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Posts Tagged ‘reconnaissance’

La Présence était bleu spectral (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Les murs ne tombent pas
[13]

La Présence était bleu spectral,
ultime rayon bleu,

rare comme le radium, aussi palliative ;
mon ancien ego, qui m’enveloppait,

était suaire (je parle de moi individuellement
mais j’étais entourée de compagnons

dans ce mystère) ;
êtes-vous surpris que nous soyons fiers,

distants,
indifférents à votre bien et mal ?

le péril, étrange rencontre, étrangement enduré,
nous marque ;

nous nous reconnaissons
par des symboles secrets,

mais, isolés, sans voix,
nous nous croisons sur le trottoir,

sur le palier dans l’escalier ;
bien qu’aucun mot ne soit échangé,

il y a une subtile appréciation ;
même après un bref salut hargneux

ou sans même parler,
nous connaissons notre Nom,

nous initiés sans nom,
nés d’une seule mère,

compagnons
de la flamme.

***

The Presence was spectrum-blue,
ultimate blue ray,

rare as radium, as healing;
my old self, wrapped round me,

was shroud (I speak of myself individually
but I was surrounded by companions

in this mystery) ;
do you wonder we are proud,

aloof,
indifferent to your good and evil?

peril, strangely encountered, strangely endured,
marks us;

we know each other
by secret symbols,

though, remote, speechless,
we pass each other on the pavement,

at the turn of the stair;
though no word pass between us,

there is subtle appraisement;
even if we snarl a brief greeting

or do not speak at all,
we know our Name,

we nameless initiates,
born of one mother,

companions
of the flame.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Odilon Redon

 

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Que notre reconnaissance se transforme en étoiles (Eléonore Sioui)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



images
    
Que notre reconnaissance
Se transforme en étoiles
Pour vous
A chaque jour de l’An Nouveau
Que les fleurs d’amitié et de
Reconnaissance qui prennent vie
Le long des lacs et des rivières de nos bois
Embellissent de leurs secrets
Tous vos moments en cette Nouvelle Année.

Marouane

(Eléonore Sioui)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

 

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MESSAGE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




MESSAGE

Regarde, enfant bien-aimé, dans mes yeux, et vois
Ton être, reflété dans cette eau vivante :
De ses lacs profonds toutes les images de la terre sont nées.
Vois, dans le regard qui te tient avec tendresse
Tout ce que tu as été, es, et seras jamais.
Reconnaissance au-delà du temps et de l’apparence,
L’amour sait le visage que chaque âme tourne vers le ciel.

***

MESSAGE

Look, beloved child, into my eyes, see there
Your self, mirrored in that living water
From whose deep pools all images of earth are born.
See, in the gaze that holds you dear
All that you were, are, and shall be for ever.
In recognition beyond time and seeming
Love knows the face that each soul turns towards heaven.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Longue promenade (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Annette Poupard  (60)

Longue promenade.
Collines avec la mer au fond.
Et le soleil délicat.
Dans tous les buissons, des églantines blanches.
Grosses fleurs sirupeuses, aux pétales violets.
Retour aussi, douceur de l’amitié des femmes.
Visages graves et souriants de jeunes femmes.
Sourires, plaisanteries et projets.

On rentre dans le jeu.
Et, sans y croire, tout le monde sourit aux apparences
et feint de s’y soumettre.
Pas de fausses notes.

Je tiens au monde par tous mes gestes,
aux hommes par toute ma reconnaissance.

Du haut des collines
on voyait renaître sous la pression du soleil
des brumes laissées par les dernières pluies.
Même en descendant à travers bois,
en m’enfonçant dans cette ouate,
le soleil se devinant au-dessus et cette miraculeuse journée
dans laquelle les arbres se dessinaient.

Confiance et amitié,
soleil et maisons blanches,
nuances à peine entendues,
oh ! mes bonheurs intacts qui dérivent déjà
et qui ne me délivrent plus dans la mélancolie du soir
qu’un sourire de jeune femme
ou le regard intelligent d’une amitié qui se sait comprise.

(Albert Camus)

 Illustration: Annette Poupard 

 

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Doux est le regard de la jeune fille (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration
    
Doux est le regard de la jeune fille qui te fait signe,
Doux le regard du buveur au moment où il va boire,
Et le salut du seigneur qui pourrait commander,
Et le rayon du soleil d’automne qui nous réchauffe.
Mais plus doux que tout cela garde
Toujours présent à tes yeux, comment, vers un modeste don,
S’allonge si gentiment une main indigente,
Recevant avec une gracieuse reconnaissance ce que tu lui tends.
Quel regard ! Quel salut ! Quel désir éloquent !
Regarde-le bien, et tu donneras toujours.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Le mouvement (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



le mouvement

un groupe de piétons
très proches au feu rouge
fait rêver qu’on les garde
pour une scène de reconnaissance
dont pourraient faire partie
quelques bruits d’avertisseurs
puis ils enjambent le caniveau
et disparaissent
à la pointe de ce que l’on croyait savoir

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Le jardin de la rive intérieure ou la Spirée (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Le jardin de la rive intérieure
ou la Spirée

Les branches fleuries de ma spirée respirent
doucement dans le vent.
Ce buisson éblouissant de beauté dessine dans
mon coeur la présence infinie de ma félicité.
Chaque fois que la spirée murmure sa joie
si tremblante et fragile dans le printemps,
je retrouve un passé qui s’impose et se fond
dans l’heureux aujourd’hui.
Il suffit de porter quelques instants son attention sur
elle, sur le cadeau qu’elle représente,
pour discerner sa parole, dissimulée en cet étincellement
glorieux qui s’offre sans condition.

Quand la reconnaissance s’établit un mur tombe
et laisse fleurir de merveilleuses retrouvailles.
Est-ce un passé lointain qui se rappelle à la mémoire
ou bien l’avancée vers un monde inconnu ?
Le voyage est sans direction et s’immerge dans le présent.

La beauté passagère et pourtant infinie de n’importe
quel organisme vivant parle un langage que nous avons
à découvrir ou bien à reconnaître.

Au jardin de la rive intérieure les espèces minérales,
végétales, animales ou humaines se rencontrent
dans le partage d’une même destinée.

Rien ne nous sépare si le coeur se réveille,
si l’âme s’ouvre à l’émerveillement de l’échange,
si la source jaillit dans la joie des origines.

(Marianne Dubois)

son site ici

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Larme du Christ (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    

Larme du Christ, enfermée en une pierre précieuse dans la cathédrale de Vendôme :

Cette bizarrerie ne fera rire que ceux qui n’ont jamais pleuré de beauté,
de reconnaissance et de ferveur.

Les mystiques qui ont connu la grâce des larmes,
les amants qui s’étreignent en pleurant
et tous ceux qui ont le cœur endeuillé
savent bien que ces gouttes d’eau apparemment banales
recèlent le plus précieux d’une existence humaine
parce que c’est une eau d’amour.

Si « tout coule » comme l’assurait le philosophe d’Ephèse,
rien ne demeure stable,
mais seul survit ce qui se joint au flot,
ce qui se baigne dans le fleuve jusqu’à s’y fondre.

Il reste à se faire larme pour devenir océan.

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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Etrange (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
Le verbeux m’a appris le silence,
le fanatique la tolérance
et le cruel la bonté.

Etrange,
je ne leur éprouve guère de la reconnaissance.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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