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Poésie

Posts Tagged ‘recherche’

Le toit au-dessus de la tête (Walter Helmut Fritz)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021



Illustration 
    

Le toit au-dessus de la tête

Toujours à la recherche
du toit au-dessus de la tête
– une entrée, un escalier,
quelques pièces –
mais existe-t-il ?
Peut-être n’existe-t-il pas,
peut-être n’existe en fait
que le toit de nos rêves.

***

Das Dach überm Kopf
Immer auf der Suche
nach dem Dach überm Kopf
– ein Eingang, eine Treppe,
einige Räume –
aber gibt es das ?
Vielleicht gibt es das nicht,
vielleicht gibt es tatsächlich
nur das Dach unserer Träume.

(Walter Helmut Fritz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Werkzeuge der Freiheit –
Traduction: Traduit de l’allemand par Laurent Margantin
Editions:

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LE LECTEUR PRESSÉ (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



    

LE LECTEUR PRESSÉ

Que viens-tu faire ici
lecteur ?
Tu as ouvert sans ménagement
ce livre
et tu remues fébrilement le sable des pages
à la recherche
de je ne sais quel trésor enfoui
Es-tu là pour pleurer
ou pour rire
N’as-tu personne d’autre
à qui parler
Ta vie
est-elle à ce point vide ?
Alors referme vite ce livre
Pose-le loin du réveille-matin
et de la boîte à médicaments
Laisse-le mûrir
au soleil du désir
sur la branche du beau silence

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON DE L’ÉTRANGER (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration : Pierre Faure
    

CHANSON DE L’ÉTRANGER

Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.
A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps ?
Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer

devenue l’eau glacée des tombes.
Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.
Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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À la recherche du sommeil (Lisandri Kola)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration
    

À la recherche du sommeil

J’ai cherché dans l’obscurité le sommeil que j’avais perdu
je l’ai trouvé pendu à la poche de ma chemise accrochée à une patère
— recroquevillé, en quelque sorte.

Pourquoi ne prends-tu pas possession de mes yeux
et me joues-tu des tours ô toi sommeil?
Je reste là à me retourner dans mon lit
torturé par des pensées aussi éloignées que deux continents

Cela te laisse-t-il donc indifférent?

Reprends ton ombre qui glisse sur les murs
Et décampe là où la solitude s’étrangle…

(Lisandri Kola)

Traduit de l’albanais par Évelyne Noygues.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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À la base, Le minéral (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
À la base,
Le minéral.

Toutes ces lignes, ces courbes,
Ces circonvolutions

Qui sur la terre prennent du corps,
Deviennent des formes,

Traquées par les tensions
Qui traversent l’espace
Et le régissent, tensions

Entre le soleil proche
Et les milliards
D’astres à la recherche
De quelque chose à faire
De mieux.

La douceur, la tiédeur
La rondeur du sein

(Guillevic)

 

Recueil: Accorder poèmes 1933-1996
Traduction:
Editions: Gallimard

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La poésie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



    

La poésie, c’est la recherche
Passionnelle et comblée

De quelque chose que l’on sait
Ne jamais atteindre.

*

Quelque chose qui monte.

Peut-être seulement
Parce que c’est son heure.

*

Ouvre tes mains pour voir
Si tu caresses quelque chose

Où va s’incarner
Le nouvel instant

Que tu épouseras
Durablement.

L’instant tel que jamais
Il n’y en eut.

(Guillevic)

 

Recueil: Accorder poèmes 1933-1996
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et l’hirondelle ? (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2020




    

Et l’hirondelle ?

Elle va, vient, tourne, revient,
Bec ouvert sans doute,
A la recherche de sa proie,

Crie parfois,
Se repose peu.

Le pigeon s’agite moins,
Reste souvent immobile sur une branche,

Attendant que monte en lui
Le roucoulement.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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La poésie est appel au secours (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



La poésie est appel au secours
et recherche de communion.

Notre cheminement,
pour solitaire qu’il soit,
est semé de rencontres et de partages .

Tant d’êtres qui nous ont enrichis
et sans qui nous ne serions pas.

