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Posts Tagged ‘refléter’

Amours des nébuleuses (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


 


Alain Bonnefoit - Tutt'Art@ (54)

Amours des nébuleuses Oh! seins de ma maîtresse
Les yeux des astronomes ont jailli des lunettes
et ces yeux dans les cieux tels des yeux de négresse
reflètent en leur rondeur ma luxure et ma tête.

(Robert Desnos)

Illustration: Alain Bonnefoit

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O Fontaine… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
O Fontaine…

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit
Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir
Temps fermé
C’est en vain qu’à tes horloges
On frappe et interroge
Les bûchers sont en feu pour la mort du jour
Au son lourd des tambours

O Fontaine
Tu meurs en vain sur les cailloux
Toi blessée au feu,
Pleurant à genoux
Temps fermé
Temps mort
Tu te tais en ce lieu
Ta mort n’est qu’un jeu.
Et ta vie un désaccord.
O temps
O jours et nuits
O jardins pour personne

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit

Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir

Temps fermé
C’est bien en vain qu’en tes horloges
Temps
Au son lourd des tambours
Les bûchers sont en feu pour le remords du jour
Au son lourd des tambours
O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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PAROLES D’UN MIROIR A UNE BELLE DAME (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
PAROLES D’UN MIROIR A UNE BELLE DAME

Belle, belle, belle, belle!
Que voulez-vous que je dise
A votre frimousse exquise?
Riez, rose, sans cervelle.

Je suis un petit miroir,
Je suis de glace et d’étain;
Mais vos yeux et votre teint
S’illuminent à vous voir.

Les douleurs, les ennuis pires,
Je chasse tout penser triste;
Je ne veux (un tic d’artiste)
Refléter que vos sourires.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Paul Emile Chabas
    
VISION

I
Au matin, bien reposée,
Tu fuis, rieuse, et tu cueilles
Les muguets blancs, dont les feuilles
Ont des perles de rosée.

Les vertes pousses des chênes
Dans ta blonde chevelure
Empêchent ta libre allure
Vers les clairière prochaines.

Mais tu romps, faisant la moue,
L’audace de chaque branche
Qu’attiraient ta nuque blanche
Et les roses de ta joue.

Ta robe est prise à cet arbre,
Et les griffes de la haie
Tracent parfois une raie
Rouge, sur ton cou de marbre.

II
Laisse déchirer tes voiles.
Qui es-tu, fraîche fillette,
Dont le regard clair reflète
Le soleil et les étoiles?

Maintenant te voilà nue.
Et tu vas, rieuse encore,
Vers l’endroit d’où vient l’aurore;
Et toi, d’où es-tu venue?

Mais tu ralentis ta course
Songeuse et flairant la brise.
Délicieuse surprise,
Entends le bruit de la source.

Alors frissonnante, heureuse
En te suspendant aux saules,
Tu glisses jusqu’aux épaules,
Dans l’eau caressante et creuse.

Là-bas, quelle fleur superbe!
On dirait comme un lys double;
Mais l’eau, tout autour est trouble
Pleine de joncs mous et d’herbe.

III
Je t’ai suivie en satyre,
Et caché, je te regarde,
Blanche, dans l’eau babillarde;
Mais ce nénuphar t’attire.

Tu prends ce faux lys, ce traître.
Et les joncs t’ont enlacée.
Oh! mon coeur et ma pensée
Avec toi vont disparaître!

Les roseaux, l’herbe, la boue
M’arrêtent contre la rive.
Faut-il que je te survive
Sans avoir baisé ta joue?

Alors, s’il faut que tu meures,
Dis-moi comment tu t’appelles,
Belle, plus que toutes belles!
Ton nom remplira mes heures.

« Ami, je suis l’Espérance.
Mes bras sur mon sein se glacent. »

Et les grenouilles coassent
Dans l’étang d’indifférence.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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D’EN HAUT TOMBAIT LE CRÉPUSCULE… (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

D’EN HAUT TOMBAIT LE CRÉPUSCULE…

D’en haut tombait le crépuscule,
Ce qui fut proche est loin déjà;
Mais, première en sa clarté douce,
S’élève l’étoile du soir.
Tout n’est qu’ondoiement dans le vague,
Des brumes gagnent les hauteurs ;
Le lac, reflétant des ténèbres
D’un noir profond, est immobile.
Mais à l’orient je devine
La lueur, l’éclat de la lune;
Les fins rameaux de saules sveltes
Se bercent sur les eaux prochaines.
Parmi des jeux d’ombres mouvantes
Tremblent de magiques reflets,
Et par les yeux une fraîcheur
Entre, apaisante, jusqu’à l’âme.

