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Poésie

Posts Tagged ‘redresser’

Eux les tournesols (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



    
eux les tournesols
quand le soleil disparaît
leurs têtes s’inclinent
retombent ne sont plus
que ce coeur noir
ce jaune éteint

tu te voyais en eux

tête baissée
tu stagnais
prisonnier d’une attente
inerte

regard mort
ou tu fuyais par les rues mornes
aspirant à retrouver la terre
à sentir monter en toi
la lueur qui pourrait
te redresser
te donner le cran
d’engager le combat

sans lumière
tu étais sans force

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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LA RIZIÈRE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




    
LA RIZIÈRE

Après la grande pluie, je vais à la rizière.
Toutes les régions de Changpyeong et Damyang sont inondées !
La rizière est la vie.
Sur cet horizon son soupir enflant,
L’agriculteur redresse les plantes
D’un prix inférieur á la production,
sans compter son travail.
Malgré tout, que faire?
Vivre, vivre,
Dit-il.
De loin, les hirondelles le saluent.
Mon corps malade ne souffre plus.
Pourquoi donc ?
Voyant la couleur vert tendre sortir à peine de l’eau,
j’ai envie de pleurer,
tout à coup.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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SOIR D’ÉTÉ (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Illustration: Françoise Rancurel
    
SOIR D’ÉTÉ

C’est le vent qui les appelle

Dehors les enfants ravis
Rattrapent les linges

Grondement sans noirceur
Malgré la porte bousculée

Quand c’est le vent
Et pas la peur

Bien des visages légers
Pourraient se lancer des baisers

Les enfants rentrent en riant car tout était à l’envers
Mais rien perdu
C’est même chaud !

Voluptueuse redressée, la nuit a voulu envahir autrement
Appuyée sur le vent la poussant

Pas d’orage,
L’énorme spectacle de la douceur ensemble.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Victoire éclair (René Char)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Victoire éclair

L’oiseau bêche la terre,
Le serpent sème,
La mort améliorée
Applaudit la récolte.

Pluton dans le ciel!

L’explosion en nous.

Là seulement dans moi.

Fol et sourd, comment pourrais-je l’être davantage?

Plus de second soi-même, de visage changeant, plus de saison pour la flamme et de saison pour l’ombre!

Avec la lente neige descendent les lépreux.

Soudain l’amour, l’égal de la terreur,
D’une main jamais vue arrête l’incendie, redresse le soleil, reconstruit l’Amie.

Rien n’annonçait une existence si forte.

(René Char)

 

Recueil: Commune présence
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’avenir suspendu (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018




Illustration: Carrie Vielle
    
L’avenir suspendu

Enclos
Dans le fruit délectable
De nos corps
Dans la pulpe savoureuse
De notre chair
Nous oublions le temps
Son harpon impitoyable
Qui peu à peu nous dégrade
Et nous entraîne
Dans les filets de la mort

Comment se soumettre
Au détissage de nos peaux
Aux flux de nos rides
Aux piétinements de l’âme
Au pourrissement des os.

Comment ignorer
La morosité de l’aube
Les pâleurs de la nuit
Les brisures de la flamme
Ou le chant appauvri

Comment redresser
La fourbe courbure
Comment se détourner
De l’avenir suspendu ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis arrivé le matin c’était trop tard (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Je suis arrivé le matin c’était trop tard
il y avait de la rouille autour de l’évier
le poids du poêle pesait sur le parquet
ça se gondolait même les tuiles il était trop tard
je n’aurais pu redresser tout ça même avec
des cabestans des poulies des objets dont je ne connais
pas le mot qui les désigne et que je ne saurais
utiliser efficacement
les champignons poussaient sur la faïence de la vaisselle
la vaisselle croupissait dans la paille des fauteuils
les fauteuils s’endormaient sur le poil des ténèbres
les ténèbres mâchaient le chouigne gueumme des morts
je suis arrivé trop tard c’était le lendemain

(Raymond Queneau)

Illustration: Geneviève Borschneck

 

 

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Tout proches (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Tout proches
la terre et les objets familiers
Le corps est aux travaux du jour
met de l’ordre dans les chambres
tond l’herbe redresse les murs
s’enchante du temps qui passe
Toute seule cependant
lointaine sourdine
une tête fêlée
travaille à l’indicible

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Viendras-tu (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



viendras-tu me redresser à l’échéance de mes désordres,
me supporter à l’estuaire de mon désarroi ?
hauteur et abîme,
mais la main tendue pourvoira.

(Jack Keguenne)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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SECONDE VIE ICARE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

SECONDE VIE
ICARE

La voix du soleil

Écoute écoute-moi car toi tu peux m’entendre
Je le vois à tes yeux sans repos
Je le vois à tes mains raidies lorsque les mots sont pauvres puis
comme des feuilles qui ne peuvent mieux faire que mourir
Je le sens à ce souffle qui te prend et te laisse comme si les oiseaux
t’avaient quitté
Écoute écoute-moi car toi tu peux sortir de ta chair et de ta maison
comme le ferait un mort neuf de ses bandelettes
Tu peux m’entendre toi qui sais que ces épis de blé que l’on sépare
ne témoigneront plus pour le chant de la terre
Tu peux m’entendre toi qui cherches la vie et la raison de vivre
Toi qui sais que tout est autre chose encore
Et le secret dont tu as une part aussi vrai que le son de tes pas
sur l’asphalte des villes

Ce cri que je suis
Ce cri que je suis en toi
Écoute-le et laisse ces royaumes sans énigmes où les jours
s’abattent l’un sur l’autre comme les volets d’une maison sage

Ce cri que je suis en toi fera tomber les écailles de ta première
naissance

Ce cri d’amour que je suis en toi
Ce cri d’amour que je suis en toi

Plus terrible que l’inquiétude du matin et que les mers dont la
nuit sonde les profondeurs
D’autres n’en veulent pas

Ils laissent accumuler en eux des moissons vaines entre lesquelles
je ne peux me frayer le passage

Ce cri
Ce cri terrible et tendre que je suis en toi habite ton visage le
plus nu
Qu’il te prenne que tu n’aies plus de cesse
Qu’il redresse ta jeune nuque qu’il batte à tes tempes
Et en ce point sacré entre tes deux yeux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Henri Matisse

 

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LION SOLITAIRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



 

LION SOLITAIRE

La ménagerie n’a qu’un seul lion
le village est plein de chiens, chats errants
de végétaux blêmis
un caillou a roulé
l’araignée tisse
heureusement une femme redresse
la lampe renversée.
Dieu ne peut voir
que beauté dans ses créatures
insectes ou fauves
herbes ou pierres
décrète le penseur du lieu.

(Jean Follain)

 

 

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