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L’adieu (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



 

Illustration: Edvard Munch
    
L’adieu

Comme j’ai senti ce qu’adieu veut dire !
Comme je me rappelle encore ce quelque chose de sombre
d’intact et de cruel qui pour une dernière fois
nous rend conscients d’un très beau lien, puis le déchire.

Comme j’étais sans défense, pour la regarder
celle qui m’appelant me laissa m’en aller
restant derrière moi comme si elle était toutes les femmes
et pourtant petite et blanche et rien d’autre que ceci :

un signe de la main qui déjà n’était plus pour moi,
ce geste qui doucement se répétait, à peine
reconnaissable : peur-être un prunier
d’où un coucou venait de s’envoler en hâte.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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NUIT D’AVRIL (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



NUIT D’AVRIL

Aujourd’hui, nuit d’avril, sans lune,
Ma rue
Est une autre rue.

Peut-être parce que sombre entre toutes
Et parce que danse le vent d’est
La nuit d’aujourd’hui habille
Du manteau de l’aventure les choses familières.

Une rue nouvelle détruisit la rue ordinaire.
Comme si elle avait toujours secrété ce parfum
De vent d’est et de printemps,
L’ombre des murs attend
Quelqu’un de reconnaissable.

Et parfois le silence tremble,
Comme si c’était l’heure du passage de celui
Qui aujourd’hui justement ne vient pas.

***

NOITE DE ABRIL

Hoje, noite de Abril, sem lua,
A minha rua
É outra rua.

Talvez por ser mais que nenhuma escura
E bailar o vento leste
A noite de hoje veste
As coisas conheci das de aventura.

Urna rua nova destruiu a rua do costume.
Como se sempre nela houvesse este perfume
De vento leste e primavera,
A sombra dos muros espera
Alguém que ela conhece.

E às vezes, o silêncio estremece
Como se fosse a hora de passar alguém
Que só boje não vem.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Mes poèmes m’arrivent de bien plus loin que moi-même (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Je ne cèle point que mes poèmes
m’arrivent de bien plus loin que moi-même
et que, vous autres, je vous entretiens d’un monde fugace,
inaccessible comme un feu d’herbes et tout environné de maléfices.

Je vous fais voir un pays sans horizons possibles,
mais maintes fois reconnaissable,
au chef orné de garance et de pourpre.

(René-Guy Cadou)

 

 

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