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Poésie

Posts Tagged ‘recouvrir’

Vagues (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    

Vagues

J’ai vu un Dieu minuscule
Assis
sous un parapluie bleu vif
Qui avait des glands blancs
Et des baleines d’or fourchues.
Au-dessous de lui
Son petit monde
S’expose au soleil.
L’ombre de Son chapeau
S’étale sur la ville.
Quand il étire Son bras
Un lac devient un sombre tremblement.
Quand il donne un coup de pied
Il fait nuit sur les cols des montagnes.
Mais tu es petit !
Il y a des dieux bien plus grands que toi ;
Ils s’élèvent et chutent,
Les dieux de la mer dévalant.
Ton coeur peut-il avoir de tels soupirs,
De tels cris sauvages et vains,
Un tel souffle venteux,
Une telle mort gémissante ?
Et ton bras peut-il envelopper
Le vieux,
Le froid,
L’immuable et épouvantable lieu
Où les hordes
De monstres de mer cornus
Et où les oiseaux hurlant
Se réunissent?
De ces hommes silencieux
Qui gisent dans
Nos prisons nacrées,
Peux-tu en faire ta proie?

Comme nous peux-tu rester
Attendant ton heure,
Et alors t’élever comme une tour
Et t’écraser et te fracasser?
Il n’y a ni arbres ni buissons
Dans mon pays,
Dit le Dieu minuscule.
Mais il y a des ruisseaux
Et des cascades
Et des pics montagneux
Couverts de jolies herbes.
Il y a de petites côtes et des ports sûrs,
Des grottes pour la fraîcheur et des plaines pour le soleil et le vent.
Joli est le son des rivières,
Jolie l’éclatante lumière
Des pics jolis.
Je suis satisfait.

Mais Ton royaume est petit,
Dit le Dieu de la Mer.
Ton royaume va choir,
Je ne peux te tolérer.
Tu es fier!
Avec un bruyant
Carillon de rires,
Il s’est redressé et a recouvert
Le pays du Dieu minuscule
De l’extrémité de sa main,
De la pointe de son doigt: Et après —

Le Dieu minuscule
Se mit à pleurer.

***

Waves

I saw a tiny God
Sitting
Under a bright blue Umbrella
That had white tassels
And forked ribs of gold.
Below him His little world
Lay open to the sun.
The shadow of His hat
Lay upon a city.
When he stretched forth His hand
A lake became a dark tremble.
When he kicked up His foot
It became night in the mountain passes.
But thou art small!
There are gods fargreater than thou;
They rise and fall
The tumbling gods of the sea.
Can thy heart heave such sighs,
Such hollow savage cries,
Such windy breath,
Such groaning death?
And can thy arm enfold
The o1d
The cold
The changeless dreadful place
Where the herds
Of horned sea-monsters
And the screaming birds
Gather together.
From those silent men That lie in the pen
Of our pearly prisons,
Canst thou hunt thy prey?
Like us cant thou stay
Awaiting thine hour,
And then rise like a tower
And crash and shatter?

There are neither trees nor bushes
In my country,
Said the tiny God
But there are streams
And waterfalls
And mountain peaks
Covered with lovely weed
There are little shores and safe harbours,
Caves for cool and plains for sun and wind.
Lovely is the sound of the rivers,
Lovely the flashing brightness
Of the lovely peaks.
I am content.

But Thy kingdom is small
Said the God of the Sea.
Thy kingdom shall fall,
I shall not let thee be.
Thou art proud
With a loud
Pealing of laughter,
He rose and covered
The tiny God’s land
With the tip of his hand
With the curl of his fingers:
And after—

The tiny God
Began to cry.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Dernier amour (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2021




    
Dernier amour

Oh, que l’amour, au déclin de la vie,
Se fait plus tendre et sensible aux présages…
Brille, brille, lumière à l’agonie
Du dernier amour, du couchant de notre âge !