(François Cheng)

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CETTE ÉCHARDE DE NÉANT (Carolyn Mary Kleefeld)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Carolyn Mary Kleefeld
    
CETTE ÉCHARDE DE NÉANT

Oh toi si éloigné
mais pourtant si intime dans
ta manière sereine de me posséder
Aimerais-je l’inconnu,
plutôt que toi ?

Est-ce la distance que nous gardons
qui fait naître notre intimité ?

Oh inconnu,
pourquoi ta voix enferme-t-elle
une telle richesse –
une richesse qui dilate
mon cœur faiblissant ?

Oh souffle de vie
suis-je à la recherche des étoiles
d’un rêve qui ne se réalisera jamais ?

N’y a t- il que cet oubli
de l’autre côté de la mort ?

Arrache-moi des ombres
qui décapent ma vie.

Prends-moi, enlace-moi
dans cette écharde de néant
où durant un instant
l’on ressent la perfection

***

THAT SLIVER OF NOTHINGNESS

O you, who are so distant,
yet so intimate in
your silent possession of me
Am I loving the unknown,
rather than you?

Is it the distance we keep
that breeds our intimacy?

O unknown one,
why does your voice
hold such richness –
a richness that brightens
my waning heart?

O breath of life,
am I searching for the stars
of a dream never to be?
Is there only this oblivion
outside of death?

Lurch me from the shadows
that leach my life.

Take me, embrace me
in that sliver of nothingness
that for a moment,
can feel so complete.

***

ESSA ESTILHA DO NADA

Ó, tu que estás tão distante,
mas tão íntimo na
tua silenciosa possessão de mim
estou amando o desconhecido
em vez de ti?

É a distância que mantemos
que gera a nossa intimidade?

Ó, desconhecido,
porque a tua voz tem
tais riquezas –
riquezas que iluminam
o meu coração minguante?
Ó, sopro da vida,

estou buscando as estrelas
de um sonho que nunca será?
Existe só este esquecimento
além da morte?

Tira-me das sombras
que misturam a minha vida.
Toma-me, abraça-me,
nessa estilha do nada
que por um momento
pode sentir-se tão completa.

***

ARGINTUL ACESTA VAN

Oh tu, care îmi ești străin,
și cunoscut deopotrivă
tăcut mă iei în stăpânire
oare iubesc necunoscutul,
cu mult mai mult decât pe tine?
E oare spațiul dintre noi
cel care dorul ni-l nutrește?
Oh tu, necunoscutul meu,
de ce îmi pare glasul tău
bogat nespus în nestemate
de ce când inima-mi inundă,
lumina lor, ea tot descrește?
Oh, tu suflare-a vieții mele,
deși te caut printre stele
ai să rămâi numai un vis?
E-adevărat că doar uitarea
va dăinui când vom pleca?
Dezleagă-mă de-acele umbre
care m-au prins în mreaja lor.
Cuprinde-mă-n îmbrățișarea
argintului acesta van
să simt măcar pentru o clipă
că visul mi s-a împlinit.

***

DE SPLINTER VAN HET NIETS

O, jij, die zo ver weg bent,
maar toch zo intiem in
jouw, zwijgzaam bezit van mij bent─
Bemin ik het onbekende,
in plaats van jou?
Is het de afstand die we houden
die onze vertrouwelijkheid doet ontstaan?
O onbekende,
waarom bevat jouw stem
zo een rijkdom─
een rijkdom die opfleurt
mijn tanend hart?
O levensadem,
ben ik op zoek naar de sterren
van een droom die nooit plaats zal vinden?
Is er alleen dit vergeten
aan gene zijde van de dood?
Ruk mij uit de schaduwen
die mijn leven uitlogen.
Neem me, omhels me
in die splinter van het niets
die een ogenblik lang,
zo volkomen voelt.

***

ESA ASTILLA DE LA NADA

Oh tú, que estás distante, tan distante, tú,
pero tan íntimo en
tu silenciosa posesión de mí –
¿Estoy amando lo desconocido,
en lugar de a ti?

