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Poésie

Posts Tagged ‘réflexion’

Assise en position de réflexion calme (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Illustration: ArbreaPhotos
    
Assise en position de réflexion calme
(la posture que le yoga des chats nomme
Pétale-creux-du-Lotus-Noir-Recueillant-la-Rosée-du-Temps)
la chatte au pied de mon lit considère
l’espace vide et blanc du mur Elle voit
quelque chose que je ne vois pas

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ÉQUILIBRE (Leonardi Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2019



Tullio Levi-Civita   
    
L’ÉQUILIBRE

Levi-Civita trouva tous les théorèmes
sur l’équilibre des liquides
en partant d’une simple réflexion
il n’y a pas de frottement entre deux gouttes d’eau.

***

L’EQUILIBRIO

Levi-Civita trovò tutti i teoremi
sull’equlibrio dei liquidi
partendo da una considerazione :
non c’è attrito tra due gocce d’acqua.

(Leonardi Sinisgalli)

 

Recueil: Oubliettes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: Atelier La Feugraie

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Hypothèse de Sapir-Whorf (Edward Sapir)(Benjamin Lee Whorf)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



premier-contact

Hypothèse de Sapir-Whorf:
Les représentations mentales dépendent des catégories linguistiques,
autrement dit que la façon dont on perçoit le monde dépend du langage

***

Nous disséquons la nature
en suivant les lignes dessinées par notre langue native.

Les catégories et les types que nous dégageons du monde des phénomènes,
nous ne les trouvons pas pour la raison qu’ils frappent quiconque les observe.
Au contraire, le monde est présenté comme un flux kaléidoscopique d’impressions
qui doivent être organisées par notre esprit
– ce qui signifie, en large part, qui doivent être organisées
par les systèmes linguistiques de nos esprits.

Nous découpons la nature, nous l’organisons en concepts,
et nous lui donnons la signification que nous lui donnons
car nous sommes largement partie prenante d’un accord
qui organise les choses de cette façon
– un accord que toute notre communauté linguistique partage,
et qui est fondu dans les codes de notre langue.

Cet accord est bien évidemment implicite et non-dit,
mais ses termes sont obligatoires;
la seule façon que nous ayons de parler est en souscrivant à l’organisation
et à la classification des données telles que décrétées dans cet accord.

(Benjamin Lee Whorf)

***

Les humains ne vivent pas uniquement dans le monde objectif.
Ils ne vivent pas non plus seuls dans le monde de l’activité sociale
telle que comprise ordinairement.

Au contraire, ils sont à la merci de la langue particulière
qui est devenue le moyen d’expression dans leur société.

Il est assez illusoire d’imaginer qu’on s’ajuste à la réalité
essentiellement en dehors de l’usage de la langue,
et que la langue est juste un moyen quelconque
de résoudre des problèmes de communication ou de réflexion spécifiques.

Le fait est que le ‘monde réel’ est, dans une large mesure,
construit inconsciemment sur les habitudes linguistiques du groupe.
Il n’existe pas deux langues qui soient suffisamment similaires entre elles
pour être considérées comme représentant la même réalité sociale.

Les mondes dans lesquels vivent différentes sociétés sont des mondes distincts,
et non pas le même monde avec juste des étiquettes différentes attachées aux choses…

Nous voyons, entendons et faisons autrement l’expérience des choses
de la manière dont nous le faisons
car les habitudes langagières de notre communauté
nous prédispose à certains choix d’interprétation.

(Edward Sapir)

Illustration: Film « Premier Contact » http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=226509.html

 

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Il essaya de penser à la mort (Vladimir Nabokov)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
Il essaya de penser à la mort,
mais au lieu de cela, il se fit la réflexion
que le ciel tendre,
bordé d’un côté par un long nuage
comme d’une couche de neige pâle et molle,
aurait ressemblé à une tranche de jambon
si le bleu avait été rose.

(Vladimir Nabokov)

 

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Examinez-vous (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




    
Examinez-vous.
Cela s’appelle réflexion, double réflexion,
se voir vivre, voir vivre les autres.
C’est la vie intérieure.

Ce qui fait un grand médecin ou un grand poète
ce n’est pas le nombre de livres qu’ils ont lus,
mais la qualité de leur vie intérieure :
la digestion des connaissances et l’enquête.

On demandait à Rockefeller comment il avait fait fortune :
«En cherchant comment on peut faire fortune avec chacun des objets que je touchais. »

Idem pour la poésie, la littérature.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Souvent je me demande, moi, pour voir, qui je suis (Jacques Derrida)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Souvent je me demande, moi, pour voir, qui je suis
– et qui je suis au moment où, surpris nu, en silence,
par le regard d’un animal, par exemple les yeux d’un chat,
j’ai du mal, oui, du mal à surmonter une gêne.
Pourquoi ce mal ?