Le ciel est à demi recouvert par la nuit,
Seule erre une lueur là-bas vers l’occident,
Ralentis, ralentis, ô soir de notre vie,
Demeure, demeure encore, enchantement.

Le sang peut bien couler dans nos veines plus froid,
Dans nos coeurs brûle encore la tendresse…
Toi, le dernier amour, tu es à la fois
Suprême bonheur et suprême tristesse.

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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Recouvrez le miroir (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

Recouvrez le miroir
condamnez enfin cette porte
Je ne veux plus voir au fond du couloir

(Paul Gilson)

Illustration

 

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L’anorexie de l’existence (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’anorexie de l’existence

Je n’ai pas faim, je n’ai pas mal, je ne sens pas mauvais
peut-être que je souffre au fond de moi sans le savoir
je fais semblant de rire
je ne désire pas l’impossible
ni le possible, les corps à moi interdits
ne rassasient pas mon regard.
Vers le ciel quelque fois
je regarde avec envie
à l’heure où le soleil perd son éclat
et où l’amant bleu se livre
à la séduction de la nuit.
Ma seule participation
au tourbillon du monde
est mon souffle bien réglé.
Mais je ressens aussi une autre
participation singulière
l’angoisse m’étreint soudain
à cause de la souffrance humaine.
Elle s’étend sur la terre
comme une nappe rituelle
qui trempée de sang
recouvre mythes et dieux
éternellement elle se régénère
et se confond avec la vie.
Oui, maintenant je voudrais pleurer
mais la source même de mes larmes
s’est tarie.

***

Η ανορεξία της ύπαρξης

Δεν πεινάω, δεν πονάω, δε βρωμάω
ίσως κάπου βαθιά να υποφέρω και να μην το ξέρω
κάνω πως γελάω
δεν επιθυμώ το αδύνατο
ούτε το δυνατό
τα απαγορευμένα για μένα σώματα
δε μου χορταίνουν τη ματιά.
Τον ουρανό καμιά φορά
κοιτάω με λαχτάρα
την ώρα που ο ήλιος σβήνει τη λάμψη του
κι ο γαλανός εραστής παραδίνεται
στη γοητεία της νύχτας.
Η μόνη μου συμμετοχή
στο στροβίλισμα του κόσμου
είναι η ανάσα μου που βγαίνει σταθερή.
Αλλά νιώθω και μια άλλη
παράξενη συμμετοχή∙
αγωνία με πιάνει ξαφνικά
για τον ανθρώπινο πόνο.
Απλώνεται πάνω στη γη
σαν τελετουργικό τραπεζομάντιλο
που μουσκεμένο στο αίμα
σκεπάζει μύθους και θεούς
αιώνια αναγεννιέται
και με τη ζωή ταυτίζεται.
Ναι, τώρα θέλω να κλάψω
αλλά στέρεψε ως και των δακρύων μου η πηγή.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction: Traduit du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis.
Editions:

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ÉLÉGIE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
ÉLÉGIE

Quel jardin habitent les vertes adolescentes ?
Quand elles chantent, leurs voix sont pures comme le cristal des collines ;
dans le silence du soir, quelle blanche obscurité les recouvre ?

Le prétexte du poème les poursuit.
Il leur donne l’éternité d’un chemin forestier,
en automne, parmi les troncs qui blanchissent.

Il entend leurs rires d’oiseaux
dans leur fièvre de partir.
La nuit tombe plus tôt.
Les champs ont abandonné l’écho des eaux,
le murmure indistinct d’un dieu.

Même un regard attentif ne reconnaît pas,
en ces fleurs piétinées par le couchant,
les lèvres que l’ombre a tues.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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IMAGE METRIQUE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

IMAGE METRIQUE

IL y a un oiseau dans les peupliers —
C’est le soleil !
Les feuilles sont de petits poissons jaunes
Nageant dans la rivière ;
L’oiseau les effleure :
Le jour est sur ses ailes.
Phénix !
C’est lui qui fait
Cette grande lueur parmi les peupliers.
C’est son chant
Qui recouvre le bruit
Des feuilles qui se heurtent dans le vent.

