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Poésie

Posts Tagged ‘redouter’

Chant de guerre (Chants Sioux)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Chant de guerre

Pour un loup
Je me prenais.
Mais je n’ai pas trouvé de nourriture,
Et ainsi
D’être resté debout
Je suis exténué.
Pour un loup
Je me prenais
Mais
Les chouettes
Hululent
Et
Je redoute la nuit.

(Chants Sioux)

 

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Chaque année plus longue (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




    
Chaque année plus longue, la fin de l’hiver
De cri en cri nous redoutons de suivre les mouettes
qui assaillent la ville les portes n’y font rien, fermées,
ni les corps repliés.
On ne respire que pour soi.

Petite fille, pas même un an, tournée vers la lumière,
pour la première fois nous lui désignons les oiseaux
et tout de suite elle avance les mains comme le souffle
et sur la vitre chaude, que devons-nous dire ?
palpite ou résonne un ciel aussi bleu que ses yeux.

(Pierre Dhainaut)

 

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Pavot noir (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Pavot noir

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil,
Les servantes de l’Ombre et les Magiciennes,
Dont les nocturnes yeux redoutent le soleil,
Respirent âprement tes langueurs léthéennes.

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil.

Tu te fanes parmi les âcres chevelures,
Et tu connais le rêve ardent des fronts maudits
Que jamais n’effleura, dans un bruit de ramures,
Le souffle des matins et des simples midis :

Tu te fanes parmi les âcres chevelures.

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir
Dont les prunelles sont froidement endormies,
Dont le coeur ennuyé dédaigne de choisir,
Et dont l’âme est pareille à l’âme des momies :

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir.

Ennui de l’aconit et de la belladone
Dans le soir où la voix des vieilles trahisons
Fait traîner, à l’égal d’un refrain monotone,
La fadeur et la fragilité des poisons !

Ennui de l’aconit et de la belladone !

(Renée Vivien)

 

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LE STATUAIRE ET LA STATUE DE JUPITER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE STATUAIRE ET LA STATUE DE JUPITER

Un bloc de marbre était si beau
Qu’un Statuaire en fit l’emplette.
« Qu’en fera, dit-il, mon ciseau ?
Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ?

Il sera Dieu : même je veux
Qu’il ait en sa main un tonnerre.
Tremblez, humains. Faites des voeux ;
Voilà le maître de la terre. »

L’artisan exprima si bien
Le caractère de l’Idole,
Qu’on trouva qu’il ne manquait rien
À Jupiter que la parole.

Même l’on dit que l’ouvrier
Eut à peine achevé l’image,
Qu’on le vit frémir le premier,
Et redouter son propre ouvrage.

À la faiblesse du sculpteur
Le Poète autrefois n’en dut guère,
Des dieux dont il fut l’inventeur
Craignant la haine et la colère.

Il était enfant en ceci :
Les enfants n’ont l’âme occupée
Que du continuel souci
Qu’on ne fâche point leur poupée.

Le coeur suit aisément l’esprit :
De cette source est descendue
L’erreur païenne, qui se vit
Chez tant de peuples répandue.

Ils embrassaient violemment
Les intérêts de leur chimère.
Pygmalion devint amant
De la Vénus dont il fut père.

Chacun tourne en réalités,
Autant qu’il peut, ses propres songes :
L’homme est de glace aux vérités ;
Il est de feu pour les mensonges.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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A mon Démon familier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: John Henry Fuseli
    
A mon Démon familier

Toi qui hantes mes nuits cruelles, ô Démon !
Qui vient ouvrir sur moi tes prunelles hagardes
Et qui te tiens debout clans la chambre et regardes,
Emporte-moi sur tes ailes de goémon !

Tu règnes sur mon coeur implacable et suprême !
Que le vent de la mer nous emporte tous deux
Dans le divin mépris des courants hasardeux,
O toi que je redoute et cherche, ô Toi que j’aime ! …

Les peuples sont petits et laids. Allons loin d’eux,
De leurs propos mesquins, de leurs coeurs infidèles.
Envolons-nous au bruit puissant des larges ailes
Que tu sais déployer dans le vent orageux !

Malgré le temps mauvais, debout dans la défaite,
Me voici faisant face à l’orage, à la mer…
O mon Démon, accours à ma voix, comme hier,
Et reconnais en moi ton Maître, le Poète ! …

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Aube (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Edvard Munch
    
Aube

Voici le matin clair… Mon âme ouvre les yeux.
De ses nocturnes yeux ouverts, elle regarde…
Avec cette stupeur tragiquement hagarde,
Redoutant la lumière évidente des cieux.

C’est l’heure que je crains, celle où s’ouvrent les yeux.
Vient-il donc m’apporter quelque douleur nouvelle,
Ce matin dont m’atteint la première stupeur ?
Je les referme en vain dans l’instant anxieux…

Voici, j’ai trop ployé sous le poids du destin
Pour ne point redouter l’inconnu de l’aurore.
Dois-je donc m’éveiller ? Dois-je souffrir encore ?…
Que viens-tu m’apporter, ô le nouveau matin ?

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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J’ai peur de l’altitude (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Kathryn Jacobi 13

j’ai peur de l’altitude
je suis tombé de haut
j’ai peur du feu
je me suis brûlé plusieurs fois
j’ai peur de la séparation
j’en ai souffert ô combien
je ne redoute pas la mort
je ne suis jamais mort
pas même une fois

(Abbas Kiarostami)

Illustration: Kathryn Jacobi

 

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Je redoutais la transparence de mes mains (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Notre mémoire s’allégeait.
Bientôt je redoutai sa transparence,
et que nos corps assaillis de lumière
ne fussent plus dans ces gouffres de verre
que silence et geste sans ombre.
Le jour nous dominait. Seule la voix
du jour tonnait sur les sommets déserts.
Je redoutais la transparence de mes mains,
de tes épaules sous mes mains,
la transparence de la bouche et du regard
pareillement lavés des signes végétaux.

(Jean Joubert)

Illustration: Fabienne Contat

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Le Souffle des Morts (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



Je sens le souffle des morts
sur mon visage.

Vous m’avez dit:
Ne les redoutez pas,
ne les repoussez pas
mais demandez…

Je demande l’intercession des morts
dans la nuit où nous sommes,

leur si faible,
leur si tendre lueur.

(Jean Joubert)

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Redoute le Rien (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Redoute le Rien.
Un rien le fait exploser.

(Edmond Jabès)

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