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Poésie

Posts Tagged ‘réapparaître’

Un matin d’hiver (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021




    
Un matin d’hiver
je me trouvais dans un train
à l’arrêt en gare de Bellegarde
et une petite fille d’une dizaine d’années
était sur le quai
Deux femmes se tenaient près d’elle
et quand celle qui pouvait être sa mère
l’a quittée
pour monter dans une voiture
cette petite fille n’a eu aucune réaction
Épaules tombantes bras ballants
elle est restée là
immobile figée
ne disant rien
ne manifestant rien
sauf que de grosses larmes
glissaient sur ses joues
et qu’on la sentait perdue
dans un abîme de solitude
accablée par une détresse
qui la rendait inconsolable
Deux ou trois ans ont passé depuis ce jour

mais de temps à autre
il arrive encore
que réapparaisse en moi
ce petit visage en larmes
pétrifié par la souffrance

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Quand vient la nuit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



    

Quand vient la nuit
toujours cette angoisse
à voir mourir la lumière

alors les ombres
de la mort
m’envahissent

qui sait
si le soleil
réapparaîtra

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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À MOI PÈLERIN (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Erin Hanson
    
À MOI PÈLERIN

Me voici de retour sur la place tranquille :
à ton balcon solitaire oscille
le drapeau de la fête déjà terminée.
— Réapparais, dis-je. Mais seul l’âge
qui aspire aux sortilèges est leurré par l’écho
des carrières de pierre à l’abandon.
Depuis quand l’invisible ne répond-il pas
quand j’appelle comme autrefois dans le silence!
Tu n’es plus ici, ton salut ne me parvient
plus, à moi le pèlerin. La joie ne se révèle
jamais deux fois. Et l’extrême lumière
cogne sur le pin qui rappelle la mer.
Même l’image des eaux est vaine.

Notre terre est loin, dans le sud,
chaude de larmes et de deuils. Là-bas,
des femmes, dans leurs châles noirs,
parlent à voix basse de la mort
sur le seuil des maisons.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Les escargots (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



Illustration    
    
Les escargots

Sur les murs de briques des jardin
sont réapparu les escargots
fantasques.

(Leonardo Sinisgalli)

 

Recueil: Le moineau et le lépreux
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Part Commune

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018




    
Une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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La mort de l’amour (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



    

la mort de l’amour
s’écrit avec des mots
courants

nulle lettre ne respire
sur la feuille éteinte

quand soudain
l’infini réapparaît
dans le blanc

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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L’OISEAU QUI S’EFFACE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



L’OISEAU QUI S’EFFACE

Celui-là, c’est dans le jour qu’il apparaît, dans le jour le plus blanc. Oiseau.
Il bat de l’aile, il s’envole. Il bat de l’aile, il s’efface.
Il bat de l’aile, il réapparaît.
Il se pose. Et puis il n’est plus. D’un battement il s’est effacé dans l’espace blanc.
Tel est mon oiseau familier, l’oiseau qui vient peupler le ciel de ma petite cour. Peupler ? On voit comment ….
Mais je demeure sur place, le contemplant, fasciné par son apparition, fasciné par sa disparition.

(Henri Michaux)

Illustration

 

 

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Mille amoureuses (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

Claude Sauzet La-ronde-146x114cm-550 [1280x768]

mille amoureuses m’extraient de la mort
me tirent de la terre

mille amoureuses toujours la même

l’automne elles s’envolent de moi
puis réapparaissent
avec les feuilles

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Claude Sauzet

 

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C’est ouvert (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Je n’ai jamais vu le diamant de l’instant particulier
tirer un trait inaltérable en travers de l’image du monde.
Non, c’est l’usure, une constante usure qui a gommé ce sourire
éclatant et étrange. Mais quelque chose réapparaît, par frottement,
cela se met à ressembler à un sourire,
on ne sait pas encore à quoi cela pourra servir. C’est ouvert.
C’est quelqu’un qui s’empare de mon bras à chaque fois que j’essaie d’écrire.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Edward John Poynter

 

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