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Posts Tagged ‘région’

AU CIEL (Blanca Castellón)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2019



Illustration: Elisabeth Gecius
    
AU CIEL

Déjà enfant je voulais visiter le ciel
J’ai réussi à l’atteindre grâce
aux poèmes
aux avions
et aux rêves

si je meurs je pense déménager vers la région bleue
déjà je m’emploie à organiser mon séjour éternel
avec son fondateur

plus qu’un impatient j’attends mon arrivée.
Dieu qui nous connaît tous et comprend mon désir
ne permettra pas que je reste errer sur terre pour l’éternité
couvert de vers qui de mon vivant n’ont jamais montré
la moindre affection pour mon humanité.

(Blanca Castellón)

Recueil: ITHACA 584
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache /

Editions: POINTS

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Tout au bout de la peur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Tout au bout de la peur
Au large de ce récif noir,
Régions de vents et de mers tourmentées;
Jusques à quand cette mortelle terreur
Va-t-elle me retenir, m’emprisonner?

***

At the end of fear
Out over that black skerry,
Regions of wind and moiling sea:
How long will mortal terror
Withhold, imprison me?

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Il est facile de descendre (Virgile)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018




    
Il est facile de descendre dans les gouffres des enfers :
La porte du dieu sombre reste ouverte, nuit et jour;
Mais s’échapper du sombre abîme
et remonter vers les régions de la lumière,
c’est là le suprême effort pour un mortel.

(Virgile)

 

Recueil: Énéide
Traduction:
Editions:

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LA RIZIÈRE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018




    
LA RIZIÈRE

Après la grande pluie, je vais à la rizière.
Toutes les régions de Changpyeong et Damyang sont inondées !
La rizière est la vie.
Sur cet horizon son soupir enflant,
L’agriculteur redresse les plantes
D’un prix inférieur á la production,
sans compter son travail.
Malgré tout, que faire?
Vivre, vivre,
Dit-il.
De loin, les hirondelles le saluent.
Mon corps malade ne souffre plus.
Pourquoi donc ?
Voyant la couleur vert tendre sortir à peine de l’eau,
j’ai envie de pleurer,
tout à coup.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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COEUR (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018




    
COEUR

Il ne sait pas mon nom
Ce coeur dont je suis l’hôte,
Il ne sait rien de moi
Que des régions sauvages.
Hauts plateaux faits de sang,
Épaisseurs interdites,
Comment vous conquérir
Sans vous donner la mort?
Comment vous remonter,
Rivières de ma nuit
Retournant à vos sources
Rivières sans poissons
Mais brillantes et douces.
Je tourne autour de vous
Et ne puis aborder,
Bruits de plages lointaines,
O courants de ma terre
Vous me chassez au large
Et pourtant je suis vous,
Et je suis vous aussi
Mes violents rivages,
Écumes de ma vie.

Beau visage de femme,
Corps entouré d’espace,
Comment avez-vous fait,
Allant de place en place,
Pour entrer dans cette lie
Où je n’ai pas d’accès
Et qui m’est chaque jour
Plus sourde et insolite,
Pour y poser le pied
Comme en votre demeure,
Pour avancer la main
Comprenant que c’est l’heure
De prendre un livre ou bien
De fermer la croisée.
Vous allez, vous venez,
Vous prenez votre temps
Comme si vous suivaient
Seuls les yeux d’un enfant.

Sous la voûte charnelle
Mon coeur qui se croit seul
S’agite prisonnier
Pour sortir de sa cage.
Si je pouvais un jour
Lui dire sans langage
Que je forme le cercle
Tout autour de sa vie!
Par mes yeux bien ouverts
Faire descendre en lui
La surface du monde
Et tout ce qui dépasse,
Les vagues et les deux,
Les tetes et les yeux!
Ne saurais-je du moins
L’éclairer à demi
D’une mince bougie
Et lui montrer dans l’ombre
Celle qui vit en lui
Sans s’étonner jamais.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les Zones de l’âme (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Les Zones de l’âme

L’âme ― ainsi que la terre ― a ses régions douces,
Ses climats tempérés qu’effleure le soleil :
Frais espoirs souriant comme un flot sur les mousses,
Voluptés sans angoisse et bonheurs sans réveil.

