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Poésie

Posts Tagged ‘(Raymond Queneau)’

LE POUR ET LE CONTRE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




    
LE POUR ET LE CONTRE

un petit oiseau gris
avec des manchettes
chante
miaou miaou
eh oui ce n’était pas un zoizeau c’était un chat
voilà ce que c’est que d’écrire trop vite
quand on écrit trop vite faut compter sur la chance
sur l’inspiration
on peut très bien errer
et pourtant et pourtant c’est pourtant là ce que je voulais dire
ce petit oiseau gris avec des manchettes
il parlait chat

(Raymond Queneau)

 

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Quand les poètes s’ennuient (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018





    
Quand les poètes s’ennuient alors il leur ar-
Rive de prendre une plume et d’écrire un po-
Ème on comprend dans ces conditions que ça bar-
Be un peu quelque fois la poésie la po-
Esie

(Raymond Queneau)

 

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OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX

Dans les rues à minuit ne coule aucun ruisseau
il ne naît qu’avec l’aube et le bon balayeur
qui lui ouvre la porte et dirige ses pas
pousse dans son eau claire ordures, feuilles mortes
les tickets de métro les cendriers vidés
tout et n’importe quoi file vers cette bouche
qui avale le ru pour le rendre à l’égout
Il renaît à l’azur lorsque sorti du noir
il laissera sa lie aux terrains d’épandage
Alors plus pur plus libre il s’en va vers l’aval
retrouver loin des ports le trésor des possibles

(Raymond Queneau)

 

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DESTIN D’UNE EAU (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



    

DESTIN D’UNE EAU

Où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
au fond des bois ?
agile comme une ficelle
tu coules liquide étincelle
qui éclaire les fougères
minces souples et légères
abandonnant derrière toi
la mobile splendeur des bois

où cours-tu, ru ?
où cours-tu, ru,
du fond des bois
tu te précipites à la mort
tu perdras tes eaux vivaces
dans un courant bien plus fort
que le tien qui se prélasse
au pied des fougères
minces souples et légères
ignorant sans doute tout ce qui t’attend
la rivière le fleuve et le dévorant océan

(Raymond Queneau)

 

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L’ORAGE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration:Ana Cruz
    
L’ORAGE

Tout à coup l’orage accourt
avec ses grosses bottes mauves
il piétine les bégonias les blés les prés
il marche sur les chênes
il emplit les rus de son urine
il crache de la boue
il broie l’air entre ses bras
et puis il s’en va
content de lui

(Raymond Queneau)

 

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LE CITADIN AUX CHAMPS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE CITADIN AUX CHAMPS

Abuser du temps qui passe
soustraire l’air d’une souris
piocher dans le beurre en motte
atteindre l’eau d’un coup de scie
piétiner l’or de la crotte
étreindre le blé sans épis
insulter mouche qui trotte
sermonner les pous des brebis
abuser du temps qui passe
voilà tout ce qu’à la campagne
fait le monsieur de Paris

(Raymond Queneau)

 

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L’ESPÈCE HUMAINE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    

L’ESPÈCE HUMAINE

L’espèce humaine m’a donné
le droit d’être mortel
le devoir d’être civilisé
la conscience humaine
deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien
le nez au milieu du visage
deux pieds deux mains
le langage
l’espèce humaine m’a donné
mon père et ma mère
peut-être des frères on ne sait
des cousins à pelletées
et des arrière-grands-pères
l’espèce humaine m’a donné
ses trois facultés
le sentiment l’intelligence et la volonté
chaque chose de façon modérée
l’espèce humaine m’a donné
trente-deux dents un coeur un foie
d’autres viscères et dix doigts
l’espèce humaine m’a donné
de quoi se dire satisfait

(Raymond Queneau)

 

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TANT DE SUEUR HUMAINE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 Illustration: Jules Desbois
    

TANT DE SUEUR HUMAINE

Tant de sueur humaine
tant de sang gâté
tant de mains usées
tant de chaînes
tant de dents brisées
tant de haines
tant d’yeux éberlués
tant de faridondaines
tant de faridondés
tant de turlutaines
tant de curés
tant-de guerres et tant de paix
tant de diplomates et tant de capitaines
tant de rois et tant de reines
tant d’as et tant de valets
tant de pleurs tant de regrets
tant de malheurs et tant de peines
tant de vies à perdre haleine
tant de roues et tant de gibets
tant de supplices délectés
tant de roues tant de gibets
tant de vies à perdre haleine
tant de malheurs et tant de peines
tant de pleurs tant de regrets
tant d’as et tant de valets
tant de rois et tant de reines
tant de diplomates et tant de capitaines
tant de guerres et tant de paix
tant de curés
tant de turlutaines
tant de faridondés
tant de faridondaines
tant d’yeux éberlués
tant de haines
tant de dents brisées
tant de chaînes
tant de mains usées
tant de sang gâté
tant de sueur humaine

(Raymond Queneau)

 

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LES MURS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    LES MURS

Les murs de l’allégresse
Sont tissés de sainfoin
Les murs de la tristesse
Sont tissés de tintouin
Le toit de l’allégresse
Est tissé de safran
Le toit de la tristesse
Est tissé de tatran
Le sol de l’allégresse
Est tissé de toutance
Le sol de la tristesse
Est tissé de souffrance

(Raymond Queneau)

 

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Le soleil (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration: Joseph Galante
    
L’herbe : sur l’herbe je n’ai rien à dire
mais encore quels sont ces bruits
ces bruits du jour et de la nuit
Le vent : sur le vent je n’ai rien à dire

Le chêne : sur le chêne je n’ai rien à dire
mais qui donc chantonne à minuit
qui donc grignote un pied du lit
Le rat : sur le rat je n’ai rien à dire

Le sable : sur le sable je n’ai rien à dire
mais qu’est-ce qui grince ? c’est l’huis
qui donc halète ? sinon lui
Le roc : sur le roc je n’ai rien à dire

L’étoile : sur l’étoile je n’ai rien à dire
c’est un son aigre comme un fruit
c’est un murmure qu’on poursuit
La lune : sur la lune je n’ai rien à dire

Le chien : sur le chien je n’ai rien à dire
c’est un soupir et c’est un cri
c’est un spasme un charivari
La ville : sur la ville je n’ai rien à dire

Le coeur : sur le coeur je n’ai rien à dire
du silence à jamais détruit
le sourd balaye les débris
Le soleil : ô monstre, ô Gorgone, ô Méduse
ô soleil.

(Raymond Queneau)

 

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