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Poésie

Posts Tagged ‘regards’

Femme multiple (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Femme multiple

Habillée de lumière
Ton sourire t’épanouit
Tu as des mains pour boire
Aux sources de la vie

Tu as des jambes à traverser les tempêtes
Et des seins à fendre les flots
Et dans ta robe à fleurs
Ton corps mûrit tous les désirs

Tes mains ouvrent des chemins
Et projettent de la tiédeur
Sur les vitres où se cognent
Des étoiles égarées
Tes yeux fascinent les pierres
Et pétrifient les oiseaux

Dans les frissons de l’aube
Tes regards piègent les êtres
Alors que des rayons errent sur ton corps
Qui s’imprègne de bien-être
Tu t’offres à la lumière
Le reflet de ta voix
Caresse l’écho du miroir
Sous la bénédiction des lampes

Toutes les choses sont belles de toi.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Louis Joseph Raphael Collin

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Anecdote (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


Dans l’étang,
C’était toi.

C’était en toi,
L’étang.

C’était nous deux, ce rire
Dans le chemin bordé de ronces.
Et nos mains réunies, c’était beaucoup de sève,
Et nos regards d’envahisseurs,
C’était le noir vers l’ouverture,
C’était le minéral ennuyé de sa masse
Qui se veut liane dans l’espace.

Nous deux dans l’herbe
Avec la terre, avec le ciel,
C’était l’espoir
De tous les autres dans le vent.

Ce que nous fîmes,
C’était gagné pour tous.

Et c’est bénis par l’air au nom de ce qu’il touche
Que le chemin nous a repris.

(Guillevic)

Illustration: Vladimir Kush

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Et nous étions ainsi dans une nuit massive (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Et nous étions ainsi dans une nuit massive
l’un à l’autre mêlés, nos chevelures
confondues, nos branches, nos racines,
et nous tombions comme un seul arbre ainsi
avec lenteur dans un silence lisse.
Sans doute les gardiens demeuraient aux remparts,
vieux ennemis vêtus de fer, mais invisibles;
les chiens tournaient sans doute dans les cours
auprès des portes condamnées.
Il n’y avait ni feu ni terre, mais une absence
de cris et de regards, la paix des gouffres,
et nous tombions ainsi l’un à l’autre mêlés
avec lenteur vers l’invisible eau noire.

(Jean Joubert)


Illustration: Sabin Balasa

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