J’ai du mal à réprimer un mouvement de pudeur.
Du mal à faire taire en moi une protestation contre l’indécence.
Contre la malséance qu’il peut y avoir à se trouver nu, le sexe exposé,
à poil devant un chat qui vous regarde sans bouger, juste pour voir.

Malséance de tel animal nu devant l’autre animal,
dès lors, on dirait une sorte d’animalséance :
l’expérience originale, une et incomparable de cette malséance
qu’il y aurait à paraître nu en vérité,
devant le regard insistant de l’animal,
un regard bienveillant ou sans pitié, étonné ou reconnaissant.
Un regard de voyant, de visionnaire ou d’aveugle extra-lucide.

C’est comme si j’avais honte, alors, nu devant le chat,
mais aussi honte d’avoir honte.
Réflexion de la honte, miroir d’une honte honteuse d’elle-même,
d’une honte à la fois spéculaire, injustifiable et inavouable.
Au centre optique d’une telle réflexion se trouverait la chose
– et à mes yeux le foyer de cette expérience incomparable qu’on appelle la nudité.
Et dont on croit qu’elle est le propre de l’homme,
c’est-à-dire étrangère aux animaux, nus qu’ils sont, pense-t-on alors,
sans la moindre conscience de l’être.

Honte de quoi et nu devant qui ?
Pourquoi se laisser envahir de honte ?
Et pourquoi cette honte qui rougit d’avoir honte ?

Devant le chat qui me regarde nu,
aurais-je honte comme une bête qui n’a plus le sens de sa nudité ?
Ou au contraire honte comme un homme qui garde le sens de la nudité ?

Qui suis-je alors ?
Qui est-ce que je suis ?
À qui le demander sinon à l’autre ?
Et peut-être au chat lui-même ?

(Jacques Derrida)

Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: L’animal que donc je suis
Traduction:
Editions: Galilée

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L’irrégulière réflexion (Oriko Nishikawa)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



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L’irrégulière réflexion
d’un verre vénitien —
Fin d’été

(Oriko Nishikawa)

Illustration

 

 

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La profondeur du subconscient vomit trop de monstres incongrus (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[32]

La profondeur du subconscient vomit
trop de monstres incongrus

et de matière indigeste figée
telle que coquillage, perle ; imagerie

usée jusqu’à la corde ; ascension périlleuse,
descente ridicule ; rime, ritournelle,

assonance fatiguée, nonsense,
juxtaposition de mots pour les mots eux-mêmes,

dépourvus de sens, non définis ; imposition,
déception, girouette indécise ;

syllabes désagréables, inconséquentes,
trop malléables, trop cassantes,

sur-délicates, sous-définitives,
heurt des contraires, lutte de l’émotion

et de l’invention stérile —
tout cela, tu le trouves ?

conditionné à la discrimination
des couleurs de l’arc-en-ciel lunaire

et des couches extérieures des plumes
sur les antennes des papillons,

nous fûmes surpris par la tornade
et déposés sur un sol peu plaisant,

mais comprimes que l’angle d’incidence
est égal à l’angle de réflexion ;

séparés des étoiles errantes
et des habitudes des nobles étoiles fixes,

nous vîmes que même la comète calcinée erratique
possède son orbite particulière.

***

Depth of the sub-conscious spews forth
too many incongruent monsters

and fixed indigestible matter
such as shell, pear ; imagery

done to death; perilous ascent,
ridiculous descent; rhyme, jingle,

overworked assonance, nonsense,
juxtaposition of words for words’ sake,

without meaning, undefined; imposition,
deception, indecisive weather-vane;

disagreeable, inconsequent syllables,
too malleable, too brittle,

over-sensitive, under-definitive,
clash of opposites, fight of emotion

and sterile invention—
you find all this?

conditioned to the discrimination
of the colours of the lunar rainbow

and the outer layers of the feathers
of the butterfly’s antennae,

we were caught up by the tornado
and deposited on no pleasant ground,

but we found the angle of incidence
equals the angle of reflection;

separated from the wandering stars
and the habits of the lordly fixed ones,

we noted that even the erratic burnt-out comet
has its peculiar orbit.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Le pêcheur (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




    

Le pêcheur s’abîme, il tient
au centre de sa réflexion
son âme comme son hameçon
Hébété il sourit
et le bouchon qui tangue à la surface de l’eau
hausse les petites épaules de l’indifférence de l’eau

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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Toute réflexion faite (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Toute réflexion faite
par ces temps de malheur
le miroir s’est brisé.

(Jacques Prévert)

 

 

 

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