***

METRIC FIGURE

THERE is a bird in the poplars
It is the sun !
The leaves arelittle yellow fish
Swimming in the river ;
Thebird skims above them
Day is on his wings.
Phoenix !
It is he that is making
The great gleam among the poplars.
It is his singing
Outshines the noise
Of leaves clashing in the wind.

(William Carlos Williams)

Illustration: Claude Monet

 

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RELÈVE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
RELÈVE

À notre place
On a posé
Des soldats frais
Pour amorcer
La mort d’en face.
Il a fallu toute la nuit pour s’évader.
Toute la nuit et ses ténèbres
Pour traverser, suant, glacé,
Le bois martyr et son bourbier
Cinglé d’obus.
Toute la nuit à se tapir,
À s’élancer éperdument,
Chacun choisissant le moment,
Selon ses nerfs et son instinct
Et son étoile.
Mais passé le dernier barrage,
Mais hors du jeu, sur la route solide,
Mais aussitôt le ralliement
Aux lueurs des pipes premières,
Dites, les copains, les heureux gagnants,
Quelle joie titubante et volubile !
Ce fut la joie des naufragés
Paumes et genoux sur la berge
Riant d’un douloureux bonheur
En recouvrant tout le trésor ;
Tout le trésor fait du vaste monde
Et de la mémoire insondable
Et de la soif qu’on peut éteindre
Et même du mal aux épaules
Qu’on sent depuis qu’on est sauvé.
Et l’avenir ! Ah ! l’avenir,
Il sourit maintenant dans l’aube :
Un avenir de deux longues semaines
À Neuvilly dans une étable…

*

Ah ! les pommiers qui sont en fleurs !
Je mettrai des fleurs dans mes lettres.
J’irai lire au milieu d’un pré.
J’irai laver à la rivière.
Celui qui marche devant moi
Siffle un air que son voisin chante ;
Un air qui est loin de la guerre :
Je le murmure et le savoure.
Et pourtant ! les tués d’hier !
Mais l’homme qui a trébuché
Entre les jambes de la Mort
Puis qui se relève et respire
Ne peut que rire ou sangloter :
Il n’a pas d’âme pour le deuil.
La lumière est trop enivrante
Pour le vivant de ce matin ;
Il est faible et tout au miracle
D’aller sans hâte sur la route.
Et s’il rêve, c’est au délice
D’ôter ses souliers pour dormir,
À Neuvilly, dans une étable.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE VEUX ÊTRE TOUT EN AMOUR (Claribel Alegría)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020




    
JE VEUX ÊTRE TOUT EN AMOUR

Je veux être tout en amour
l’amant
la maîtresse
le vertige
la brise
l’eau qui reflète
et ce nuage blanc
fugitif
hésitant
qui nous recouvre un instant.

FRONTIÈRES

J’étais le nuage
et la pluie
et la mer
et je veux être le crépuscule
et le rempart
et toi.

***

Quiero ser todo en el amor…

Quiero ser todo en el amor
el amante
la amada
el vértigo
la brisa
el agua que refleja
y esa nube blanca
vaporosa
indecisa
que nos cubre
un instante.

Fronteras

Fui la nube
y la lluvia
y el mar
y quiero ser la tarde
y la muralla
y tú.

***

QUERO SER TUDO NO AMOR

Quero ser tudo no amor
o amante
a amada
a vertigem
a brisa
a água que reflete
e essa nuvem branca
vaporosa
indecisa
que nos cobre num instante.

FRONTEIRA

Fui nuvem
e chuva
e mar
quero ser a tarde
e a muralha
e tu.

***

VOGLIO OGNI COSA INNAMORATA

Voglio ogni cosa innamorata
l’amante
l’amato
stordimento
la brezza
lo specchio dell’acqua
e quella nuvola bianca
vaporosa
indecisa
che per un istante ci copre.

FRONTIERE

Ero la nuvola
e la pioggia
e il mare
e voglio essere la sera
e il muro
e te.

