Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘réfléchir’

Un vide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Un vide entre ma poitrine et mon cou.
Vide
entre la chaleur du croissant réfléchi sur les eaux
du triangle et la chaleur des mains –
Comment dire
ce vide à tes membres lunaires ? Et quand ?
Comment détruire ses murs ?
Alors que tu es l’interlocuteur, et le détenteur
de ses secrets ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Qu’est-ce que ça veut dire (Dominique Labarrière)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Qu’est-ce que ça veut dire
(Après avoir souffert.
Après avoir réfléchi)
De guetter la silhouette
Qui sortira bientôt du métro
Et trembler?

(Dominique Labarrière)

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Une branche (Rezâ Sâdeghpour)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Georges Braque
    
Une branche

un oiseau se meurt
un oiseau s’envole
un oiseau demeure
et réfléchit,
entre la mort et l’envol
c’est le même oiseau

***

(Rezâ Sâdeghpour)

 

Recueil: Le Bris lent des bouteilles
Traduction: Amin Kamranzadeh et Franck Merger
Editions: Cheyne

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REVERBERATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Ambrogio Antonio Alciati -il-convegno-ca1918

REVERBERATION

Mon visage n’est plus
Seul et désert
Comme délaissé dans l’ombre.

Mon visage est beau.

C’est parce que tu le vois beau qu’il est beau

C’est parce que ton visage
Le fait paraître beau, qu’il paraît beau.
Mon visage est beau, parce que mon visage
Reçoit et réfléchit ton visage.

(Georges Themelis)

Illustration: Ambrogio Antonio Alciati

 

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L’INVENTION DU CENTRE (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2019



Illustration: Jean Michel Folon 
    
L’INVENTION DU CENTRE

Ils l’enfermèrent dans un cercle. Lui s’entêtait
à réfléchir, à observer. Il marchait
à l’intérieur du cercle, le long du mur, dans le préau
de la prison circulaire. Il ne disait rien. Le soir,
il continuait son tour, tête baissée. Peut-être pensait-il à
quelque chose de précis,
peut-être se rendait-il compte que chaque cercle a un centre
(ou peut-être tous les cercles le même centre ?).
En tout cas,
il souriait de temps à autre. Dans son dos,
sur le grand chiffre qu’ils lui avaient tracé,
se tenait un oiseau tout blanc, connu de lui seul.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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Le crépuscule est triste et doux comme un adieu (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Charles Guilloux  x

Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l’orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d’étoiles,
Contemplent l’occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d’un beau soleil couchant.
Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
Et l’immobilité se fait dans les roseaux
Que l’étang réfléchit au miroir de ses eaux.
En un parfum ému chaque fleur s’évapore
Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.

Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
Mon front se penchera vers ton front qui s’incline ;
Et nos baisers feront des concerts infinis,
Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
Et se demanderont quelle bergeronnette
Ou quel chardonneret est assez débauché
Pour faire l’amour quand le soleil s’est couché.

(François Coppée)

Illustration: Charles Guilloux

 

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J’aime le brouillard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Caroline Duvivier

    

J’aime le brouillard, tu le sais

Ses épaisseurs lumineuses
Ses taches de mort calme dans l’antre du jour

Et tu sais aussi que j’aime le brouillard
parce qu’il ressemble À ce regret qui est en moi
Entre l’heure et la mémoire
Quand j’ai la vertu de regarder ma mort
Les claires ruines et tout l’après
Où je n’aurai plus de structure
Où il n’y aura plus de langage, plus de formes

même ombreuses
Plus d’arête

aucune catégorie dans le vide
Aucun vide du vide

J’aime le brouillard de m’y faire réfléchir
S’il ressemble tant soit peu à ce destin

défaisant mon heure
Dans le vœu de l’instant et du rien

(Jacques Chessex)

 

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La Guêpe Tardive (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



La Guêpe Tardive

Tu as réfléchi durant tout l’été mourant,
Tu as visité, chaque matin, notre table,
Baladin solitaire et célibataire,
Et tu t’es nourri de confiture
Si loin dans le pot que toutes tes forces parvenaient à peine
À t’extraire du trou sucré que tu avais creusé,
Toi et la terre, vous avez mûri maintenant
Et tes voies de passage ont ressenti le changement ;
Elles se sont refroidies ;
C’est étrange
Comme ces familières avenues de l’air
S’effritent désormais, s’effritent ; le bon air ne tiendra pas,
Toutes éclateront d’un bruit sec ; toutes périront sous le froid ;
Et déjà tu plonges dans le rien et dans le désespoir.

***

The Late Wasp

You that through all the dying summer
Came every morning to our breakfast table,
A lonely bachelor mummer,
And fed on the marmalade
So deeply, all your strength was scarcely able
To prise you from the sweet pit you had made —
You and the earth have now grown older,
And your blue thoroughfares have felt a change;
They have grown colder;
And it is strange
How the familiar avenues of the air
Crumble now, crumble; the good air will not hold,
All cracked and perished with the cold;
And down you dive through nothing and through despair.

(Edwin Muir)

 

 

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Dans la terre torride… (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



 

Diego Dayer blanc

Dans la terre torride, une plante exotique
Penchante, résignée : éclos hors de saison
Deux boutons fléchissaient, d’un air grave et mystique ;
La sève n’était plus pour elle qu’un poison.

Et je sentais pourtant de la fleur accablée
S’évaporer l’effluve âcre d’un parfum lourd,
Mes artères battaient, ma poitrine troublée
Haletait, mon regard se voilait, j’étais sourd.

Dans la chambre, autre fleur, une femme très pâle,
Les mains lasses, la tête appuyée aux coussins :
Elle s’abandonnait : un insensible râle
Soulevait tristement la langueur de ses seins.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Diego Dayer

 

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Sucre Candide (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Sucre Candide

Maman, l’hiver, m’en donnait un petit morceau pour la gorge, quand je partais à l’école.
L’instituteur m’apprit un jour qu’on ne dit pas le sucre candide mais le sucre candi.
Quelle déception ! Le lendemain je doutais du Père Noël et un peu plus tard, je réfléchis à l’existence de Dieu …

(Norge)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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