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L’HEURE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

L’HEURE

Rapide, aiguë et furtive,
L’aiguille sur le cadran
Perce l’heure où elle arrive
De son dard indifférent.

La rose, de ses pétales,
Compte l’instant qui se suit
En minutes inégales
Qui s’effeuillent sans un bruit.

Le temps pour toi se divise
Selon que tu l’as pensé!
Qu’il s’abrège ou s’éternise
Il deviendra ton passé.

Et, lorsqu’un jour de ta cendre
Les roses refleuriront,
Tu ne pourras plus entendre
Les aiguilles qui feront,

Sur le cadran à demeure,
Leur travail minutieux
De percer encore l’heure
Que ne verront plus tes yeux.

(Henri De Régnier)

 

 

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C’est peu que ces dix années (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2019



 

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C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur :
Les siècles te sont donnés ;
Nous n’avons que des heures.

C’est peu ; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère ;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.

Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit ;
La fleur de ma vie est morte ;
Et quel est le fruit de ma vie ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Francesco Lo Castro

 

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C’est peu que ces dix années (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Luiza Gelts  _ 3131-640x517

C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur :
Les siècles te sont donnés ;
Nous n’avons que des heures.

C’est peu ; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère ;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.

Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit ;
La fleur de ma vie est morte ;
Et quel est le fruit de ma vie ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Luiza Gelts

 

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ÉTERNEL AUTOMNE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
ÉTERNEL AUTOMNE

Ecraser les souvenirs comme les feuilles mortes
feuilles mortes couleur de crépuscule
déjà pourritures multicolores et nécessaires
au pied des arbres dépouillés
et qui doivent refleurir après un long silence
le long silence de l’espoir après le désespoir
toujours la même chanson la même saison
celle où l’on brûle les fleurs les fruits les feuilles
toutes les branches qu’il faudra couper
et les scier pour qu’on n’en parle plus jamais
plus jamais comme si rien n’avait été
et qui ne sera jamais plus enfin
enfin jamais plus puisqu’il faut finir
et qu’ainsi tout est pour le mieux
qu’on n’est plus obligé de choisir
Choisir les fumées que dévorera le vent

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
À la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri?

— Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges:
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit: «Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone.»

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

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ÉTERNEL AUTOMNE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 

ÉTERNEL AUTOMNE

Écraser les souvenirs comme les feuilles mortes
feuilles mortes couleur de crépuscule
déjà pourritures multicolores et nécessaires
au pied des arbres dépouillés
et qui doivent refleurir après un long silence
le long silence de l’espoir après le désespoir
toujours la même chanson la même saison
celle où l’on brûle les fleurs les fruits les feuilles
toutes les branches qu’il faudra couper
et les scier pour qu’on n’en parle plus jamais
plus jamais comme si rien n’avait été
et qui ne sera jamais plus enfin
enfin jamais plus puisqu’il faut finir
et qu’ainsi tout est pour le mieux
qu’on n’est plus obligé de choisir
Choisir les fumées que dévorera le vent

(Philippe Soupault)

 

 

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J’ai de toi une image (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer -  (11) [1280x768]

J’ai de toi une image
Qui ne vit qu’en mon coeur.
Là, tes traits sont si purs
Que tu n’as aucun âge.

Là, tu peux me parler
Sans remuer les lèvres,
Tu peux me regarder
Sans ouvrir les paupières.

Et lorsque le malheur
M’attend sur le chemin,
Je le sais par ton coeur
Qui bat contre le mien.

Vers le soir, tu me parles parfois de la mort
Comme si tu étais déjà un peu absente,
Comme si ton coeur se détachait sans effort
De la vie dont tu fus la docile servante.

Tu me parles paisiblement de la maison
Qu’il ne faudra pas vendre et des vieux groseilliers
De ton jardin qu’on ne devra pas arracher,
Et des miettes de pain à donner aux pinsons
Qui viennent dès l’hiver picorer dans la cour,
Et de tous ces simples travaux de tous les jours
Que tes mains dénouées auront abandonnés.

Et ta voix coule alors, pareille à un ruisseau
Qui s’en va humblement, comme le veut sa pente,
Mais qui, sans le savoir, fait refleurir la menthe
Et met au creux des prés des morceaux de ciel bleu.

(Maurice Carême)

Illustration: Koh Sang Woo

 

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« NE M’OUBLIEZ PAS » (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

« NE M’OUBLIEZ PAS »
J. Shuin-Ling

Ces fleurs délicatement bleues, l’an dernier,
Elle-même les attacha au cordonnet de soie qui boutonne ma robe ;

Et elle me dit : « Souvenez-vous du nom de cette fleur, nous l’appelons : Ne m’oubliez pas.
« Il y a un secret entre nous deux, gardons-le bien et n’oublions ni l’un ni l’autre. »

Les Ne m’oubliez pas, cette année,
Refleurissent, aussi charmants que la saison dernière.

Où est celle qui m’a donné ces fleurs ?…
Le parfum léger, dont ma manche est imprégnée,
c’est tout ce qu’il me reste, à présent !..

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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A ta rencontre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



A ta rencontre

Alors que l’esprit pensif
Je traverse des lieux
De tentation et de perversité
Tu m’attends sagement
Dans ta chaumière
Cousant pour des dames patronnesses
Sur ta machine Singer.

Sous un soleil vindicatif
Je parcours une campagne en deuil
Dont l’horizon fuit devant moi
Tandis que la mer abandonne le rivage
Et que la grève se déroule sous mes pieds.

Mais j’arrive avec l’espoir de te retrouver
Pour partager avec toi
Ce que je cherche encore
Et en te serrant dans mes bras
Je prépare dans mon cœur
Les mots que je vais prononcer
Pour n’en pas détruire la magie.

J’étreins ton corps
Mais ton cœur est ailleurs
En quête d’un autre.

Je percerai les secrets
De ton regard énigmatique
Si bleu qu’il en devient froid
Et qu’il fascine les êtres.

Je poserai des baisers ardents
Sur tes lèvres de glace
Et saurai te faire fondre
En caressant ta chair
Avec des gestes d’amour.

Oublions les aubes prématurées
Et les jours avortés
Et que refleurissent les buissons
Qui embaumaient nos étreintes !

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Dis ! Quand Reviendras-tu ? (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Dis ! Quand Reviendras-tu ?
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits…
Voilà combien de temps que tu es reparti !
Tu m’as dit ;
Cette fois, c’est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c’est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour.
Le printemps, c’est joli, pour se parler d’amour :

(Version Femme : Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et déambulerons dans les rues de Paris !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûl’nt les feux de bois…
A voir Paris si beau en cette fin d’automne,
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne…
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine ;
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Ton image me hante, je te parle tout bas…
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et j’ai le mal d’amour et j’ai le mal de Toi !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

J’ai beau t’aimer encor, j’ai beau t’aimer toujours.
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour…
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,
Je ferai de nous deux, mes plus beaux souvenirs…
Je reprendrai la rout’, le Monde m’émerveill’.
J’irai me réchauffer à un autre Soleil…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Je ne suis pas de ceux qui meurent de chagrin…
(Je n’ai pas la ver-tu des femmes de marins.)
Je n’ai pas la vertu des Chevaliers anciens.

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

(Barbara)

 

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