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Poésie

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LAC OHRID (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration

    

LAC OHRID

Vinrent les barbares au nombril du monde,
quoique le monde ait plusieurs nombrils.

Ils prirent possession des eaux plissées
et érigèrent en prophétie ce qu’ils désiraient entendre d’eux-mêmes.

Ils tracèrent des frontières sur l’eau, comme si l’eau
pouvait être divisée. Le lac resta insaisissable.

Le Soleil comme un oeil ivre dansa sur les ondes
devant les barbares et le nombril de leur monde.

Il y eut alors une blancheur plus blanche que le blanc.
Et tous les arbres de la rive regardèrent cette lumière.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Transparence rêveuse (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017


Amour-Fantome

 

Ils se rejoignent se regardant repartent
ils tremblent de bonheur
puis de néant

(Jean Follain)

Illustration

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Je regarde rêveusement (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Je regarde rêveusement
la plaine où les gens travaillent
je regarde rêveusement
la tombe de mon grand-père
mort après une vie de travail

je sors la main de ma poche

(Ko Un)

 

 

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Aigu (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Aigu

Maison aux murs
ajourés

Hiboux les fenêtres
aveugles
nous regardent
sans nous voir

Sortez-nous le temps
de ses gonds

Sur le rosier verdoient
des épines

aiguës comme les débris
de notre espoir
Portes de vent
qui sortent et entrent

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Ô mon serviteur, où me cherches-tu ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration
    
Ô mon serviteur, où me cherches-tu ?
Regarde !
Je suis auprès de toi.

Je ne suis ni dans le temple ni dans la mosquée;
ni dans le sanctuaire de La Mecque,
ni dans le séjour des divinités Indoues.

Je ne suis ni dans les rites et les cérémonies,
ni dans l’ascétisme et ses renoncements.

Si tu me cherches vraiment,
tu me verras aussitôt
et un moment viendra où tu me rencontreras.

Kabîr dit : « Ô Saint, Dieu est le souffle de tout
ce qui respire. »

(Kabîr)

 

 

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Percevoir (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Percevoir avec le cerveau du chat
petit entre ses deux oreilles
mais de connexions très subtiles :
odeurs, présence, inaperçues de nous

regarder
avec les yeux à facettes des mouches

comprendre avec l’intelligence d’une seiche
immense, nous dit-on,
— et plus nous serions seiche,
plus la profonde mer nous bercerait.

Toutes ces versions du monde
inconnues
trouvons jouissance à songer à elles

qui nous observent
et
peut-être
ne nous envient pas d’être nous.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Sur le haut mur sans fenêtre ni porte (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Sur le haut mur sans fenêtre ni porte
on a peint une femme
qui ouvre des volets, découvre
un grand jardin de buis et de bassins

autour: maisons tristes
portes disjointes, affiches en loques?

– Mais parfois
une habitante regarde le mur
sourit à une autre, et parle avec chaleur
d’un voyage ancien, d’un amour passé.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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La chair, pleine d’avancées maritimes (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration: Edward Hopper
    
La chair, pleine
D’avancées maritimes et de sursauts
elle regarde, la chair, dans la nuit aveugle
elle crie dans le silence des langues mortes
elle mangerait les pierres, étranglerait le baobab

mais ici
maintenant
chaude,
vent debout,
elle atteint, pénètre

de nouveau
elle s’accorde
avec tout.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Ô Saint homme ! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

    

Ô Saint homme ! S’unir simplement à Lui,
voilà ce qu’il y a de meilleur.

Depuis le jour où j’ai rencontré mon Dieu,
les jeux de notre amour n’ont jamais cessé !

Je ne ferme pas mes yeux;
je ne bouche pas mes oreilles;
je ne mortifie pas mon corps.
Je regarde avec mes yeux grands ouverts ;
je souris et partout je contemple Sa beauté.

Je murmure Son nom et tout ce que je vois me parle de Lui.
Tous mes actes sont un culte que je rends à mon Dieu.
L’aurore et le crépuscule me sont semblables.
Les contradictions n’existent plus pour moi.
Partout où je vais je n’agis qu’en Lui.
Tout ce que j’accomplis est Son Service.
Quand je me couche, c’est à Ses pieds que je me prosterne.
Il est le seul adorable à mes yeux;
je n’en connais pas d’autres.

Ma langue ne prononce plus de paroles impures;
jour et nuit elle chante Ses louanges.
Debout ou assis, je ne puis l’oublier,
car le rythme de Sa chanson bat à mes oreilles.

Kabîr dit : «Mon coeur est embrasé d’une joie frénétique
et je découvre tous les mystères cachés dans mon âme.
— Je suis immergé dans une immense félicité
qui surpasse toute joie et toute douleur. »

(Kabîr)

 

 

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La fenêtre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    

La fenêtre fut beaucoup
ouverte et beaucoup regardée
pour être la fenêtre
Elle fut beaucoup fenêtre
pour être à ce point
ce champ de paille de l’étendue

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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