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Poésie

Posts Tagged ‘regard’

La vie je cours après (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



la vie je cours
après une
mèche de cheveux
les bonheurs
du regard
les frontières
du regard

(Henri Meschonnic)

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SAGESSE (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

SAGESSE

La facette secrète du diamant
L’impossible vérité
L’intime du souffle
L’encre figée sur le papier.
La présence du silence
A l’instant de mourir
Étrangers, de se perdre dans le tourment d’une antique parole,
J’ai rêvé l’émerveillement du soleil sur une pierre blanche
et l’eau de lune enveloppée de la nuit.
Sur le carreau du temps bourdonne une libellule,
Devenir, le silence, le repos, le passage, l’exil
l’ombre commune, le malheur commun, l’errance
la soif, l’absolu, le désert de l’âme, la source de la joie
l’amer, l’infini, le grain de sable, l’étoile
Les mots, corps célestes
Une interrogation
éternelle en deçà de la mort
Présence des visages
Avec pour exil, le même mot
Avec
pour voyage, le regard de la
même eau
Avec pour bagage, l’amour
du même feu.

(Nicole Barrière)

 

 

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LE PARADIS MON AMOUR (Hubert Antoine)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    Illustration
    
LE PARADIS MON AMOUR

le paradis est un détail
l’état avant la chair

c’est quand un geai aux trois couleurs
abat ses cartes sur la neige

quand ce que tu ne cherches pas
se trouve dans la promesse
d’un saut de truite

ce regard entre deux mouettes
une seconde après l’éclipse

(Hubert Antoine)

 

Recueil: tohu-bohu et brouhaha
Editions: Le Cormier

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L’homme-garou (Margaret Atwood)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

L’homme-garou

Mon mari marche dans le champ couvert de givre,
un X, un concept
défini contre un blanc;
il oscille, entre dans la forêt
et s’y efface.

S’il n’est défini par mon regard
en quoi se transforme-t-il
quelle autre forme
se fond avec les pousses
souterraines, ondule à travers les eaux,
camouflée aux animaux attentifs
du marécage

À midi il
reviendra; ou peut-être
ne reviendra
que mon idée de lui
lui se cachant derrière.

Il se peut qu’il me transforme aussi
avec l’oeil du renard, l’oeil
du hibou, l’oeil aux huit
facettes de l’araignée

Je ne peux pas imaginer
ce qu’il verra
quand il ouvrira la porte

***

The Wereman

My husband walks in the frosted field
an X, a concept
defined against a blank;
he swerves, enters the forest
and is blotted out.

Unheld by my sight
what does he change into
what other shape
blends with the under
growth, wavers across the pools
is camouflaged from the listening
swamp animals

At noon he will
return; or it may be
only my idea of him
I will find returning
with him hiding behind it.

He may change me also
with the fox eye, the owl
eye, the eightfold
eye of the spider

I can’t think
what he will see
when he opens the door

(Margaret Atwood)

 

Recueil: Le journal de Susanna Moodie
Traduction: Christine Evain
Editions: Bruno Doucey

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Berceuse (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Printemps-Eté-Automne-Hiver
    

Berceuse

Pose ta tête endormie, mon amour
Humaine sur mon bras infidèle ;
Le temps et les fièvres consument
La part de beauté
Des enfants pensifs et la tombe
Prouve que l’enfant est éphémère ;
Mais que dans mes bras jusqu’au point du jour
Repose cet être vivant,
Mortel, coupable, mais pour moi
Beauté absolue.

L’âme et le corps n’ont point de bornes ;
Aux amants étendus
Dans leur pâmoison coutumière
Sur la pente enchantée de son indulgence
Vénus gravement apporte la vision
D’une compassion surnaturelle,
Un amour, un espoir universels ;
Tandis qu’une intuition abstraite
Eveille parmi les glaciers et les rocs
L’extase sensuelle de l’ermite.

Certitude, fidélité
Sur le coup de minuit passent
Comme les vibrations d’une cloche,
Et les fous à la mode poussent
Leurs cris ennuyeux de pédants ;
Chaque centime de la dépense,
Tout de que prédisent les cartes redoutées
Sera payé, mais de cette nuit
Que pas un murmure, pas une pensée
Pas un baiser ni un regard ne soient perdus.

Tout meurt, la beauté, la vision, minuit :
Que les vents de l’aube qui demeurent
Soufflent sur ta tête rêveuse
Annonçant un jour d’une telle douceur
Que les yeux et le cœur qui cogne puissent louer
Ce monde mortel et s’en satisfaire ;
Que les midis de sècheresse te voient nourri
Par les puissances irréfléchies,
Que les nuits d’insulte te laissent vivre
Sous la garde de tout amour humain.

***

Lullaby

Lay your sleeping head, my love,
Human on my faithless arm;
Time and fevers burn away
Individual beauty from
Thoughtful children, and the grave
Proves the child ephemeral:
But in my arms till break of day
Let the living creature lie,
Mortal, guilty, but to me
The entirely beautiful.

