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Poésie

Posts Tagged ‘rebrousser’

LE SEUIL (Marc Baron)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Silvia Leveroni Calvi   
    
LE SEUIL

Tu ne sais pas où tu vas

et dans le trouble de l’incertain qui t’attend
tu es à deux doigts de rebrousser chemin

mais ta force peut venir de là
de ce retournement qui va t’ouvrir les yeux
sur la certitude que tout est devant

et c’est le seuil à franchir
avant de refermer ta vie à double tour

(nuit du 1er au 2 novembre 2017)

(Marc Baron)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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Prête-moi tes yeux bleus centaurée (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

centauree

Prête-moi tes yeux bleus centaurée
Herbe un peu de ton sang vert
Ton amour indivis pluie de loin
Et toi vent qui as tout créé
Fais lever ma dormance
Arrache mon bois mort
Rebrousse-moi pétris-moi
Retaille-moi en forme d’homme

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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C’est mettre à vif son âme (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
C’est mettre à vif son âme
que de rebrousser chemin
dans son intimité avec un être,

en même temps
qu’on assume sa perfection.
Ligoté, involontaire,

j’éprouve cette fatalité
et demande pardon à cet être.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Viens légère ou légère pars (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Viens légère ou légère pars:
Bien que ton cœur te fasse voir
Chagrin, vallons, soleils noyés,
Que ton rire, Oréade, danse
Jusqu’à ce que l’air des sommets
Rebrousse avec irrévérence
Ta chevelure déployée.

Sois légère et toujours ailée:
Les nues qui voilent les vallées
Quand monte l’étoile du soir
Sont les plus humbles des suivants
Rire et amour se fassent chant
Si le cœur renonce à l’espoir.

***

Lightly come or lightly go:
Though thy heart presage thee woe,
Vales and many a wasted sun,
Oread, let thy laughter run,
Till the irreverent mountain air
Ripple all thy flying hair.

Lightly, lightly — ever so:
Clouds that wrap the vales below
At the hour of evenstar
Lowliest attendants are;
Love and laughter song-confessed
When the heart is heaviest.

(James Joyce)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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L’Heure du retour (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



L’Heure du retour

Une bise aigre et monotone
Fait grincer les girouettes des maisons ;
Des nuages gris s’entassent à l’horizon.
Ton pas froisse des feuilles mortes et l’automne
A chassé les hirondelles de ton toit.
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

Les écus d’or et les maravédis
Qui, lorsque tu partis, chargeaient ton escarcelle,
Dis-moi dans quel tripot tu les perdis,
Pour les baisers de quelle jouvencelle
Qui t’engeigna et te montra du doigt ?
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

Tes yeux, me semble-t-il, ont besoin de lunettes.
Sur tes tempes voici des cheveux gris.
Ton épouse, que si souvent tu fis cornette,
T’attend sans un soupçon et de loin te sourit.
Et le vin de ta cave honorerait un roi.
Voyageur, voyageur,
Ne vois-tu qu’il est l’heure
De rebrousser chemin et de rentrer chez toi ?
Ne vois-tu qu’il est l’heure ?

***

Time to return

The North Wind, harsh and monotonous
Makes the weathercocks squeak on the houses;
Grey clouds build up on the horizon.
Your step crumples the dead leaves and autumn

Has chased the swallows from the roof.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

Golden crowns and maravedis
That when you left were heavy in your purse,
Tell me in what dive you lost them,
For the kisses of what young maiden
Who tricked you and mocked you.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

I think your eyes need spectacles.
On your temples there are grey hairs.
Your wife, whom so often you wimpled,
Waits for you without suspicion and smiles at you from afar,
And the wine from your cellar would honour a king.
Traveller, traveller,
Don’t you see it is time
To head back and return home?
Don’t you see it’s time?

(René Chalupt)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Ce que je voulais toujours avec toi (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Ce que je voulais toujours avec toi, c’est partir
et que la terre recommence

sous un autre jour, avec une herbe encore nubile,
un soleil qui n’appuie pas trop

sur le cœur et puis du bleu tout autour comme
un chagrin qui se serait lavé

les yeux dans un reste d’enfance, et que le temps
s’arrête comme quand tout

allait de soi, tout, quand partir n’était encore
qu’une autre façon de rester

comme l’eau dans la rivière, les mots dans le poème
et moi, toujours en partance

entre l’encre et les étoiles, à rebrousser sans fin
le chemin de tes larmes

(Guy Goffette)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Isabelle Charpentier

 

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La jeunesse (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2015



La jeunesse
(Ainsi te paraissait)
Requiert un lien ardent •
Mais tant de jours passaient
Où j’étais avec toi • serein et constant.

Tu parlais !
Je m’en effraie un peu •
Comment ! – peut donc produire
Tant de hâte et de feu
Le vide chant • la joie d’enfant et son rire !

Et après
(Crois-le j’en eus pitié !)
Encor du doigt ce geste d’ange
Encor douce la pose de ton pied •
La dédaignée reçut toutes mes louanges.

Ô ma sœur !
Le nom t’agaçait ?
Que lorsque je m’en vais
Sur un sentier jamais rebroussé
Pour fiançailles nous ayons le Secret.

***

Die jugend
(So bedäucht es dich)
Heischet ein heisses band •
Doch tag urn tag verblich
Wo ich gelassen bei dir ging und stand.

Du sprachest!
Ich erschrecke fast •
Wie! — kann entfachen
So viele glut und hast
Der leere sang • das kindesfrohe lachen!

Und danach
(Glaube mir ich litt)
Sanft noch dein finger wob •
Dein fuss so sanft noch schritt •
Erst der verschmähten ward mein volles lob.

O schwester!
Dir missfällt der ruf?
Sei wenn ich scheide
Auf nie gewandtem huf
Das rätsel ein verlöbnis für uns beide.

(Stefan George)


Illustration: Francine Van Hove

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