Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rayon’

Clos aux cerfs (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018




Montagne vide. Plus personne en vue.
Seuls échos des voix résonnant au loin.
Rayon du couchant dans le bois profond:
Sur les mousses un ultime éclat: vert.

(Wang Wei)

 

 

 

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ANNIVERSAIRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
ANNIVERSAIRE
Tsoui-Rou

L’an dernier, aujourd’hui même, m’apparurent dans le cadre de cette porte,
Un délicieux visage de femme et les fleurs du pêcher.
Dans un rayon de soleil, ils se renvoyaient leurs tendres reflets et confondaient leur charme rose.
Où donc est-il, à présent, l’adorable visage ?
Seules les fleurs du pêcher sont là, et rient au vent printanier.

(Dynastie des Thang.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Ô mon idole, où est ton temple ? (Djellâl-Eddîn-Roûmî)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
« Je demandais : ô mon idole, où est ton temple ? »

Elle me répondit :
« Dans les débris de ton coeur ruiné.
Je suis le soleil : mes rayons pénètrent dans tes décombres,
ô passionné, que ton palais s’écroule !»

Et encore :
« En ta présence, je ne dors pas à cause de tes charmes.
Sans ta présence, je ne dors pas à cause de mes larmes.
Ô Dieu ! en ces nuits je veille… »

(Djellâl-Eddîn-Roûmî)

 

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Pourchassée (Oshima Ryóiú)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Pourchassée,
la luciole se cache
dans un rayon de lune.

(Oshima Ryóiú)

 

 

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Soleil (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Il est de la couleur du temps,
Lui dont l’arc-en-ciel dépend.
Il donne la couleur à tout,
Sans être coloré lui-même,
La terre entière est un poème
Que Soleil parafe partout.

Peindre le monde qu’il bigarre
Avec le soleil dans les yeux,
Ce serait perdre, d’un regard,
Mémoire de la terre et des cieux,
Changer en plomb les pleurs de feu.

Il vaut mieux te mettre à genoux,
Poser contre l’herbe ta joue,
Et là, retrouver confondus,
Dans un unique rayon d’or,
Les crépuscules, les aurores,
Les étoiles, les roses perdus.

(Czeslaw Milosz)

Illustration: David Caspar Friedrich

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LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX (Maurice Boukay)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX

Dans les jardins, lents et tremblants,
Les pauvres vieux tous les soirs viennent.
Sur les vieux bancs ils se souviennent,
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Songeant que les jours passent vite,
Ils chantent : « Gai ! la Marguerite ! »
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Voyant les gamins de sept ans
Qui font des châteaux sur le sable
Et qui réclament une fable,
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Songeant que le jeu vaut l’école,
Ils chantent : « Bel hanneton, vole ! »
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Voyant les garçons de seize ans
Poursuivre les vierges timides,
Ils baissent leurs regards humides, —
Les pauvres vieux sont indulgents, —

Songeant : L’amour, c’est la Nature !
Ils chantent : « La Bonne Aventure. »
Les pauvres vieux sont indulgents.

Voyant les soldats de vingt ans,
Drapeau flottant, musique en tête,
Ils se sentent le cœur en fête,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Songeant que c’est l’âme française,
Ils entonnent La Marseillaise,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Voyant les veuves de trente ans
Qui vont, tout de noir habillées,
Parmi les fleurs ensoleillées,
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Songeant que le deuil n’a pas d’âge,
Ils chantent : « Page, mon beau Page… »
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Voyant à la mort du soleil,
Parmi les rayons et les ombres,
Les barques des nuages sombres,
Les pauvres vieux, pris de sommeil,

Sentant que leur barque chavire,
Fredonnent Le Petit Navire,
Et dorment leur dernier sommeil.

(Maurice Boukay)

Illustration: Jean-Marie Manson

 

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CHOSES (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
CHOSES

I
Les objets ont l’immortelle tranquillité
Et l’immortel amour quand les relient les nombres
Entre l’antique ton la belle majesté
Du temps et le lieu pur l’espace en clair et sombre

Quand les formes sont nues ainsi la pleine chair
Consentante aux frissons, quand ressortent les songes
Des ornements secrets, quand un rayon d’éclair
Pressant chaque mémoire entre eux les fait répondre

Quand leur calme sortant pareil à l’oraison
Ils donnent au coeur d’homme avant qu’il ne les perde
Tout à coup sécurité consolation

Chacun est au plus haut dans les êtres qui sont
L’achèvement de leur mariage est leur superbe
Où Dieu pose la main sur la condition.

II
Chacun soucieux d’être tant
Ne prit sa fonction sa forme
Que de ce lieu où le présent
Le plaça le soumet l’informe

Sa valeur en Dieu est ce fruit
Qu’il est ici et non point la
Ne rayonnant là mais ici.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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De nouveau (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



    

de nouveau
ouvrir le dictionnaire imaginaire
inventer des sens et des sons
mélanger l’inconnu de toutes les casseroles
aux ingrédients du fou
punir l’ordinaire
par des châtiments de charme sauvage
voler les oeufs des nuages
sous la paille des rayons
et écrire tous les vents
dans les trêves du rire

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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POUR ELLE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
POUR ELLE

Tel un joyeux soleil, ta chevelure d’or
Répand de lumineuses gerbes,
Superbes,
Sur les plis de ta petite robe, ô Trésor !
Ta fine taille dans ta robe se balance,
Adorable mouvance,
Fine vapeur de diamant
Sur la rose tremblant.

Sans pareils dans le ciel, sur notre terre ronde…
Tes yeux, par leur éclat, sont une mer profonde.
Sitôt que tu me vois, doucement, tu les clos.
Que n’offrirais-je point pour ces rayons si beaux !

Dans une mer sans fond, ton âme se balance,
Doux rayon de lune qui luit,
Séduit.
Un nuage soudain, sans la moindre clémence,
S’en vient la dérober à l’ardeur de mes yeux,
La confisque à mes voeux.
Vite, elle me fuit tel un rêve.
Et le soleil se lève.

Mais ton coeur, où bat-il ? Je ne le trouve pas.
Et pour moi, c’est la mort, c’est l’odieux trépas.
Je ne puis te briser, ma main n’y peut suffire.
Ces menottes l’ont prise. Il me faut te le dire :

Toi qui n’as point de coeur, c’est pour toi que j’expire.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Quand je vois l’alouette (Bernard de Ventadour)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Quand je vois l’alouette agiter
De joie ses ailes face aux rayons,
S’oublier et se laisser choir
Dans la douceur qui au coeur lui vient,
Hélas ! une si grande envie me pénètre
De ce bonheur que je vois,
Que je tiens à miracle
Si mon coeur ne se consume pas de désir.

Hélas! Je croyais tant savoir
Sur l’amour et j’en sais si peu!
Car je ne peux me retenir d’aimer
Celle que je ne peux atteindre.
Elle a tout mon coeur, elle m’a tout entier,
Elle-même et tout l’univers.
Elle ne m’a rien laissé,
Sauf le désir et un coeur fou.

(Bernard de Ventadour)

Illustration

 

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