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Posts Tagged ‘réconforter’

Tu ne désespéreras pas (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Tu ne désespéreras pas
Si je t’ai blessée
Ou si j’ai rejeté ton amour;
Il y a un amour plus grand que le mien
Qui te réconfortera
Qui posera sur toi des mains plus douces.
Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté;
Ton corps ne me réjouit plus,
Ni la splendeur de ta noire chevelure,
Mais je ne t’humilie pas;
Tu seras prise à nouveau avec douceur
Et réconfortée de tendre larmes;
Tu seras aimée suffisamment.

***

You shall not despair

You shall not despair
Because I have forsaken you
Or cast your love aside;
There is a greater love than mine
Which can comfort you
And touch you with softer hands.
I am no longer
Friendly and beautiful to you;
Your body cannot gladden me,
Nor the splendor of your dark hair,
But I do not humiliate you;
You shall be taken sweetly again
And soothed with slow tears;
You shall be loved enough.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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Gens perdus (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

 

Gens perdus

J’ai connu gens de toutes sortes
Comme disait Maître François
Froc de bure et robe de soie
Vieux messieurs et dames accortes.

Il n’est rien que le temps n’emporte
De ce qu’on donne ou qu’on reçoit
Amis disparus où qu’ils soient
Bouquets fanés ou feuilles mortes.

Leur souvenir pourtant m’escorte
Et chacun je m’en aperçois
M’a fait cadeau d’un peu de soi
Leur amitié me réconforte.

J’aime cette étrange cohorte
Dont personne ne me déçoit.
Au milieu de vous je m’assois
Amis perdus de toutes sortes.

(Jacques Charpentreau)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Aron Wiesenfeld

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Je voudrais vous donner quelque chose (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Illustration: Alexander Sigov
    
Je voudrais vous donner quelque chose,
qui vous réconforte vraiment,
mais je n’ai que des mots,
des noms, des choses non.

Mais ô lumière bienfaisante,
superbe lumière blanche, diffuse,
descendez sur elle et ne la privez
plus de votre céleste rayon.

Elle est si calme, si douce
comme vous et bien sûr
vous êtes pour elle — comme
l’eau pour un poisson.

Je ne sais si vous venez d’elle
lumière, lorsque sa bouche
reprend son souffle, ou si
de vous elle est venue
et hors de vous s’est figée.

Elle est comme le soleil doré du jour,
la dernière prière automnale
des arbres et des herbes
jusqu’au soleil, tout là-haut.

Elle flotte argentée
délicate lumière rougissante
lumière, haut dans le ciel,
dorée à l’automne.

Ses yeux grands-ouverts voient
au-delà de mon regard fixe,
elle éclaire d’or et d’argent
les visages des gens.

Elle ne connaît pas sa lumière,
elle est toute de tristesse,
je voudrais pouvoir lui donner quelque chose
éclairer l’obscurité de la vie.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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O Jean mon captif tiède d’usure (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Sarolta Bán h-01

O Jean mon captif tiède d’usure
Tu n’as même pas assisté au départ de ta jeunesse
quand elle lia avec des cheveux noirs sournoisement volés à ta tête
le reste de ta fraîcheur le reste de ta ferveur et de ta joie d’entreprendre
et partit sans laisser d’adresse
comme une amante fatiguée de toujours réconforter

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Sarolta Bán

 

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Un trille lointain (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



 

Un trille lointain.
Le rossignol ne sait pas
qu’il te réconforte.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE (Girard de Beaulieu)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE

Hélas que me faut-il faire
Pour adoucir la rigueur.
D’un tyran d’un adversaire,
Qui tient fort dedans mon cœur ?

Il me brûle, il me saccage,
Il me perce en mille parts,
Et puis me donne au pillage
De mille inhumains soldats.

L’un se loge en ma poitrine,
L’autre me suce le sang,
Et l’autre qui se mutine,
De traits me pique le flanc.

L’un a ma raison troublée,
L’autre a volé mes esprits,
Et tout mon âme comblée,
De feux, d’horreur et de cris.

En vains je répands des larmes,
Pour les pensers émouvoir,
Et n’y puis venir par armes :
Car ils ont trop de pouvoir.

Mais ce qui me réconforte
En ce douloureux émoi,
C’est que le mal que je porte
Lui est commun comme à moi.

***

Alas what must I do
To soften the severity
Of a tyrant, an adversary
Who stands powerfully in my heart?

He burns me, he pillages me,
He pierces me in a thousand parts
And then gives me over to the plundering
Of a thousand outrageous soldiers.

One lodges in my breast,
Another sucks my blood,
Yet another revolts and
Pricks my side with arrows.

One has clouded my reason,
Another has stolen my mind
And flled my whole soul
With fres, horror and cries.

In vain do I shed tears
Thinking to move them,
And I am unable to succeed by arms
For they are too powerful.

But what comforts me
In this painful emotion,
Is that the ill I bear
Is common to him as to me.

***

Ach! Was muss ich tun,
Zu mildern diese Strenge
Eines Tyrannen und auch Gegners,
Der tief in meinem Herzen sitzt?

