Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘refléter’

Cantique de la Voie III (Xuan Jue)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



 

Illustration: Félix Vallotton

    

Cantique de la Voie III

Une même lune reflétée dans toutes les eaux
Les lunes des eaux renvoient à la même lune.
Le Dharmakaya (1) de tous les bouddhas me pénètre
Mon être avec Tathagata (2) n’en fait qu’un

(Xuan Jue)

(1) Le corps vivant
(2) Bouddha

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Absence (Miguel Hernández)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020


 



Illustration: Isidre Nonell
    
Absence

Absence dans tout ce que je vois :
Tes yeux la reflètent.

Absence dans tout ce que j’entends :
ta voix dans le temps se perd.

Absence dans tout ce que j’aspire :
ton souffle sent l’herbe.

Absence dans tout ce que je touche :
ton corps se vide.

Absence dans tout ce que je tente :
ta bouche m’abandonne.

Absence dans tout ce que je ressens:
absence, absence, absence.

***

Ausencia

Ausencia en todo veo:
tus ojos la reflejan.

Ausencia en todo escucho:
tu voz a tiempo suena.

Ausencia en todo aspiro:
tu aliento huele a hierba.

Ausencia en todo toco:
tu cuerpo se despuebla.

Ausencia en todo pruebo:
tu boca me destierra.

Ausencia en todo siento:
ausencia, ausencia, ausencia.

(Miguel Hernández)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Espagnol
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EN AUTOMNE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



heurtoir lion porte

EN AUTOMNE

Son complet noir lustré a des tons argentés,
il est devant la porte au heurtoir à lions
regardant la sonnette fourbie
dont le bouton de cuivre reflète l’image
déformée des bicoques d’en face
il ne se décide pas ;
il erre bientôt autour des arbres secs
et des caniveaux engorgés
et fait craquer sous son pas une feuille rouge ;
dans l’épicerie la flamme d’une chandelle à sa fin
tremble près des salaisons ;
cependant passent sous son front
de grandes formes à la Rubens.

(Jean Follain)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CONFUSION (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



CONFUSION

Mon coeur,
ou le tien ?
Qui reflète mes pensées ?
Qui me prête
cette passion
sans racines ?
Pourquoi mon habit change-t-il
de couleur ?
Tout est carrefour!
Pourquoi vois-tu dans la fange
tant d’étoiles ?
Frère, est-ce toi
ou moi ?
Et ces mains si froides sont-elles
celles d’un autre ?
Je me vois parmi les couchants,
et une fourmilière de gens
circule dans mon coeur.

(Federico Garcia Lorca)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le visage triomphant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Le visage triomphant

L’ombre se couche sur nos plaines,
S’allonge dans nos puits, annule nos maisons.
La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.

Parfois tu deviens fleuve où rien ne se reflète.
Tu deviens sables étourdis par le vent.
Sous l’étoile impassible : ce passant qui chancelle,
Ce chêne sans oiseau, cet oiseau sans allié.
Tu revois tu revois les prairies qui saignent,
Longue est la misère brèves sont nos cités.
Les amours se dénouent le soleil reste le même,
Tu ne vois nulle part le bourreau terrassé.

La vie est trop nombreuse, la barque trop fragile
Pour traverser seul les images et le temps.
Mais toujours on trouve une voix pour la sienne,
Mais toujours on trouve un regard pour sa peine.
Je chante le visage triomphant.

(Andrée Chedid)


Illustration: Pierre Paul Rubens

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LÉDA (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

Leda_Botero

LÉDA

Au centre du bassin où le marbre arrondi
Entoure une onde léthargique qui tressaille
D’une ride qu’y fait, de son bec qui l’entaille,
Un cygne se mirant à son miroir verdi,

Elle cambre son corps qu’une attente roidit;
Son pied nu touche l’eau que son orteil éraille,
Et sa langueur s’accoude à la rude rocaille,
Et son geste s’étire au métal engourdi.

Les cygnes nonchalants qui nagent autour d’elle
Approchent de la Nymphe et la frôlent de l’aile
Et caressent ses flancs de leurs cols onduleux;

Et le bronze anxieux dans l’eau qui le reflète
Semble encor palpiter de l’amour fabuleux
Qui jusqu’en son sommeil trouble sa chair muette.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

OMBRE D’EAU (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

reflet statue

OMBRE D’EAU

Cette statue est charmante
De la femme qu’elle fut
Avant que cette eau dormante
Reflétât son marbre nu;

Mais dans l’eau qui la reflète
Au bassin ovale et clair
Son ombre me semble faite
Du souvenir de sa chair;

Et la pensée incertaine
Est telle ou telle, suivant
Que la voix de la fontaine
Se mêle à la voix du vent…

(Henri De Régnier)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

POÈME PERPÉTUEL (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



POÈME PERPÉTUEL

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Le petit jour l’herbe endormie
Qui se lève à la vue des bêtes
La poitrine qui n’a plus faim
Qui n’a plus honte

La femme qui se fait complice
D’amours sans force et d’amours forcenées
La femme attentive à la vie
À la tempête d’un sanglot
À l’île verte du silence

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Je les reflète
Quels sont ces êtres caressants
Qui parlent selon mon repos
Sourires selon la rosée

Le soleil doux comme une taupe
Une boucle sur un front bas
La longue nuit immobile est rompue
Le beau masque désarçonné
La chaine usée

Une feuille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naitre l’aurore sur terre.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les réponses ont pris fin (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



 


    
Les réponses ont pris fin.
Peut-être n’ont-elles jamais existé
et elles ne furent que miroirs
confrontés avec le vide.

Mais à présent les questions ont pris fin aussi.
Les miroirs se sont brisés,
même ceux qui ne reflétaient rien.
Et il n’y a pas moyen de les refaire.

Pourtant,
Peut-être reste-t-il quelque part une question.
Le silence est aussi une question.

Il reste un miroir qui ne peut pas se briser
parce qu’il ne se confronte avec rien,
parce qu’il est à l’intérieur de tout.

Nous avons trouvé une question.
Le silence sera-t-il une réponse aussi ?
Peut-être, à un moment déterminé,
les questions et les réponses sont exactement pareilles.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EN ÉTÉ DANS UN CHALET DE MONTAGNE (Gao Pian)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



EN ÉTÉ DANS UN CHALET DE MONTAGNE

Pendant les longues journées d’été
Dans l’ombre épaisse des arbres
Un étang reflète mon chalet
Avec son balcon
Le rideau vert frissonne au moindre vent
Les roses grimpant sur la balustrade
Répandent leur parfum dans toute la cour

(Gao Pian)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :