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Poésie

Posts Tagged ‘regarder’

Les mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017


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Les mots,
C’est pour savoir.

Quand tu regardes l’arbre et dis le mot: tissu,
Tu crois savoir et toucher même
Ce qui s’y fait

(Guillevic)

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ON MEURT SANS MÊME SE REGARDER MOURIR (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

ON MEURT SANS MÊME SE REGARDER MOURIR

On meurt sans
même se
regarder mourir.

Vous le disiez.

Sa propre main
sur les yeux.

Tu le craignais.

Peut-être afin
d’enfermer puis de coudre
à jamais cette image.

Dans le sac.

Mais l’obscurité
qu’annonce-t-elle
au juste?

On la dit soeur
incestueuse
de la flamme.

De cette lumière
qui nous anime.

Avant d’en terminer.

Les mains jointes
de force.

(Franck Venaille)

 

 

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Regardez (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

Regardez, regardez, Messieurs, voyez cette puissante entreprise,
Et comme ils travaillent sans trêve, se retournant dans
les draps de la vie comme en un lit de cauchemar,
Avec la sueur au front, les mains moites, et poursuivant
on ne sait quelle aventure inéluctable,
Comme des employés de bureau d’une administration
impitoyable, devant une porte toujours fermée sur
laquelle un numéro se lit,
C’est là sans doute que repose le centre de l’affaire, le grand patron,
C’est le numéro 0,
Et si par hasard quelqu’un entrait, il verrait qu’il n’y a personne,
On ne voit rien, il n’y a ni table, ni chaise, ni téléphone,
ni rien qui vaille, pas de fenêtre non plus,
Rien que des vieux murs sans papier, absolument rien,
ni trace de personne,
N’empêche que c’est le bureau du patron, le numéro 0,
Et ils continuent à accomplir leur besogne, oh ! pour-quoi,
sans doute parce qu’il faut manger et qu’il y a des gosses à la maison,

(Georges Ribemont-Dessaignes)

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Babel (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Maarten van Heemskerck
    
Babel

Sur le chemin de la ville,
que mes électriciens avaient envahie
pour lui donner les yeux de la prochaine nuit,
je vis un homme assis qui jouait avec un bœuf d’ébène,
plus petit que mon rêve et plus grand qu’un château.

Je lui dis : «Père, as-tu froid?», car il était nu.
Il me regarda sans réponse.
Je criai : «Père, es-tu sourd? ».
Mais il ne dit rien non plus.

Quand je fus à l’auberge
où je voulais passer la nuit,
l’hôte me conduisit à l’écurie.

Dans cet étrange pays,
les gens prétendent que je suis un cheval.
C’est vrai, sans doute,
et l’homme ne peut m’avoir compris si je hennis.

Dans mon pays, pourtant,
je suis ingénieur nucléaire.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable
Editions: La Fenêtre Ardente

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Tu n’es pas seul (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
tu n’es pas seul
tu n’es pas seul regarde la mer elle t’appartient
en un murmure tendre elle t’interroge
sur tes espoirs et tes désirs

attends elle va venir sois en sûr
le sable la plage les rochers les vagues la mer
tous savent le savent : dans la nuit noire elle viendra

et du haut du ciel des yeux par milliers
veillent sur tes amies
et volent à la mer à l’infini leurs larmes

(Hannah Senesh)

 

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La neige tombe toujours (Chieko Watanabe)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



La neige tombe toujours,
que je la regarde
ou que je ferme les yeux

(Chieko Watanabe)

Illustration

 

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Il faut regarder longtemps (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Il faut regarder longtemps
une branche qui bouge un peu pour pouvoir écrire:
la branche bouge un peu. Et que cela suffise.
cela peut paraître simple,
ça l’est.

(Antoine Emaz)

Illustration: Edward Okun

 

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LE CHAGRIN DU PERRON DE JADE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

Estampes   (1)

LE CHAGRIN DU PERRON DE JADE

Est-ce la rosée qui fait briller le perron de jade,
ou pleure-t-il parce que tu ne reviendras pas?

Au travers des rideaux en perles de cristal de roche,
la lune d’automne regarde la poésie
que j’écris sur le chagrin du perron de jade

(La Flûte de Jade)

 

 

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St-Théodore (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



St-Théodore

Tout à l’heure des amis sont passés devant moi
Mais ils ne m’ont pas vu
Car j’étais caché
Derrière un foetus de poème
Et je regardais
Courir des couleurs

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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CHEVAL DES RÊVES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017




CHEVAL DES RÊVES

Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.

j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.

I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.

Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.

Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.

Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.

J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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