Elle a les passions de sa zone torride,
Ses amours, épandus comme un embrasement,
Ses âpres désespoirs, steppes au sable aride,
Que le vent du désir brûle éternellement.

Puis elle a ses torpeurs et ses déserts de glace,
Ses mornes souvenirs flottant de place en place,
Avec ses jours sanglants sur la neige étalés ;

Mais ceux-là vous diront une lugubre histoire,
Qui, penchés au sommet de quelque promontoire,
Ont aperçu de loin ses pôles désolés.

(Louis Bouilhet)

Illustration: David Caspar Friedrich

 

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LA TERRE, RÊVEUR SOLITAIRE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    
LA TERRE, RÊVEUR SOLITAIRE

La Terre, rêveur solitaire,
Ne va-t-elle plus t’inspirer,
Ni plus t’inviter la Nature
Si nul feu ne peut t’embraser?

Sans cesse ton esprit parcourt
Des régions obscures pour toi;
Renonce à ces randonnées vaines :
Reviens demeurer avec moi.

Je sais que mes brises des monts
Toujours t’enchantent, puis t’apaisent;
Je sais que mon soleil t’est cher
Malgré ton ondoyant vouloir.

Quand le jour se fond dans le soir
Et déserte le ciel d’été,
J’ai vu ton esprit prosterné
Dans une idolâtre ferveur.

Pour t’avoir guetté à toute heure,
Je sais mon souverain empire,
Je sais mon magique pouvoir
De bannir au loin tes ennuis.

S’il est peu de coeurs ici-bas
Que dévore autant la langueur,
Nul plus que toi ne brigue un Ciel
A l’image de cette terre.

Laisse mes vents te caresser;
Laisse que je sois ta compagne;
Toi que ne satisfait rien d’autre,
Reviens demeurer avec moi.

***

SHALL EARTH NO MORE INSPlRE THEE

Shall Earth no more inspire thee,
Thou lonely dreamer now?
Since passion may not fire thee
Shall Nature cease to bow?

Thy mind is ever moving
In regions dark to thee;
Recall its useless roving—
Come back and dwell with me.

I know my mountain-breezes
Enchant and soothe thee still—
I know my sunshine pleases
Despite thy wayward will.

When day with evening blending
Sinks from the summer sky,
I’ve seen thy spirit bending
In fond idolatry.

I’ve watched thee every hour;
I know my mighty sway,
I know my magic power
To drive thy griefs away.

Few hearts to mortals given
On earth so wildly pine;
Yet none would ask a Heaven
More like this Earth than thine.

Then let my winds caress thee;
Thy comrade let me be—
Since nought beside can bless thee,
Return and dwell with me.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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La forêt vierge (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




    
La forêt vierge est une région mystérieuse.
Vous avez l’impression de pénétrer
dans un fond de vieilles tapisseries
dont les tons fanés ou assombris par l’âge
offrent une infinie variété de nuances.

(Karen Blixen)

 

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En ton nom, en mon nom (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2017



Illustration: Margarita Sikorskaia
    

En ton nom, en mon nom, nous pénétrons dans notre nuit
Mesurons ses distances
Regardons comment elle s’élève
Et comment il change son nom et ses régions

Nous partons
Dans l’alphabet de nos jours
Dans ses passions
Ma voix et la tienne s’enchaînent, chanson après chanson
Nous voilà, buvant nos tréfonds
Psalmodions leurs versets
Nous ne voulons que l’errance dans nos corps
Nous ne voulons qu’avancer dans l’espace de la transgression

(Adonis)

 

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La Demoiselle (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La Demoiselle

Dans un jour de printemps, est-il rien de joli
Comme la demoiselle, aux quatre ailes de gaze,
Aux antennes de soie, au corps svelte et poli,
Tour à tour émeraude, ou saphir ou topaze ?

Elle vole dans l’air quand le jour a pâli ;
Elle enlève un parfum à la fleur qu’elle rase ;
Et le regard charmé la contemple en extase
Sur les flots azurés traçant un léger pli.

Comme toi, fleur qui vis et jamais ne te fanes,
Oh ! que n’ai-je reçu des ailes diaphanes !
Je ne planerais pas sur ce globe terni !

Aux régions de l’âme, où nul mortel ne passe,
J’irais, cherchant toujours dans les cieux, dans l’espace,
Le monde que je rêve, éternel, infini !

(Louise Colet)

 

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