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Poésie

Posts Tagged ‘refléter’

C’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

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Morceau à quatre mains (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

Claude-Zélie Girardin Jeune fille au piano 9

Morceau à quatre mains

Le salon s’ouvre sur le parc
Où les grands arbres, d’un vert sombre,
Unissent leurs rameaux en arc
Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre.

Si je me retourne soudain
Dans le fauteuil où j’ai pris place,
Je revois encor le jardin
Qui se reflète dans la glace ;

Et je goûte l’amusement
D’avoir, à gauche comme à droite,
Deux parcs, pareils absolument,
Dans la porte et la glace étroite.

Par un jeu charmant du hasard,
Les deux jeunes soeurs, très exquises,
Pour jouer un peu de Mozart,
Au piano se sont assises.

Comme les deux parcs du décor,
Elles sont tout à fait pareilles ;
Les quatre mêmes bijoux d’or
Scintillent à leurs quatre oreilles.

J’examine autant que je veux,
Grâce aux yeux baissés sur les touches,
La même fleur sur leurs cheveux,
La même fleur sur leurs deux bouches ;

Et parfois, pour mieux regarder,
Beaucoup plus que pour mieux entendre,
Je me lève et viens m’accouder
Au piano de palissandre.

(François Coppée)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

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D’une grande pureté (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018


D’une grande pureté
Est la clarté de la lune
Qui brille au ciel.
L’eau qui la reflète
Est déjà gelée.

(anonyme)

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Heureux je reflète son ciel (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



D’autour de mon être il ôte par son souffle l’enveloppe grise
et me fait vivre
tel une source sombre.
Heureux je reflète son ciel
et les clairs nuages de son front.

En ma source sombre
se reflètent les profondeurs de sa lumière

***
Från mitt väsens yta blåser han bort den gråa hinnan
och gör mig levande
som en mörk källa.
Lycklig speglar jag hans himmel
och de ljusa molnen kring hans panna.

I min mörka källa
speglar han sitt djup av ljus.

(Pär Lagerkvist)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Crépuscule d’automne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Crépuscule d’automne

A mon cher professeur, Bêla Tettamanti

Sous les flocons neigeux de l’automne expirant,
Le crépuscule brun palpite faiblement.

Mon épaule perçoit ton cou chaud plein de grâce.
Ah! ton baiser lointain qui sur ma lèvre passe!

Le froid gémit et je ne peux mettre à l’abri
Sur ton giron brûlant mon visage meurtri.

Triste est le crépuscule et tu sembles lointaine
Et tombent les flocons… Ils reflètent ma peine.

(Attila Jozsef)


Illustration

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La Folle (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2018



Illustration: Sara Castro
    
La Folle

Elle a les cheveux blancs, très blancs. Elle est jolie
Encore, dans sa robe aux chiffons de couleur.

Elle emporte, en passant, des branches qu’elle oublie:
Les jardins sont absents et morte est la douleur.

Elle a des yeux d’enfant qui reflètent les jours,
Eau transparente ou passe et repasse une fuite.

Sa sagesse est donnée avec des mots sans suite,
Des mots divins qui vont mourir dans le vent lourd.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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DEUX LUEURS AVANT LA NUIT (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Andrey Remnev  (64)

DEUX LUEURS AVANT LA NUIT

C’est l’heure : les deux sœurs divines vont venir,
Lentes, par la prairie où meurt le crépuscule…
— Mais, déjà, les voici qui passent sous les saules :
Le grand soir, caressant leurs regards attendris,
Vient guérir, dans leurs cœurs meurtris, les souvenirs

Elles passent leurs yeux reflètent le ciel mauve,

Leurs mains ont la blancheur des nuages légers ;
Sous leurs cheveux, si blonds qu’ils font de la clarté,
Glisse, comme un rayon de lune sous les saules,
La lumière d’albâtre mat de leur épaule.
L’automne !… Les deux sœurs en aiment la langueur,
Quand elle est alanguie encore au crépuscule…
Toutes deux, dans le pré qui blanchit sous la lune,
Très lentes, le front pâle encore de l’amour,
Seraient-elles la Rêverie et la Douceur ?..
C’est l’heure : les deux sœurs divines sont venues.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Andrey Remnev

 

 

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C’est vrai qu’il avait cru voir Dieu (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



C’est vrai qu’il avait cru voir Dieu.
Frappé de plein fouet par le rayon insoutenable
il s’était d’abord couvert la face de ses mains,
et la souffrance l’avait courbé en deux.

Maintenant il ne bougeait plus.
Recroquevillé sur lui-même, les yeux muets,
il se regardait dans le fleuve de paradis.

Les pierreries d’argent reflétaient son visage
mais renversé, décapité, flottant et figé.
Le vent soufflait si fort
qu’il avait retourné jusqu’aux feuilles d’acanthe en marbre.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

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Diane, Séléné, lune de beau métal (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Diane, Séléné, lune de beau métal,
Qui reflète vers nous, par ta face déserte,
Dans l’immortel ennui du calme sidéral,
Le regret d’un soleil dont nous pleurons la perte,

O lune, je t’en veux de ta limpidité
Injurieuse au trouble vain des pauvres âmes,
Et mon coeur, toujours las et toujours agité,
Aspire vers la paix de ta nocturne flamme.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

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Nuages (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Nuages

Nulle chose au monde qui n’ait été
nuage. Nuage, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: René Magritte

 

 

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