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Poésie

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Il fait doux et peut-être que tu passes par ici (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019



Il fait doux et peut-être que tu passes par ici
En disant: que ce soleil et tant d’espace
T’apaisent. Dans le vent pur tu peux
Entendre le temps en marche avec ma voix.
J’ai peu à peu recueilli et je porte
L’élan muet de ton espérance
Je suis pour toi l’aurore le jour entier.

***

Fa dolce e forse qui vicino passi
Dicendo: « Questo sole e tanto spazio
ti calmino. Nel puro vento udire
Puoi il tempo camminare e la mia voce.
Ho in me raccolto a poco a poco e chiuso
Lo slancio muto della tua speranza.
Sono per te l’aurora e intatto giorno

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Valérie Chevrier

 

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ORAISON (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




    
ORAISON
Dhyâna

Hier je suis revenu sans vous dire mot.

J’ai mis fin pour toujours
au duel entre espoir et désolation,
aux griefs accablants des envies excédées.

Au sombre ciel d’absence il fait soir.
Je vous contemple
vous tiens dans l’infini
dans l’absolu.

Le cours du monde n’est plus,
ni soleil ni lune
ni astre ni planète aucune ;
l’air se tient coi, nul tracé d’arbres
à l’horizon ne se dessine.

Point de gens ni de chuchotements,
le bruit des pas du temps aboli
arrêté l’instant inachevé
dont je ne compte pas les fragments.

N’est plus ni jour ni obscurité —
ni moi ni attache vous liant à moi.
Il n’y a ni plaisir ni peine ni crainte,
tout désir se trouve éteint —
une quiétude se sent
dans le silence du ciel.

Tout est en vous recueilli,
en vous solitaire —
dans mon esprit sans moi ne se profile
que l’intime vision de vous.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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Frappé le gong (Natsume Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Frappé le gong
Exhale dans l’air recueilli
Un moustique assoupi.

(Natsume Sôseki)

 

 

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Le mystère d’être (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Le mystère d’être

Je n’invente jamais rien
La vie est beaucoup trop riche
Pour qu’on lui ajoute quelque chose

Il suffit de croire au miracle
Et il s’impose
Dans la plénitude de son évidence

A elle seule cette conviction
Justifie la poésie
Le mystère d’être
Indissociable de la parole
Qui en témoigne

Raison de dire à qui veut bien le voir
Que cette nuit dans le jardin
Un renard s’est longuement recueilli
Devant les roses

Et qu’en s’en allant
L’auréole de la lune
N’en faisait plus qu’une
Avec la couronne d’épines
Sur sa tête

(Albert Strickler)

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La vache (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



 

La vache

Nuit et jour, elle bouge à la façon des branches
mais sans sortir tout à fait du sommeil.
Elle mange comme on dort, couchée et recueillie, travaillant son herbe.
Ainsi, de nuit, nous tirons notre journée du fond de nous-mêmes.

(Luc Dietrich)

 

 

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Dans la danse éperdue des atomes (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Nous qui serons passés
si vite et en tremblant
entre les deux lisières
qui n’aurons jamais su parler
nous serons là muettement éparpillés
tendrement recueillis
dans la danse éperdue des atomes.

(Jean-Paul Hameury)

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L’Idée Fixe (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Pierre Auguste Renoir Suzanne Valadon natte97

L’Idée Fixe

Je t’apporte une petite algue qui se mêlait à l’écume de la mer
et ce peigne
Mais tes cheveux sont mieux nattés que les nuages avec le vent
avec les rougeurs célestes et tels avec des frémissements de vie
et de sanglots que se tordant parfois entre mes mains
ils meurent avec les flots et les récifs du rivage
en telle abondance qu’il faudra longtemps pour désespérer des parfums
et de leur fuite avec le soir où ce peigne marque sans bouger
les étoiles ensevelies dans leur rapide et soyeux cours traversé
par mes doigts sollicitant encore à leur racine la caresse humide
d’une mer plus dangereuse que celle où cette algue fut recueillie
avec la mousse dispersée tempête.
Une étoile qui meurt est pareille à tes lèvres.
Elles bleuissent comme le vin répandu sur la nappe.
Un instant passe avec la profondeur d’une mine.
L’anthracite se plaint sourdement et tombe en flocons sur la ville
Qu’il fait froid dans l’impasse où je t’ai connue
Un numéro oublié sur une maison en ruines
Le numéro 4 je crois
Je te retrouverai avant quelques jours près de ce pot de reine-marguerite
Les mines ronflent sourdement
Les toits sont couverts d’anthracite
Ce peigne dans tes cheveux semblable à la fin du monde
La fumée le vieil oiseau et le geai
Là sont finies les roses et les émeraudes
Les pierres précieuses et les fleurs
La terre s’effrite et s’étoile avec le bruit d’un fer à repasser sur la nacre
Mais tes cheveux si bien nattés ont la forme d’une main.

(Robert Desnos)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

 

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Qui suis-je (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2015



Qui suis-je, lorsqu’une pensée profonde me
visite et que je m’attarde sur elle, recueilli,
les yeux fermés ?

Ce point d’où part le sommeil en moi,
la perte de conscience :
coeur de toute création et du rêve,
comment le rejoindre autrement qu’en défaillant?

(Roger Munier)


Illustration: Odilon Redon

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