¿Es la distancia que mantenemos
la que engendra nuestra intimidad?

Oh, desconocido,
¿por qué tu voz tiene
tales riquezas –
una riqueza que ilumina
mi decadente corazón?

Oh, aliento de vida,
¿estoy buscando las estrellas
de un sueño que nunca se cumplirá?
¿Sólo existe este olvido
fuera de la muerte?

Sácame de las sombras
que disuelven mi vida.
Tómame, abrázame
en esa astilla de la nada
para que, por un momento,
pueda sentirme tan completa.

***

***

FLÍS AF ENGU

Ó þú sem ert svo fjarri
en samt svo náinn
þegar þú gagntekur mig orðalaust –
Elska ég hinn ókunna
fremur en þig?

Er það fjarlægðin milli okkar
sem elur af sér nándina?

Ó ókunni maður,
hvers vegna býr rödd þín
yfir slíkum auði –
auði sem lýsir upp
mitt veikburða hjarta?

Ó lífsandi,
leita ég að stjörnum
úr draumi sem aldrei verður?

Er aðeins hyldýpi
handan dauðans?

Hreinsaðu mig af skuggunum
sem má út líf mitt.

Taktu mig, umvefðu mig
þessari flís af engu
sem andartaksstund
getur virst svo fullkomin.

***

***

JENER SPLITTER DES NICHTS

O du, der du so weit entfernt bist
doch so innig
still von mir Besitz genommen hast –
Liebe ich das Unbekannte,
eher als dich?

Ist es der Abstand, den wir halten
der unsere Vertrautheit erzeugt?

O Unbekannter,
Warum enthält deine Stimme
solchen Reichtum –
ein Reichtum, der
mein verlöschendes Herz erhellt?

O Lebensatem,
suche ich nach den Sternen
eines Traumes der sich nie erfüllt?

Gibt es nur dieses Vergessen
jenseits des Todes?
Ziehe mich aus den Schatten
die mein Leben auslaugen.
Fasse mich, umarme mich
in diesem Splitter des Nichts
der sich für einen Augenblick,
so vollkommen anfühlt.

***

QUELL’ ESILE FILO DI NULLA

O tu che sei così distante,
eppure così intimo nel
tuo silenzioso possesso di me –
amo io lo sconosciuto,
invece di te?

È la distanza che manteniamo
che fa crescere la nostra intimità?

O sconosciuto,
perché la tua voce contiene
tanta ricchezza? –
una ricchezza che illumina
il mio scemante cuore?

O fiato di vita,
son io in cerca di stelle
di un sogno che mai si avvererà?
Esiste solo quest’oblio fuori della morte?

Tirami con forza dalle ombre
che sciolgono la mia vita.
Prendimi, abbracciami
in quell’esile filo di nulla
che per un momento,
può farti sentire completa.

***

***

***

 

***

(Carolyn Mary Kleefeld)

 

Recueil: ITHACA 615
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Américain / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Espagnol Rafael Carcelén / Persan / Islandais Thor Stefánsson / Indi Jyotirmaya Thakur / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Gaetano Cipolla / Arabe Sarah Silt / Japonais Naoshi Koriyama / Chinois William Zhou / Hébreu Dorit Wiseman /
Editions: POINT

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A LA RECHERCHE D’ESPACE (Zurinah Hassan)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Tineke Storteboom
    
A LA RECHERCHE D’ESPACE

Soudain il s’est levé
et a éteint les lumières.
Il a prétendu : « Cette chambre est plus grande dans l’obscurité
parce que nous ne pouvons pas voir les murs. »

J’ai rallumé la lumière,
en lui répondant : « A vrai dire c’est cette lumière qui est l’espace
et souvent nous sommes prisonniers
de murs que nous ne pouvons pas voir. »

***

LOOKING FOR SPACE

Suddenly he got up
And switched off the lights
Saying “This room is bigger in the dark
As we cannot see the walls”
I switched on the light again
Saying “This light is actually the space
And we are often imprisoned
by walls that we cannot see”.

(Zurinah Hassan)

Recueil: ITHACA 596
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache
Editions: POINT

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