Soul and body have no bounds:
To lovers as they lie upon
Her tolerant enchanted slope
In their ordinary swoon,
Grave the vision Venus sends
Of supernatural sympathy,
Universal love and hope;
While an abstract insight wakes
Among the glaciers and the rocks
The hermit’s carnal ecstasy.

Certainty, fidelity
On the stroke of midnight pass
Like vibrations of a bell,
And fashionable madmen raise
Their pedantic boring cry:
Every farthing of the cost,
All the dreaded cards foretell,
Shall be paid, but from this night
Not a whisper, not a thought,
Not a kiss nor look be lost.

Beauty, midnight, vision dies:
Let the winds of dawn that blow
Softly round your dreaming head
Such a day of welcome show
Eye and knocking heart may bless,
Find the mortal world enough;
Noons of dryness find you fed
By the involuntary powers,
Nights of insult let you pass
Watched by every human love.

(Wystan Hugh Auden)

 

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Jardin public (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration

    

Jardin public
ciel reflété
dans le regard d’un oiseau grave

il vous épie, ne sait
quel geste attendre
de vous, ses autres-et-mêmes.

Ne voyez-vous pas battre à sa gorge
une émotion si proche
de votre sang?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Attiré par la robe rouge (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
Attiré par la robe rouge d’une inconnue
mon regard porte au fond d’une boutique obscure
qui vend aiguilles, passementeries,
fourbis désuets de mercière.

Je voudrais à mon tour
pénétrer dans cette ombre, parler à la passante
de bolducs, de gros-grains.
ensuite ? Salon de thé pour toutes deux, madeleines,
menues confidences.

Mais des autobus couinent, la rue
dresse un barrage contre la dame de mes voeux.

J’ai perdu peut-être
une rencontre doucement surannée, une amie ?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Ah ! tu viens d’enivrer mon âme (Ecouchard Lebrun)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Ah ! tu viens d’enivrer mon âme
D’un baiser si délicieux
Que j’ai cru respirer la flamme
Dont Vénus embrase les dieux.

Ce n’est point un baiser ; non, c’est l’Amour lui-même.
Il passe dans mon coeur, et mon coeur embrasé,
Tout à coup palpitant, saisi d’un trouble extrême,
A reconnu le dieu vainement déguisé.

Il se trouble, il palpite encore,
Il se plaît à consumer ;
Il désire, il craint, il adore,
Et tout conspire à l’enflammer.

Aux accents de ta voix mon âme est éperdue ;
Mes regards inquiets brillent d’humides feux ;
Je rougis, je pâlis ; un voile est sur ma vue ;
Tous mes sens sont en proie au délire amoureux.

Même quand ma bouche est muette,
Fanni, mon coeur parle à ton coeur
Et le doux nom de son vainqueur
Est le seul nom qu’il me répète.

Absent de tes regards, dans l’ombre et le sommeil,
Je te vois, je te suis, j’embrasse ton image ;
De mes songes brûlants, Fanni, reçois l’hommage ;
Fanni, reçois encor l’hommage du réveil.

O baiser ! divine caresse !
Source flatteuse de tourment !
O Fanni ! partage l’ivresse
Du baiser qui m’a fait amant !

Te désirer, te voir, parler et t’entendre,
T’aimer ! … que sais-je encore ? Il est un autre voeu !
Donne un second baiser plus secret et plus tendre ;
J’étais plus qu’un mortel ; je serai plus qu’un dieu.

(Ecouchard Lebrun)

 

 

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Amour Fou (Yves-Emmanuel Dogbé)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017


parc monceau

 

Je suis bien
quand je suis avec toi
Ce n’est pas tant les reflets basanés
de ton regard
qui m’attirent et me retiennent
je retrouve avec toi
Un sourire, une espérance
la confiance et la vie
Tu es toute douceur
et tes humeurs n’ont d’égal
que les feux jaloux qui te consument
je suis quand même bien avec toi
et je t’aime
d’un amour d’enfant
irréfléchi
et fou.

(Yves-Emmanuel Dogbé)

 

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La Faunesse (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



La Faunesse

SES lèvres ont ravagé les grappes meurtries
Et bu le baiser rouge et cruel du Désir,
Elle ne connaît point les blanches rêveries,
Ni l’amour que les bras ne sauraient point saisir.

Ses regards ont fané la volupté des lignes,
Les roses de la chair, le marbre des contours.
Ses pas ont saccagé les vergers et les vignes,
Et les vierges ont fui devant ses yeux d’amour.

Eros l’agite, et Pan la sert et la protège.
Parfois, elle s’éloigne, et, lasse de l’Eté,
Elle appelle les vents sans parfum et la Neige
Qui promet l’impossible et douce chasteté.

(Renée Vivien)

Illustration: Schoeni

 

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