***

DAMNRUNG SENKTE SICH VON OBEN…

Dämnrung senkte sich von oben,
Schon ist aile Nähe fern;
Doch zuerst emporgehoben
Holden Lichts der Abendstern!
Alles schwankt ins Ungewisse,
Nebel schleichen in die HM;
Schwarzvertiefte Finsternisse
Widerspiegelnd ruht der See.

Nun im östlichen Bereiche
Ahn ich Mondenglanz und —glut,
Schlanker Weiden Haargezweige
Scherzen auf der nächsten Flut.
Durch bewegter Schatten Spiele
Zittert Lunas Zauberschein,
Und durchs Auge schleicht die Kühle
Sänftigend ins Herz hinein.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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LES YEUX BLEUS (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Amedeo Bocchi  
    
LES YEUX BLEUS

A une dame aux yeux noirs

Vous m’avez dit dans un sourire,
Que les yeux bleus (souvent songeurs),
Semblaient refléter et décrire
Les intimes penchants des cœurs.

Vous m’avez dit – lèvres sincères –
Que vous aimiez ce bleu profond,
Où vos yeux trouvaient plus sévères
Ces regards où tout se confond.

Ces regards fixes qui résument
La haine ou la joie ou l’amour,
Ces regards bleus qui vous consument
Et font tout un siècle d’un jour.

Vous les adorez, chère Dame,
Aussi je les chante pour vous,
Mystique, divine est leur flamme ;
Vous les trouvez si doux… si doux!

Vous m’avez dit dans un sourire
Que ces yeux dictaient les espoirs.
Pourtant… (laissez-moi vous le dire)
Pourquoi vos beaux yeux sont-ils noirs ?

(Gaston Couté)

 

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Cantique de la Voie III (Xuan Jue)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018



 

Illustration: Félix Vallotton

    

Cantique de la Voie III

Une même lune reflétée dans toutes les eaux
Les lunes des eaux renvoient à la même lune.
Le Dharmakaya (1) de tous les bouddhas me pénètre
Mon être avec Tathagata (2) n’en fait qu’un

(Xuan Jue)

(1) Le corps vivant
(2) Bouddha

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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La solitude (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
la solitude déplace
tout ce qui n’est pas miroir
tout ce qui n’est pas moi
reflété

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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Obscurité totale (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    
Obscurité totale

Je ne sais pourquoi, si vient la lumière,
Les hommes ont tous très bien dormi,
Et la vie retrouve son apparence
Jeune à nouveau, belle entre les sourires,

Je ne sais pourquoi il me faut chanter
Ou verser vaguement de mes lèvres des mots ;
Des mots de mes yeux,
Des mots de mes rêves égarés dans la neige.

Mes rêves reflètant la couleur des nuages,
Mes rêves reflètant les nuages sur la pampa.

***

Oscuridad completa

No sé por qué, si la luz entra,
Los hombres andan bien dormidos,
Recogiendo la vida su apariencia
Joven de nuevo, bella entre sonrisas,

No sé por qué he de cantar
O verter de mis labios vagamente palabras;
Palabras de mis ojos,
Palabras de mis sueños perdidos en la nieve.

De mis sueños copiando los colores de nubes,
De mis sueños copiando nubes sobre la pampa.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Rêve (Claude Chambard)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




    
rêve :

elle se tient droite & nue dans l’encadrement de la porte
complètement en accord
avec cette exacte nudité
loin des anges
loin des fées
nue devant la petite maison de pierre
reflétant le paysage en lui tournant le dos
inversant le paysage sans limite
dans ses jambes dans son ventre
le paysage avance encore

elle est résolument nue
résolument
résolument

(Claude Chambard)

 

Recueil: Le chemin vers la cabane
Traduction:
Editions: Le bleu du ciel

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