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Posts Tagged ‘recroquevillé’

C’est vrai qu’il avait cru voir Dieu (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



C’est vrai qu’il avait cru voir Dieu.
Frappé de plein fouet par le rayon insoutenable
il s’était d’abord couvert la face de ses mains,
et la souffrance l’avait courbé en deux.

Maintenant il ne bougeait plus.
Recroquevillé sur lui-même, les yeux muets,
il se regardait dans le fleuve de paradis.

Les pierreries d’argent reflétaient son visage
mais renversé, décapité, flottant et figé.
Le vent soufflait si fort
qu’il avait retourné jusqu’aux feuilles d’acanthe en marbre.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

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La pluie bourdonne (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
La pluie bourdonne, la pluie —
et le sursaut
des feuilles quand tombe l’eau,
la pluie tombe, tombe, tombe.

Assis recroquevillé
dans la lumière lustrée au blanc
terni — ne plus faire
un geste ne pas réfléchir.

La pluie laisse des stries grises
dans le ciel lisse et couvert —
les rideaux pendent
tristement, la journée longue.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
SANS LIEU

sans lieu
sans mémoire
les stèles du vide
le suaire du ciel
ce qui s’abat
sur le corps du monde

sans lieu
sans pourquoi
les hautes nuées
de sang sombre
l’abandon recroquevillé
dans la lumière

sans lieu
sans voix
par coulée
au plus bas
la nuit sortie au jour

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans boussole
l’abîme d’en-haut
la poudre d’ombre
la pulpe de l’ébloui

sans lieu
sans cesse
rompre la mort
avec ceux qui transparaissent
vers les lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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LAISSE MON LOUP TRANQUILLE (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



LAISSE MON LOUP TRANQUILLE

Quand, recroquevillée sur ma solitude,
mes larmes coulent sur mes joues,
tu viens t’asseoir sur mes genoux, disant :
« Ne pleure pas, maman, tu verras :
je vais te le battre, papa ! »

Quand les vitres craquent sous l’orage
et que je tremble comme une petite fille,
toi, tu m’embrasses et me rassures :
« N’aie pas peur, tu sais,
je vais te les manger, les tonnerres ! »

Quand je te chuchote,
la nuit, saisie par la peur :
« Chérie, les cauchemars me hantent »,
tu clames haut et fort :
« Je vais te le tuer, le loup ! »

Ah, gentille petite fille,
laisse mon loup tranquille !

***

Veç ujkun mos ma vrit

Kur e strukur në vetminë time
Lotët faqeve më kullojnë,
Ti më futesh në prehër e më thua:
“Mami mos qaj, e rraf babin unë!”

Kur xhamat kërcasin prej qiellit
Që shfryn e ulërin,
Ti më pushton me doçkat e vogla
E më thua: I ha bubullimat unë!”

Kur unë të pëshpëris:
“Nga ëndrrat kam frikë!”
Ti në çast thërret:
“E vras ujkun unë!”

Ah, bija ime, e vogël e mirë,
Veç ujkun mos ma vrit!

(Rita Petro)

 

 

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