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Poésie

Posts Tagged ‘récit’

Une boîte métallique (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019


 

Une boîte métallique
Dévale le raidillon

Et son récit

Aurait besoin pour le vallon
D’être traduit.

(Guillevic)

 

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Comme une pierre blanche au fond d’un puits, dort en moi un souvenir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Comme une pierre blanche au fond d’un puits,
Dort en moi un souvenir.
Je ne peux pas, je ne veux pas me battre :
Il est joie, il est souffrance.

Il me semble que si on regardait
De près dans mes yeux on le verrait.
On se sentirait plus triste et plus pensif
Que celui qui entend le douloureux récit.

Je sais que les dieux ont transformé
Des hommes en objets, sans tuer la conscience.
Pour que vive à jamais ce miracle de douleur,
Tu es transformé en un souvenir.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Un petit mot à dire (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



 

Gao Xingjian p

Un petit mot à dire

Même quand il semble que la journée
a passé comme une aile d’hirondelle,
comme une poignée de poussière
jetée et qu’il n’est pas possible
de ramasser et que la description
le récit ne trouvent nécessité
ni écoute, il y a toujours un mot
un petit mot à dire
ne serait-ce que pour dire
qu’il n’y a rien à dire.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Chant de l’Âme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



Chant de l’Âme

transparent et dévasté
il ouvre
le fond des mondes

ouvre
les étoiles
aimantées
aux gravats du coeur

il marche
vers l’intérieur de soi
par foulées
d’incantations

marche
vers les tables de l’abandon

où il faut
revenir
fièvre en haleine
aux récits du ciel sombre

où il faut
obstinément
revenir
en poignées d’infini

recueillant
des passages ciel-terre
des sommeils
renversés

obstinément

rendre grâce
aux livres d’épreuves
aux caps d’engouffrement
tatouage de ruines
et poudre de vie

il montre
ce qui fleurit sans fin
dans l’ombre
bleue

à l’affût de lui-même
à l’affût du très vif

la pulpe
d’arc-en-ciel
sépulture de rosée
sur la montagne des vivants

(Zéno Bianu)


Illustration

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Pour toi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Pour toi

Tu ris dans le soleil
Et dans le vent salé
Et sous la pluie des lampes

Je dessine pour toi
Un beau jardin de fleurs
Sous mille gouttes d’eau

Les nuages écrivent
Sur la page du toit
Des récits de voyages
Que nous ne ferons pas
Mais je sculpterai pour toi
De beaux oiseaux de pierre.

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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QUI PARLE ? (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Frederick McCubbin
    
QUI PARLE ?

Qui parle ?
Voix venue de quelle enfance au fond de l’enfance
(tel un jardin abandonné tout au fond des taillis noirs où nul
jamais ne se hasarde).
Quel est ce récit où l’oubli, le mensonge et les paroles folles
se mêlent selon l’ennui, la chance ou le regret ?

Où commence ce qui fut, où s’achève ce qui jamais n’advint ?
La vérité pourtant, la vérité peut-être,
éclat furtif, parfois,
promesse ou défi.

Qui murmurait ? qui écoute ?
Cortège de souvenirs, fables dans le futur,
silence toujours trop vide ou trop lourd,
jadis et demain échangent leurs couleurs.

Du sang, des mots, du temps :
énigme
familière, décevante, et sacrée.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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Le Tung-whang-fung (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



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Le Tung-whang-fung

La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N’ouvre qu’à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l’oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

Et l’oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
Et la fleur est de pourpre, et l’oiseau lui ressemble,
Et l’on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
Si c’est la fleur qui chante, ou l’oiseau qui fleurit.

Et la fleur et l’oiseau sont nés à la même heure,
Et la même rosée avive chaque jour
Les deux époux vermeils, gonflés du même amour.
Mais quand la fleur est morte, il faut que l’oiseau meure.

Alors, sur ce rameau d’où son bonheur a fui,
On voit Pencher sa tête et se faner sa plume.
Et plus d’un jeune coeur, dont le désir s’allume,
Voudrait, aimé comme elle, expirer comme lui.

Et je tiens, quant à moi, ce récit qu’on ignore
D’un mandarin de Chine, au bouton de couleur.
La Chine est un vieux monde où l’on respecte encore
L’amour qui peut atteindre à l’âge d’une fleur.

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
«Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu, quand
nous ne lirons plus les grands récits. »
Cette fausse prophétie s’est logée dans ma mémoire,
parce que nous jouons souvent à nous faire peur,
et parce que certaines phrases refusent de tomber dans l’oubli.
Je les lance ici à la volée, comme des cendres
qu’on disperse au-dessus de la page blanche.

Phrases inachevées ou sans début, ce sont mes étoiles
filantes, qui traversent en plein jour le ciel de la pensée.
Je forme un voeu quand je les aperçois :
le voeu de ne pas les abandonner aux ténèbres,
ni de me laisser entraîner dans leur course à l’abîme.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que l’enfantin récit (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Lewis Carroll
    
Que l’enfantin récit, par ta main caressé,
Soit bien reçu, Alice ;
Dépose-le avec les rêves du passé
Qu’entrelace Mémoire,
Comme ces fleurs qui, par le pèlerin tressées,
Meurent loin de leur sol.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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ÎLES (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

ÎLES

I
Belles, dans votre haleine
le vent se baigne nu

Vent déjouant les ombres
rêvant au creux de l’aine.

*
L’âme la voix s’épuisent
toute la chair à prendre

Silence empli de flamme
le désir s’y aiguise.

*
Aux laisses de la mer
le sel les accapare

Éclat qu’il thésaurise
pour la soif le regard.

*
Rire, émail mouillé
bu d’une bouche l’autre

Tu mords la beauté pure
vêtue de sueur

*
Le corps offert le coeur
y battant sa chamade

L’eau l’écume s’étonnant
du sang que tout affame.

(Claude Michel Cluny)

Illustration

 

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