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Poésie

Posts Tagged ‘reculer’

On vit, on parle… (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
On vit, on parle…

On vit, on parle, on a le ciel et les nuages
Sur la tête ; on se plaît aux livres des vieux sages ;
On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement
En voiture publique à quelque endroit charmant,
En riant aux éclats de l’auberge et du gîte ;
Le regard d’une femme en passant vous agite ;
On aime, on est aimé, bonheur qui manque aux rois !
On écoute le chant des oiseaux dans les bois
Le matin, on s’éveille, et toute une famille
Vous embrasse, une mère, une soeur, une fille !
On déjeune en lisant son journal. Tout le jour
On mêle à sa pensée espoir, travail, amour ;
La vie arrive avec ses passions troublées ;
On jette sa parole aux sombres assemblées ;
Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend,
On se sent faible et fort, on est petit et grand ;
On est flot dans la foule, âme dans la tempête ;
Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fête ;
On arrive, on recule, on lutte avec effort… —
Puis, le vaste et profond silence de la mort !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Pleurer sur le couchant… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Illustration: Guy Baron
    
Pleurer sur le couchant…

Pleurer sur le couchant d’un glorieux soleil
qui dès l’aube prochaine dorera l’orient,
s’affliger que de vastes pouvoirs aient à céder au destin,
qui par cette chute même voient décupler leur force,
reculer devant la douleur et sa lutte amicale, sans laquelle
la joie ne pourrait être, faire une terreur de la mort
qui, souriante, nous invite à une autre vie au-delà
et sert de pont au souffle qui survit ;
le désespoir, l’angoisse et la douleur tragique
de ces yeux fixes et secs, ou ces larmes funestes
qui déchirent le coeur qu’elles voudraient soulager,
et toute la hideuse compagnie de nos humaines peurs
sont nés de la folie de croire que l’espace
d’une vie si frêle puisse restreindre l’homme immortel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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COMME DANS UN MIROIR (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



COMME DANS UN MIROIR

Les hirondelles
ralentissent
le crépuscule

où fleurissent
des glissements
de ciels

qui reculent
derrière le temps.

(Jean Mambrino)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Moineau mon bébé Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2019



    

(Kobayashi Issa)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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SONNET DE LASSITUDE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019




    
SONNET DE LASSITUDE

Je suis las d’être au gîte et suis las d’être errant,
Je suis las de mon masque et de mon vrai visage,
Je suis las d’être fou, je suis las d’être sage,
Je suis las d’être instruit, et las d’être ignorant.

Je suis las de déplaire et las d’être attirant,
Et las d’être fidèle et las d’être volage,
Je suis las d’être jeune et je suis las de l’âge,
Et je suis las de vivre et las d’être mourant.

Je suis las d’être moi, seul dans ma solitude,
Et las de mes pareils, las de leur lassitude;
Je suis las du hourrah, je suis las de l’hélas,

Las du temps qui recule et de l’heure indolente,
Las de la longueur longue et de la lenteur lente,
Las du lent, las du long, las du loin, las du las.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Je n’ai su parler que de moi (Rachel Bluwstein)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Je n’ai su parler que de moi.
Mon monde est exigu comme celui des fourmis,
Et j’ai chargé comme elles sur un bien faible dos
Un lourd et dur fardeau.

J’ai emprunté comme elles — pour grimper vers le faîte —
Une route marquée de peine et de dur labeur.
Une gigantesque main, hostile et assurée,
Se joue de moi et me fait reculer.

Ma peur secrète de la main gigantesque
Souvent m’a fait pleurer, dévier en chemin.
Pourquoi m’avoir appelée, rivages enchantés ?
Pourquoi m’avoir leurrée, clartés dans le lointain ?

(Rachel Bluwstein)


Illustration: Odilon Redon

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Qu’appelons-nous espace ? (Jean Paulhan)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




    
Qu’appelons-nous espace ?

… c’est ce qui nous entoure et à travers quoi nous pouvons avancer et reculer,
aller à droite et à gauche, un milieu parfaitement réel (sinon épais) où sont situés les corps,
bref une chose que nous révèlent nos yeux, nos, mains et nos mouvements.

… c’est aussi cette odeur épaisse de canard mouillé
que dégage la terre sous l’averse ; de lilas et de terre labourée,
les cheveux de femme.

(Jean Paulhan)

 

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Comme en septembre à Sceaux (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration
    
Comme en septembre à Sceaux

Aujourd’hui je descends et j’atteins la douceur
c’est d’un sceau qu’il s’agit
plaqué sur fond de veines
aujourd’hui je m’atteins où je passe parfois
et dis-moi
n’est-ce pas de septembre et de brume
que s’emperle ce parc

je –

Marche marche
dès la grille rouillée reculent les allées
dès l’orgueil humilié s’en revient l’oublié
le secret oublié
la douceur oubliée
marche marche
on te fait grâce des années.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le Rêve le plus proche (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Le Rêve le plus proche – recule – irréalisé –
Le Ciel que l’on poursuit –
Comme l’Abeille de Juin – devant l’Ecolier –
Invite à la Course –
Descend sur un Trèfle facile –
Plonge – échappe – agace – se déploie –
Puis – vers les Nues Royales –
Elève son léger Esquif –
Insoucieux du Garçon –
Qui contemple – ahuri – le Ciel moqueur –
Regrettant le Miel constant –
Ah – l’Abeille ne fuit point –
Qui fabrique cette rare variété !

(Emily Dickinson)


Illustration

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Je ne sais de quels temps reculés (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Neila Ben Ayed

    Je ne sais de quels temps reculés, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche.
Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.

Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s’est fait entendre;
ton messager est venu dans mon coeur et m’a secrètement appelé.

Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd’hui éperdue,
et une frémissante joie circule au travers de mon coeur.

C’est comme si le temps était venu pour moi d’en finir avec mon travail,
et je sens faiblement dans l’air un vestige odorant de ton exquise présence.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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