE (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
LE SENS DE LA VIE

(Je voudrais louer ce que font les dieux
et je trouve les dieux injustes.
Sophocle)

Crois-moi

Crois-moi, ne regarde pas la vie en face,
Mais par les midis clairs ou par les nuits d’étoiles,
Silencieusement quand tu la vois qui passe,
Pour savoir ce qu’elle est n’écarte pas son voile.

Raccroche la tunique à son épaule nue
Et que son pas raidi recouvre la sandale;
Afin qu’elle te reste à jamais inconnue,
Rattache sur son front le lourd bandeau d’opale.

Et, si parfois tu la devines familière
Qui s’assied près de toi, plus douce et moins farouche
Avec des fleurs aux doigts, respecte son mystère;
Veut-elle te parler, mets ta main sur sa bouche.

Beaucoup sont morts d’avoir pénétré son langage,
D’avoir un soir de lune, écoutant leur envie,
D’un geste curieux dévoilé son visage,
Car la science de vivre est d’ignorer la vie.

(Marie Dauguet)

 

 

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LES DIMENSIONS DU JOUR (XIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



 

Illustration
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (XIII)

A tourner entre ces murs gris
que sont tous les visages,
le ciel ne prend sa vraie couleur
qu’au-dessus de ton front.

L’espace se veut plante sans fruits
pour ta bouche qui tient le jour,
pour ton regard qui cherche en moi
quelque chose de plus clair que la lumière.

Les carreaux font les maisons plus larges
avec, à fleur de verre, des têtes
que rien ne peut rattacher aux corps
dont elles ne cessent de dire le nom.

Mais il reste le miracle de ta présence
au milieu des paroles que nous prononçons
pour que l’amour ait la hauteur des montagnes
qui s’ouvrent, chaque matin, sur le soleil nu.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La mer s’est retirée (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2016



 

La mer s’est retirée,
Qui la ramènera?
La mer s’est démontée,
Qui la remontera?
La mer est emportée,
Qui la rapportera?
La mer est déchaînée,
Qui la rattachera?

Un enfant qui joue sur la plage
Avec un collier de coquillages.

(Jacques Charpentreau)

 

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Une amie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Une amie, c’est quelqu’un qui m’attend dans le couloir
pendant que je rattache mes lacets.

(Christian Bobin)

 

 

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