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Poésie

Posts Tagged ‘ravissement’

Je connais le voyage amer (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Marc Chagall
    
Je connais le voyage amer – ce voile
déchiré par la tourmente
ce palmier
aux branches cassées
qui meurent inclinées sur leur tronc.

Je connais la maison – le feu de ses ravissements
la chaleur de ses recoins.

Quel sens aurait une demeure
qui ignorerait les départs ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Ravissement (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2019



Illustration: Josephine Wall
    
ravissement
de découvrir
l’océan du sens
par le vaisseau du sommeil

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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De mes noms multiples (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Illustration: Salvador Dali
    
De mes noms multiples naissent des humains
qui s’amoncellent et s’entretuent.
Prenez-les, guidez-les, enlacez-les!
Soyez pour eux chemins et conquêtes, ô mes noms!
Moi, je suis le vagabond éternel,
hors de mes noms,
et éternellement
je déclare la loi de la flamme,
le ravissement amoureux,
le rêve, les choses.

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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J’accueille avec ravissement (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 


Suzerain des riens somptueux
J’accueille avec ravissement
Les merveilles qui me renouvellent
Chaque jour leur allégeance de la veille

(Albert Strickler)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Des marées de comètes (Norge)(Georges Mogin

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Des marées de comètes
dans les filets d’un grand magnétisme
le courant de Dieu lui-même.

Les mouvements
les échanges
les forces des univers.
A chaque pas le ciel
me manque sous le pied
mais je lis les signaux de mes ravissements
ô Dieu
ô toi la seule solitude
qui ait la forme de mes joies.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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Un arrosoir (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Un arrosoir, une herse à l’abandon dans un champ,
un chien au soleil, un cimetière misérable,
un infirme, une petite maison de paysan,
tout cela peut devenir le réceptacle de mes révélations.

Chacun de ces objets, et mille autres semblables
dont un oeil ordinaire se détourne avec une indifférence évidente,
peut prendre pour moi soudain, en un moment qu’il n’est nullement en mon pouvoir de provoquer,
un caractère sublime et si émouvant,
que tous les mots, pour le traduire, me paraissent trop pauvres
[..]

Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne,
celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’oeil,
dont la forme insignifiante, dont la nature muette
peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: Patrick Martin

 

 

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Lorsque je dis qu’ils croient, au lieu d’agir (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Malel
    
Lorsque je dis qu’ils croient, au lieu d’agir, et qu’ils sont immobiles,
qu’ils se tiennent donc dans l’hébétude de la croyance,
je n’oublie pas une seconde qu’ils passent pourtant leur vie à remuer.

Seulement c’est chaque fois la même histoire :
il y a agir et agir, tout comme voir et voir, ou penser et penser.
C’est juste une question d’intensité.

Mais si l’on vous demande par exemple ce que vous aimeriez vivre
et que vous répondez, sans réfléchir :
le ravissement,

alors ne cherchez pas, vous y êtes.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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C’est sans appui (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
C’est sans appui que l’on profère.
Tout vient par le ravissement.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Serait-ce donc cela… (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Serait-ce donc cela…

Serait-ce donc cela la fleur de l’amitié
Le geste de douceur la larme sur la joue
Et puis cette tendresse infinie et donnée
Par delà ces chemins qui nous mènent vers où

Nous avons commencé de nous mettre en voyage
Vers l’autre que l’on aime ainsi que frère ou sœur
Ô ces conversations et le doux babillage
Où la voix des amis nous offre le bonheur

Indicible et suave en ses ravissements
Serait-il donc possible de croire en l’amour
En déployant une aile altière et tout grand

Étendue au-dessus des heures et des jours
Lesquels ressembleraient au rythme des amants
S’accompagnant en couple avec un pas si lent

(Jean-Claude Demay)

 

 

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À LA LUNE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
À LA LUNE

Pâle soeur du premier rayon,
Image en deuil de la tendresse,
Le nuage, en passant, caresse,
D’un frisson d’argent ton beau front.
Hors du gouffre au jour interdit
Tes pas silencieux n’éveillent
Que l’âme des morts qui sommeillent,
Et moi et les oiseaux de nuit.

Ton regard au loin se déploie
Découvrant un immense espace.
Là-haut, près de toi, fais-moi place,
Offre à mes songes cette joie !
Ainsi, la distance effaçant,
Donne au chevalier le plaisir
De voir, par les vitraux, dormir
Celle que son coeur aime tant.

Ô ravissement, ô bonheur !
Adieu, distance qui me tue !
De tout le pouvoir de ma vue
Je rassemble en moi tes lueurs.
De plus en plus clairs, tes rayons
Qui son corps dévoilé révèlent,
Me font descendre ainsi, près d’elle,
Que toi, jadis, d’Endymion.

***

AN LUNA

Schwester von deco ersten Licht,
Bild der Zärtlichkeit in Trauer!
Nebel schwimmt mit Silberschauer
Um dein reizendes Gesicht;
Deines leisen Fuß es Lauf
Weckt aus tagverschloßnen Höhlen
Traurig abgeschiedne Seelen,
Mich und nächtge Vögel auf.

Forschend übersieht dein Blick
Eine großgemeßne Weite.
Hebe mich an deine Seite !
Gib der Schwärmerei dies Glück !
Und in wollustvoller Ruh
Säh der weitverschlagne Ritter
Durch das gläserne Gegitter
Seines Mädchens Nächten zu.

Des Beschauens holdes Glück
Mildert solcher Ferne Qualen,
Und ich sammle deine Strahlen,
Und ich schärfe meinen Buick ;
Hell und heller wird es schon
Um die unverhüllten Glieder,
Und nun zieht sie mich hernieder,
Wie dich einst Endymion.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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