Er brennet mich, er verheeret mich,
Er durchbohret mich an tausend Stellen
Und liefert mich dem Plündern
Von tausend Kriegern ohne Herz.

Der eine nistet in meinem Busen,
Der andre sauget mir das Blut,
Und noch ein andrer meutert,
Und mit seinen Pfeilen durchbohret mir die Seit‘.

Der eine hat mein‘ Sinn verwirret,
Der andre mir den Verstand gestohlen,
Und das Gemüt mir gefüllet
Mit Feuer, Horror und auch Schrei‘n.

Vergebens vergieße ich die Zähren,
Um zu erweichen sie damit.
Und kann‘s doch mit den Waffen nit‘,
Denn ihre Macht ist allzu groß.

Aber was mich tröstet
In der Trauer,
Ist, dass das Elend, das ich trage,
Ihm auch wie mir gemeinsam ist.

(Girard de Beaulieu)

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En cette nuit d’angoisse et de suées, j’attends la mort (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



En cette nuit d’angoisse et de suées,
j’attends la mort, je n’ai pas peur, j’attends

Que mon âme se déchire sous les assauts du vent soufflant sur ma vie,
Ma respiration devient le sifflement ténu d’une forge rauque,
En cette nuit je vois la mort distinctement se profiler entre ténèbres et lumière,
Or je revois toute ma vie, ma pauvre vie, en un éclair,
Se débattant dans le tournoiement de mon corps qui poursuit sa lutte d’avance perdue,
En cette nuit quelques prières m’accompagnent comme des lambeaux d’espérances lancées aux spectres qui me cernent,
Et les amis ne sont pas là pour me tenir la main et me réconforter,

je suis seul, tout seul face à la mort,
Je l’attends, je n’ai pas peur, j’attends,

En cette nuit j’attends que me vienne Joëlle, ma fiancée de l’ancien temps, celle que j’aime encore aujourd’hui,
Je sens ses cheveux blonds s’incliner sur ma joue, ses yeux verts sont grands ouverts,
Alors et seulement alors je peux partir et m’éloigner du monde,
En cette nuit soudainement illuminée d’amour.

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Avril (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2016



femme-endormie

Avril

J’entr’ouvre mon cœur au printemps qu’il fait.
Le soleil d’avril entre à pleine porte.
La lumière apaise, elle réconforte
Comme une musique au rythme parfait.

Tout s’endort qui souffre et se tait qui pleure.
L’espérance monte avec le soleil.
Comme du lointain d’un profond sommeil
Le rêve se lève en nous, pour une heure.

L’azur est si bleu, si doux au regard,
Si limpide l’air, si fraîche la brise…
On se croit entré soudain dans l’église,
Tant le jour est né pur de toute part.

Et l’encens des fleurs prochaines s’annonce
Par la tiédeur vague et fine du temps.
Et ma bien-aimée, ô subtil Printemps,
Est là qui sourit, tendre et sans réponse…

(Albert Lozeau)

 

 

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Un regard en arrière (Mary Low)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2016



Un regard en arrière

J’écoute le lent et continu tic-tac des ténèbres,
Et questionne, comme parfois jadis :
« Es-tu là ? »

Le vent bâille, je l’ennuie ;
sa longue main caressante
réconforte les feuilles énervées,
applatit leurs pennes.

De hautes ombres se dressent
comme statues contre le ciel.
La nuit est tombée sans qu’on s’en aperçoive.
Me voici seule, derechef.

« Es-tu là ? »
Bien sûr que non.
Personne n’est jamais là.
Je savais déjà la réponse.
Alors pourquoi questionner ?

Je referme mes lèvres sur l’air sans état d’âme,
j’accepte tout
j’embrasse l’obscurité.

Pas question de pleurer :
à mon âge les larmes coûtent cher,
trop dures à produire,
et regrettées ensuite comme diamants perdus.

Je sais que tu n’es pas là,
que tu ne le seras jamais plus.
Quelle différence, au fond ?
Donne-moi ta main.

(Mary Low)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr /

 

 

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Je me souviens (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016




Quand les choses vers la lumière s’avancent,
je n’ose demander si c’est le jour
Une si grande détresse en est cause
que rien ne me peut secourir.

Je me souviens d’un temps bien différent.
Le tourment ne pesait alors sur mon coeur.
Chaque matin me réconfortait le chant des oiseaux.
Mais si bientôt elle ne me vient en aide,
été comme hiver me dureront sans fin.

***

Sô ez iender nâhet gégen dem tage,
sô getár ich niht gefrâgen `ist ez tac’ ?
Daz kúmet mir vón sô grôzer klage,
daz éz mir niht ze helfe komen mac.

Dóch gedenke ich wol, daz ich sîn anders pflac
hie vór, dô mir diu sorge niht sô ze herzen lac.
Íemer an dem mórgen troeste ich mich der vogele sanc.
Mime kóme ir hélfe an der zît,
mir ist beidiu sumer unde winter alze lanc.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Christophe Renoux

 

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