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Poésie

Posts Tagged ‘raviver’

Colombe imaginaire (Jaimes Freyre)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018


colombe

Voyageuse colombe imaginaire,
toi qui ravives le dernier amour;
âme de fleurs, de musique et de jour,
voyageuse colombe imaginaire.

(Jaimes Freyre)

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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En fondant (Kawai Chigetsu)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



En fondant
la neige
ravive les pousses.

(Kawai Chigetsu)

Découvert chez Lara ici

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Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Pourquoi ne pas dire JOIE (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
L’annulation du temps

Pourquoi
ne pas dire JOIE
à êtrе
dans le bruissement d’un peuple
intérieur, toutes ramures confondues
sur l’annulation du temps,
aspiré par quelque douceur du ciel
aux hanches de femme, l’amphore
de l’homme aux dents d’artiste ; là
où s’envole claire la spirale en forme
de secondes qui trace l’espace
sans frontière.

Joie.
Pourquoi ne pas dire joie
à l’instant
absolu qui réconcilie le monde
parfois avec cette simple tasse
de thé, et relie la terre
à l’inspiré,
dans la joie sans partage
du partage inspiré, au feu de bois
qui brûle en cheminée.

Pourquoi ne pas dire Joie
l’éventualité du sans-mesure
dont la durée ravive l’ adoration.
La foi n’est pas mirage mais dérive
du risque d’absolu au rivage du
futur. Pourquoi ne pas dire passion
si brûle encore en nous au présent
les puissants vaisseaux du passé.

Pourquoi
à ne pas dire joie
devant l’infante en robe de velours noir
et la « maja desnuda », nue d’amour puis
vêtue du regard de l’ aventure. Joie
du regard ravaudé par le rêve d’un défunt.
Pourquoi ne pas ranimer l’oeil du buveur
en chemise bleue et rendre au paysan
mélancolique la jeune paysanne d’antan

Pourquoi ne pas dire
Joie
aux passants des montagnes
qui saluent et s’embrassent
dans les genêts et les misères,
aux fantômes qui jouent, axel espiègle
au coeur des légendes et des forêts.

Pourquoi ne pas dire joie aux mercis
des hommes dont le coeur bat encore
et à l’esprit, qui n’est pas toujours frappeur (?)

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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TERRITOIRES DU SOUFFLE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

TERRITOIRES DU SOUFFLE

Parcourant
Les territoires du souffle
La Poésie
Ne thésaurise rien

Nulle empreinte
N’ossifie son essor
Nul usage
Ne pétrifie sa flamme

Elle insuffle son et sens
Dans les parcelles du monde

Disant sans vraiment dire
Elle ravive le désir
Multipliant les signes
Elle demeure
A l’avant.

(Andrée Chedid)

 

 

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ADIEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




ADIEU

Je m’enhardis une dernière fois
à caresser en esprit ton image,
usant toute ma force à raviver un songe,
me complaisant, non sans chagrin ni craintes,
à évoquer ce qui fut notre amour.

Nos années fuient, nos années vont changeant
et changent tout, et nous changent nous-mêmes.
Pour moi qui te chantais hier encore,
tu es voilée d’une ombre sépulcrale,
pour toi l’ami d’hier n’est plus qu’un feu éteint.

Accueille, ô ma compagne pour toujours distante,
ces adieux que t’adresse mon coeur,
comme ferait une épouse endeuillée
ou un ami qui étreint son ami
sans dire un mot au seuil d’une prison.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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Sur le répondeur téléphonique (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Sur le répondeur téléphonique
si proche encore si présente
mais donnant la mesure effroyable du vide
d’où elle résonne
la voix de l’ami disparu
ravive le chagrin de son absence
je suis actuellement indisponible
prévient-il
depuis l’au-delà
mais vous pouvez me laisser un message

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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QUELQUE CHOSE IMPERCEPTIBLE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Vincent Lafargue
    
QUELQUE CHOSE IMPERCEPTIBLE

Le froissement du vent dans les arbres peut-être.
Ou le cri dans la nuit de la chouette chassant,
Ou que sais-je ? Un volet. Il grince à la lisière
De la fenêtre. Éveillant à peine le dormeur.
Non, tu ne comprends pas, répète infiniment
Le tilleul qui s’étire sous l’odeur de ses feuilles.
Le chat de la source dort sous le bronze de la fontaine
De ses yeux d’aveugle sourit aux choses familières,
Comme au secret de l’ombre, une passée de vent,
Un savoir près de se révéler, s’égarent, dont l’ermite,
Au milieu de la nuit, ravive sa prière.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Départ à l’aube sur le mont Shang (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Leslie Goh
    
Départ à l’aube sur le mont Shang

Départ avant l’aube : les clochettes qui tintent
Ravivent la nostalgie des voyageurs –
Gîte de chaume sous la lune : chant d’un coq
Pont de bois couvert de givre : traces de pas

Tombent les feuilles sur la route de montagne
Quelques fleurs éclairent les murs du relais
Rêvant encore au pays de Du-ling
Les oies sauvages, près de l’étang, s’attardent

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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