***

VREAU SĂ FIU TOTUL ÎN IUBIRE

Vreau să fiu totul în iubire
amantul
iubita
vertijul
briza
apa în care se reflectă
norul acela alb,
vaporos,
nehotărât,
care ne-acoperă
o clipă.

FRONTIERE

Am fost norul
și ploaia
și marea
și vreau să fiu înserarea
și peretele
și tu.

***

ΘΕΛΩ ΝΑ `ΜΑΙ Η ΑΓΑΠΗ ΣΕ ΟΛΑ

Θέλω να `μαι η αγάπη σε όλα
στον εραστή
η λατρευτή
ζάλη
η αύρα
ο καθρέφτης του νερού
κι εκείνο τ’ άσπρο σύνεφο
ατμός
αναποφάσιστος
που στιγμιαία σε καλύπτει

ΣΥΝΟΡΑ

Ήμουν το σύνεφο
κι η βροχή
κι η θάλασσα
και θέλω να γίνω το φεγγάρι
κι ο τοίχος
κι εσύ

***

IK WIL ALLES ZIJN IN DE LIEFDE

Ik wil alles zijn in de liefde
de minnaar
de minnares
de duizeling
de bries
het water dat weerspiegelt
en deze vluchtige
weifelende
witte wolk
die ons een ogenblik toedekt.

GRENZEN

Ik was de wolk
en de regen
en de zee
en ik wil de avond zijn
en de muur
en jou.

***

Пусть все любовью будет во мне

Пусть все любовью будет во мне,
и возлюбленная
и любовник
головокружение
и ветер с моря
зеркало моря
и это белое облако
такое тонкое
нерешительное
укрывшее нас на единый миг

Границы

Я была облаком
и была дождем
и была морем
и хочу быть закатом
и стеной
и хочу быть тобой

***

I WANT TO BE EVERYTHING IN LOVE

I want to be everything in love
the lover
the beloved
dizziness
the breeze
the reflecting water
and that white cloud
vaporous
indecisive
that covers us for an instant.

BORDERS

I was the cloud
and the rain
and the sea
and I want to be the noon
and the wall
and you.

***

ICH MÖCHTE ALLES IN DER LIEBE SEIN

Ich möchte alles in der Liebe sein
der Liebhaber
die Geliebte
der Taumel
die Brise
das glitzernde Wasser
und die weiße Wolke,
dampfend,
unentschlossen,
die uns einen Augenblick bedeckt.

GRENZEN

Ich war die Wolke
und der Regen
und das Meer
und ich möchte der Abend sein
und die Mauer
und du.

***

我想成为爱的万物

我想成为爱的万物
爱人者
被爱者
晕眩
微风
反光的水
和那朵朵白云
蒸汽缭绕的
那瞬间
覆盖我们的犹豫

边 界

我过去是云朵
与雨水
和海洋
而我想成为正午
与墙
和你。

***

Ez dixwazim di evînê de her tişt bim

Ez dixwazim di evînê de her tişt bim
evîndar
evînder
sergêj
şine
ava çirusî
û ewrê sipîye,
yê hulmayî,
bê biryar
yê bîhnekê dinyayê dinixumîne.

Sînor

Ez ew ewra bûm
ew barana
û zeryaya
lê ez dixwazim bibim êvar
û dîwar
û tu.

(Claribel Alegría)

 

Recueil: ITHACA 520
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol (Nicaragua) / Portugais José Eduardo Degrazia / Italien Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Anglais Stanley H. Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois Zhou Dao Mo / Kurde Husên Hebeş
Editions: POINT

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Parfois (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020



Parfois reste une bête
douce et triste en un coin vert
personne ne sait
d’où elle vient
de ses pattes à doigts griffus
elle foule une fleur très petite
sans la voir
puis la nuit recouvre tout

(Jean Follain)


Illustration

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Le visage recouvert (Kikaku)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2020


109951172330[2]

Le visage recouvert
il somnole sous la lune

(Kikaku)

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