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PAYSAGE DE RURALE DOULEUR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




PAYSAGE DE RURALE DOULEUR

Des fruits tombent doucement sur la terre serrée
et le vieillard
au trop court capuchon d’enfant
suit le chemin
d’un pas menu jusqu’à l’extrême.
Un petit jardin de cives
tremblote sous les étoiles.
A l’habitation du tournant
une roue bleue au mur s’appuie,
le charron et ses aides
forment, mangeant debout, un groupe muet
semblant attendre pour réduire
dans un dernier effort
la misère et la peur du monde.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Non, mes heures idéales ne tiennent pas (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Moonlight installation.

Non, mes heures idéales
ne tiennent pas — non ! —
en mon jour matériel !

Non ! il ne m’est pas possible
de couper la rose de feu,
de la réduire aux limites
que fixe l’implacable horloge !

Si ma vie toute entière
n’est rien d’autre qu’une heure ;
et si seule l’éternité
pouvait être mon soir ou mon matin !

***

¡No, si no caben mis horas
ideales en las horas
de mi día material!

¡Si no es posible que corte
la rosa de fuego, hasta
dejarla justa en los límites
que le da el reló implacable!

¡Si mi vida enteras es
sólo una hora; y tan sólo
podría la eternidad
ser mi mañana o mi tarde!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

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LA DIVINE PERCEPTION (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019




    
LA DIVINE PERCEPTION

Elle réduit à une ligne
le rayon de lumière,
l’étoile à un point.

***

LA DIVINA PERCEZIONE

Riduce a una linea
il raggio di luce,
la stella a un punto.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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L’étau (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Edvard Munch
    
L’étau

L’un contre l’autre
réduisant nos silences
en miettes

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Arrête un peu, mon Coeur, où vas-tu si courant ? (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



 

Ráed Al-Rawi Fall

Arrête un peu, mon Coeur, où vas-tu si courant ?
– Je vais trouver les yeux qui sain me peuvent rendre.
– Je te prie, attends-moi. – Je ne te puis attendre,
Je suis pressé du feu qui me va dévorant.

– Il faut bien, ô mon coeur ! que tu sois ignorant,
De ne pouvoir encor ta misère comprendre :
Ces yeux d’un seul regard te réduiront en cendre :
Ce sont tes ennemis, t’iront-ils secourant ?

– Envers ses ennemis, si doucement on n’use ;
Ces yeux ne sont point tels. – Ah ! c’est ce qui t’abuse :
Le fin berger surprend l’oiseau par des appâts.

– Tu t’abuses toi-même, ou tu brûles d’envie,
Car l’oiseau malheureux s’envole à son trépas,
Moi, je vole à des yeux qui me donnent la vie.

(Philippe Desportes)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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AVARE (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Illustration: Folon

    
AVARE

M’alléger
me dépouiller

réduire mon bagage à l’essentiel

Abandonnant ma longue traîne de plumes
de plumages
de plumetis et de plumets

devenir oiseau avare
ivre du seul vol de ses ailes

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le souffle de lumière (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



    

Le souffle de lumière, le tremblement concentré
qui émane de certaines rencontres
contredit parfois sa propre brièveté

et s’étend comme une lente alchimie
sur tout le reste de la vie.

Posséder ainsi pour toujours
quelque chose que l’on n’eut jamais
et que l’on n’aura jamais,
change la condition de l’homme,
modifie ses limites.

Les mains se touchent parfois
et parfois n’y parviennent pas.
Mais les yeux se touchent
ou quelque chose qui est derrière les yeux.

Mais posséder ainsi, toucher ainsi,
réduit encore un coin d’éternité
et le fait tenir dans la cellule que nous occupons.

C’est peut-être là qu’est la sagesse de l’amour,
sauvée des incendies qui le dévastent.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Douzième poésie verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: De la Différence

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Il y a une marge (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
il y a une marge
entre ce que je suis
et celui que je voudrais être

il y a une marge
entre la vie que je mène
et la vie à laquelle j’aspire

il y a une marge
entre ce que j’écris
et ce que je voudrais écrire

j’ai travaillé et je travaille
avec ténacité à réduire
ces marges
qui n’en font qu’une

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Qui était-il que pensait-il (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration
    
qui était-il que pensait-il

à quoi occupait-il son temps
alors qu’il le passait à ne rien faire

enfermé dans sa cellule
il ne parlait pas

son temps
il le passait à attendre

attendre que les années
d’hiver le labourent

qu’elles le dépouillent le ravinent
le réduisent à son noyau

comment le rejoindre
là-bas
en ce lointain obscur

comment le délivrer
et me délivrer

sans fin il retire
ce bâillon qui lui est
aussitôt réappliqué

de lui ne me parviennent
que des plaintes
à peine audibles

parce qu’il est muselé
sa rage va croissant

j’appelle l’instant
où il pourra
se libérer
et me libérer

je redoute l’instant
où son cri
trop longtemps retenu
va me traverser
me faire voler en éclats

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Écho (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration
    
Écho, juste et seule voix, obsédante rumeur.
L’écho redit. L’écho répète.
Il répond dans le même.
Il répond dans l’absence.
Voix répondante sans réponse au lieu de l’absence.

Qui répétant la question et la question de la question,
peu à peu la réduit, l’exténue, l’abolit
dans l’élément du Même.

(Roger Munier)

 

Recueil: Terre sainte
Traduction:
Editions:

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