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Poésie

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Métaphore, image, son (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Sarolta Bán _n

Métaphore, image, son,
l’âme et la chair se concertent,
au loin on entend le Verbe
et l’écho redit son nom.
Cimetière des saisons
le printemps fait de beaux morts,
en l’honneur de ces garçons
battons les cymbales d’or.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Sarolta Bán

 

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Un passant marche est-ce moi ? (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration: Jean-Paul Vignot
    
un passant marche est-ce moi ?
et ta voix me redit tranquille :
oui marche
je ne suis pas femme pour un poème

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Lettre à la femme aimée au sujet de la mort Fresque peinte sur un mur obscur
Traduction:
Editions: Cheyne

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Aujourd’hui le soleil a rendez-vous avec la source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Aujourd’hui le soleil a rendez-vous
Avec la source

L’oiseau ne trouve rien à y redire
Son chant le certifie

Près du roc silencieux
Où elle donne ce qu’elle a reçu
Tout est présent
Poème

Clarté

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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À transmettre (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
À transmettre

Le seul et juste mot où tous nous irons boire
C’est une coupe immense, le vin y est diamant,
Nos lèvres seront rouges

C’est de vivre qu’il s’agit,

Vivre mon grand drapeau
Vivre comme le vent
Vivre mon joli mot
Vivre va partout

Leur dire, dire et redire

Que ton chant et ton sang
Et ton coeur et tes fleurs
Que ta chair et ton air
Et ton pain et ton vin

C’est de paix qu’il s’agit.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Écho (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration
    
Écho, juste et seule voix, obsédante rumeur.
L’écho redit. L’écho répète.
Il répond dans le même.
Il répond dans l’absence.
Voix répondante sans réponse au lieu de l’absence.

Qui répétant la question et la question de la question,
peu à peu la réduit, l’exténue, l’abolit
dans l’élément du Même.

(Roger Munier)

 

Recueil: Terre sainte
Traduction:
Editions:

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POSTE RESTANTE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



poste restante  -19

POSTE RESTANTE

On s’écrivait de tendres choses
Des mots pervers mais innocents
Et rouges comme notre sang
De les redire ici je n’ose

J’ai tenté de brûler ces pages
Rien à faire et je les relis
Tes arrondis les yeux remplis
De ces courbes à ton image

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

Quand tu me griffais de ta plume
Je restais tout pâle interdit
Sous ta griffe encore aujourd’hui
Ma fièvre ancienne se rallume

Depuis lors sous d’autres couleurs
J’ai battu je me suis fait battre
Ta guerre seule est opiniâtre
Tu m’avais fait battre le coeur

Un jour ma lettre me revint
Tu n’allais plus jusqu’à la poste
Tu avais déserté le poste
Et mes lettres partaient en vain

Et revenaient me prendre ailleurs
Ici là je changeais d’adresse
Et m’atteignaient dans ma détresse
Tous ces retours à l’envoyeur

Que monte une flamme nouvelle
Sur cette cendre désormais
Si tu vois combien je t’aimais
Entre tes lignes se révèle

Ce qu’hier je n’ai pas su lire
Il faut du temps pour faire un coeur
N’as-tu pas détruit par rancoeur
Ce qu’hier je n’ai pas su dire

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

(Guy Béart)

 

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LA PLAGE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



    

LA PLAGE

Sur la plage où blanchit la mer dans les ténèbres,
Où le figuier frémit sous le poids des oiseaux,
Un homme, à demi-voix, n’a prononcé qu’un mot :
Celui qui l’a reçu s’éloigne sous les cèdres.

Il est l’heure. Bacchus entreprend sa conquête.
Un rendez-vous l’accable et, comme un ruisseau sourd,
L’espace le pénètre. Il fit nuit. Fait-il jour ?
Qu’importe, dispersez les foyers de la fête.

Dans un pays de bois et de fraîches rivières
Un homme sent couler, dans ses veines, son sang.
Il connaît ce pays, ces hommes, leur accent.
Déjà l’odeur du sol lui était familière.

Sur la plage celui qui livra le secret
Gît avec un poignard entre les deux épaules,
Mais sa voix flotte encor sur l’eau, le long du môle
Et répète le mot d’où naquit son regret.

Sans cesse elle redit ces syllabes : Corinthe,
Et la terre gémit de langueur et de crainte.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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À quoi riment-elles tes rimes déguisées (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
À quoi riment-elles tes rimes déguisées
voudraient-elles débusquer lovée sous la mémoire
quelque heure pareille à la bête blessée
qui dans le fourré souffre et se tait ?

Ou quel reflet sur les miroirs du temps
rêvent-elles d’éveiller image d’un enfant
sans royaume autre que celui des nuages
et qui nous redirait la fable un instant apaisante
des chênes comme autrefois receleurs de secrets.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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La statue double fascinante-fascinée (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



Illustration: Constantin Brancusi
    
La statue double fascinante-fascinée
S’avance avec rigidité contre Elle-même
Je ne te comprends pas (dit-Elle) je me hais
De t’aimer et me sentir nue en ta voix noire
Je ne me comprends pas d’être si près de toi
Que je garde le sceau de ton corps sur mon sexe
Et que mes membres sont les fleuves de ta mort.
Mais (demande la voix) où est la bien-aimée ?
Rien ne répond sinon la profondeur pensive
De l’écho qui redit : où est le bien-aimé ?
Et jamais la statue de soi ne se délivre
Car elle est homme et femme inextricablement.

(Pierre Emmanuel)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: L’Âge d’Homme

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Ondée de mots (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Fabio Rieti
    

Ondée de mots
Trouées dans le silence

Rien à redire

La sécheresse
Est au coin de la rue

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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