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Poésie

Posts Tagged ‘reclus’

Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut,
J’accompagnerai mon mari chez sa belle
Puis je coucherai mon enfant,
Content, fatigué.

Et de nouveau, dans la chambre glacée
Je prierai la Mère de Dieu…
Dur, dur de vivre recluse,
Plus dur encore d’être gaie.

Si seulement rêvait en moi le rêve de feu :
J’entrerais dans l’église haute,
En pierre blanche, à cinq coupoles,
Par les sentiers dont j’ai mémoire.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Pâle la lune (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




Debout sur la lande boisée
Au soir, fatigué du chemin,
Là où fleurit l’oeillet rouge
Et la rose.

Sombre et reclus,
Entouré par la pinède nocturne,
Une sauvage et haute vision
Passe devant moi en glissant.

Un doux tintement de cloches
S’élève de la vallée ;
Est-ce un moine qui mélancoliquement
Tire la corde pour sonner ?

Est-ce avec nostalgie qu’il regarde
Le voyageur fatigué
Qui dans le crépuscule
Rougeoie comme un saint ?

Je me suis assis sur un rocher
Des heures durant
M’efforçant d’entendre dans mon souvenir
Une pleine volée de cloches.

Suis-je le moine, ou le voyageur,
Jamais plus je ne l’ai su.
Sur les cimes passait en glissant
Pâle la lune.

(Friedrich Nietsche)

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immobile yeux clos (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



immobile yeux clos
reclus au plus intime
m’épuisant à mourir
me préparant à naître
scrutant l’invisible
jusqu’à l’hébétude

ou je déambule par les rues
aussi vivant qu’une pierre
le regard vitreux
miné par l’à quoi bon
de tant d’heures inutiles

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Le lierre (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Arbreaphotos
Cimetière de Recoleta
    
Le lierre
Dans la Recoleta, Buenos Aires

Mer d’oreilles attentives, que te dit-elle la pierre ?
Tu glisses sur les tombes, tu collectionnes des noms,
tu frissonnes quand le vent de l’été te réveille

pour explorer tes mains et leur ravir les voix
que tu rassembles minutieux, masquant le temps,
veilleur des dialogues et des adieux fiévreux.

Ton rêve solitaire veille sur les tombes
ô origine des langues, ô lierre frémissant
où peu à peu la nuit des morts se réunit —

En vain les jeux de la tempête te réclament ;
les fontaines de lumières et les statues du jour
depuis longtemps t’attendent pour s’offrir dénudées

tandis que toi, reclus, tu habites les stèles.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Vie recluse (Wei Ying-wu)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Vie recluse

Une humble cour entourée de bambous dépouillés
Les orchidées aux tiges cassées après le vent-pluie
Au profond des feuillages chantent les oiseaux
Sur les mousses vertes nulle trace humaine

Au pavillon Hirondelles durable est le jour
Les arbres sont lourds de fruits en été
Sur ma table s’accumulent des livres rares
Je m’y plonge à l’heure claire près d’une croisée

(Wei Ying-wu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Pire Saison (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2017



Pire Saison

Je déteste l’hiver au plumage de givre,
Il rend le coeur fébrile et les nerfs sans influx
Et, menant au regret des bonheurs révolus,
Donne le sentiment de tout juste survivre.

Je vais encore prendre un médiocre livre
Dans la pile de ceux que j’ai quinze fois lus
Pour me plier au sort studieux des reclus,
Avec le vague espoir que l’ennui m’en délivre.

La neige a repoussé le monde loin, si loin
Du rayon de mes pas que je n’ai plus besoin
D’espérer divertir ma torpeur continue.

Face à la cheminée un fulgurant frisson
Me traverse le corps, et la flamme insinue
Que la fin de l’amour est la pire saison.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: Lucarne Poétique

Illustration: Ai Xuan

 

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IN MEZZO A VOI (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2016



PARMI VOUS

On manoeuvre selon des lignes internes,
parmi vous, compagnons,
locataires encombrants,
reclus consentants,
entre l’un et l’autre, rampant, aplatis
dans l’asphyxie de l’esprit,
parmi des lames mugissantes,
de venteuses prairies infinies.

***

IN MEZZO A VOI

Si manovra per linee interne
in mezzo a voi compagni
inquilini ingombranti
reclusi consenzienti
tra l’uno e l’altro strisciando appiattiti
nell’asfissia della mente
tra marosi mugghianti
ventose sterminate praterie.

(Bartolo Cattafi)

Illustration

 

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