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Poésie

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Présence impérieuse (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Présence
impérieuse et pourtant retenue
comme une haleine
regarde nos longs chemins d’ombre.
mes mains tendues,
nos bouches perdues
notre demeure ouverte où tu n’habites pas.

Aux cimes de chastes cristaux,
l’âme perd connaissance,
se détache comme une bulle,
voyage aux plus profondes pistes
parfois dans les arches d’une aube

envisage Dieu.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers
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UNE FOULE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



UNE FOULE

Il y a trop de personnages dans cette toile,
mais c’est exprès.
Pour mieux cacher ces deux amants qui ne peuvent se joindre
et qui se parlent du regard.
Dans une foule, on est presque seul comme dans une forêt.
Et ces deux amoureux seront ensemble
dès que nous aurons tourné le dos.

(Norge)


Illustration: Emily Grenader

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Sombre nuit (Julian Tuwim)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



 avebury cove stones night time

Sombre nuit

Homme plié sous le fardeau,
Viens t’asseoir.
Taisons-nous, regardons
La nuit noire.

Pose là ta pierre,
Repose-toi
Jusqu’au matin.
Dans la nuit sombre braquons tous deux
Nos yeux humains.

Parler est dur. La pierre est lourde.
Le pain de pierre.
Pourquoi parler. Deux pierres dans la nuit
Pour se taire.

(Julian Tuwim)

Découvert ici: Schabrières

Illustration

 

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Je regarde et je m’émeus (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Je regarde et je m’émeus,
Je m’émeus comme l’eau court
lorsque le sol est en pente,
Et ce que j’écris est naturel
comme le surgissement du vent …

(Fernando Pessoa)

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Cet arbre (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



cet arbre, oui, je
l’ai planté,
à peine cent grammes
d’écorce
c’est lui maintenant
qui te pèse et te
regarde

(Katell Antoine)


Illustration

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J’ai trouvé, dans le pré (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018




J’ai trouvé, dans le pré,
la vache d’Essénine
en train de regarder un nuage.

(Yannis Ritsos)

 

 

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Venue du soleil (Michel Onfray)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Venue du soleil,
Descendue du ciel,
Où vivent les morts qui nous regardent,
La lumière rapporte leurs mots sans paroles.

Lire la pierre
C’est lire la lumière
Qui est la voix des morts sans corps.

(Michel Onfray)

 

Recueil: La Constellation de la baleine Le songe de Démocrite
Traduction:
Editions: Galilée

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HONTE (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



HONTE

Me regardes-tu et je deviens belle
comme l’herbe que couvre la rosée,
et les grands roseaux, près de la rivière,
ne reconnaîtront mon air triomphant.

J’ai honte d’avoir la bouche si triste
et la voix cassée et les genoux rudes.
Depuis qu’es venu et m’as regardée,
je palpe mon corps et je me sens pauvre.

Tu n’auras trouvé de pierre en chemin
plus nue de clarté dans le jour naissant
que cette femme sur qui as levé
les yeux quand tu l’as entendue chanter.

Je ne dirai mot pour que ceux qui passent
dans la plaine, oui, ne voient mon bonheur
dans l’éclat qu’il donne à mon front grossier,
dans le tremblement agitant ma main…

I1 fait nuit, la rosée descend sur l’herbe ;
couve-moi des yeux, dis-moi des mots tendres,
car demain ce que tu as embrassé
sera la beauté descendant vers l’eau !

***

VERGUENZA

Si tú me miras, yo me vuelvo hermosa
como la hierba a que bajó el rocio,
y desconocercin Ti faz gloriosa
las alias cañas cuando baje al río.

Tengo vergüenza de mi boca triste,
de mi voz rota y mis rodillas rudas.
Ahora que me miraste y que viniste,
me encontré pobre y me palpé desnuda.

Ninguna piedra en el camino hallaste
más desnuda de luz en la alborada
que esta mujer a la que levantaste,
porque oíste su canto, la mirada.

Yo callaré para que no conozcan
mi dicha los que pasan por el llano,
en el fulgor que da a mi frente tosca
y en la tremolación que hay en mi mano…

Es noche y baja a 1a hierba el rocío;
mírame largo y habla con ternura,
¡que ya manaña al descender al río
lo que besaste llevará hermosura!

(Gabriela Mistral)


Illustration: Alexandre Séon

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Madame, autour de vous tant de grâce étincelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


Albert Lynch _A_Lady_With_A_Fan

 

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle.
Mens blanda in corpore blando.

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle,
Votre chant est si pur, votre danse recèle
Un charme si vainqueur,
Un si touchant regard baigne votre prunelle,
Toute votre personne a quelque chose en elle
De si doux pour le coeur,

Que, lorsque vous venez, jeune astre qu’on admire,
Éclairer notre nuit d’un rayonnant sourire
Qui nous fait palpiter,
Comme l’oiseau des bois devant l’aube vermeille,
Une tendre pensée au fond des coeurs s’éveille
Et se met à chanter !

Vous ne l’entendez pas, vous l’ignorez, madame.
Car la chaste pudeur enveloppe votre âme
De ses voiles jaloux,
Et l’ange que le ciel commit à votre garde
N’a jamais à rougir quand, rêveur, il regarde
Ce qui se passe en vous.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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LE ROUGE-GORGE (Yvon Givert)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



LE ROUGE-GORGE

Le rouge-gorge prend du ventre
Il a mis sa voix d’or dans son gousset
Il se regarde chanter à l’intérieur
comme un prêtre dans une église vide
personne ne le remarque
si ce n’est une pie qui lisse ses manchettes
en attendant de lui voler ses sous

(Yvon Givert)

 

 

 

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