Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘reculé’

Centrée (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
centrée
et combien
grave

tes yeux ta faim
comme un puits
un gouffre

immergés
tous deux
au plus reculé
d’un silence
qui repousse
le monde

la calme
tension
de ton écoute

prends
prends
mes mots

donnons-nous
du vivant

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Une alvéole exiguë (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Une alvéole
exiguë
au plus reculé
du plus enfoui

un silence
d’abîme

hors du temps
mêlé à l’humus
l’être se déploie
vague dans
le sans-limite

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Pourquoi cet obstiné refus du plaisir (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
Pourquoi cet obstiné
refus du plaisir
pourquoi ce refus de la vie

tout un pan
de la vieille Espagne
dans ce monastère
enfoncé sous la roche

mêlé à la roche
écrasé par la roche
San Juan de la Peña

enfoui je ne sais où
au plus reculé
de l’Espagne profonde

génération après génération
les centaines les milliers d’hommes
affamés assoiffés
qui ont dépéri là
loin de la femme
et de sa chair bienfaisante
loin des bontés des orages
des ivresses de la vie

pourquoi ce rejet
du corps
pourquoi ce mortel
refus de soi

pourquoi ces existences
verrouillées
acharnées à arracher
ce qui grondait
dans le sang
et voulait s’épanouir

le nécessaire bonheur d’être
se refuse aux âmes
et aux corps asséchés

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Dans les antres secrets (Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Je n’avais pas douze ans qu’au profond des vallées,
Dans les hautes forêts, des hommes reculées,
Dans les antres secrets, de frayeur tout couverts,
Sans avoir soin de rien, je composais des vers.
Je n’avais pas quinze ans que les monts et les bois
Et les eaux me plaisaient plus que la cour des rois.

(Ronsard)

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Approche (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    

Approche

Celui qui glisse vers l’autre rive
se surprend à exister,
léger de corps et de bagages.
Les pierres se font sources
et plus clémente est la neige
qui tranche net avec le ciel.
Ce que l’on peut alors soupçonner
rend crédible le moindre doute.

De ce point reculé du pays,
le regard trouble la lumière.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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