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Poésie

Posts Tagged ‘régulier’

ÉLÉGIE EN BORD DE MER (Corin Bianu)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Oscar Bento
    
ELÉGIE EN BORD DE MER

Combien souvent le flot n’a-t-il pas inondé la plage
et n’a-t-il demandé après toi.
Dans ses yeux brillait l’éclat
et cette élégance naturelle
qui n’appartient qu’à toi.
Du coup j’étais persuadé
que vous étiez frère et sœur.

Les marées
arrivent de manière régulière
et reviennent sans cesse,
mais toi tu ne reviendras jamais plus.

***

ELEGIE LA MARGINEA MĂRII

De câte ori mareea uda țărmul,
Întreba de tine.
Avea aceeași limpezime în ochi
Și aceași grație netrucată,
Ca tine,
Încât se vedea cu certitudine,
Că sunteți rude.

Mareea
A venit dintotdeauna cu regularitate,
Și continuă încă să vină.
Tu n-ai mai venit

***

ELEGIA À BEIRA MAR

Quantas vezes a onda gigante
inundou a praia e me perguntou por ti?
Nos seus olhos brilhou o esplendor
e esta persistente elegância
que é tão peculiar em ti.
Imediatamente percebi
que sois irmãos.

As marés
sucedem-se regularmente
e voltam sempre.
Mas tu não regressas nunca.

***

ELEGÍA EN LA ORILLA DEL MAR

¿Con qué frecuencia el maremoto inundó la playa
preguntándome por ti?
En sus ojos brillaba el resplandor
y esa persistente elegancia
tan peculiar en ti.
Al instante me di cuenta,
que eran hermanos.

Las mareas
se suceden regularmente,
y siguen regresando.
Pero tú nunca regresas.

***

***

ELEGY ON THE SEASHORE

How often did the tidal wave flood the beach?
Asking me about you,
In its eyes shone the glittering
and that persistent elegance
that is peculiar to you.
Immediately, I realized
that you and her were siblings.

Tides
come and go regularly
and keep recurring
but you never will.

***

***

***

ELEGIE AAN DE OEVER VAN DE ZEE

Hoe vaak heeft de vloedgolf het strand niet overgoten
en heeft ze mij naar jou gevraagd.
In haar ogen straalde de glans
en die natuurlijke elegantie
die jou zo eigen is.
Ik was er meteen van overtuigd,
dat jullie broers en zussen waren.

Getijden
komen regelmatig voor,
en ze blijven terugkomen.
Maar jij komt nooit meer terug.

***

ELEGIE AM MEERESUFER

Wie oft begoss die Flutwelle den Strand
und fragte mich nach dir.
In ihren Augen leuchtete der Glanz
und diese unverstellte Eleganz
die dir so eigen ist.
Mir war sofort gewiss,
dass ihr Geschwister wart.

Gezeiten
treten regelmäßig ein,
und kommen immer wieder.
Doch du kehrst nie zurück.

***

***

ELEGIA DELLA COSTA

Quanto spesso la marea invade la spiaggia?
Chiedimi di te.
In quegl’occhi brillavano scintille
e quella persistente eleganza
per te così insolita.
All’improvviso ho compreso,
che siete fratelli.

Le maree
accadono con regolarità,
e ogni volta ritornano.
Ma tu mai fai ritorno.

(Corin Bianu)

 

Recueil: ITHACA 600
Traduction: Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache
Editions: POINT

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La vie a noué sa cravate (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
La vie a noué sa cravate,
s’est aspergée d’eau de Cologne
et s’en est allée au théâtre.

Elle a chaussé ses lunettes
– la vie est un peu myope –
et s’est mise à observer la scène.

Au premier acte, sur le plateau,
c’était une fête exceptionnelle,
une fête comme elle n’en avait jamais vu.

Des amoureux apparaissaient
qui parlaient un langage tel que la vie, depuis qu’elle vit,
n’en avait jamais entendu.

Dieu, la vie ouït-elle jamais de pareils propos !
Au deuxième et au troisième acte survinrent des malheurs
si originaux que la vie dut ôter ses lunettes pour les essuyer.

Jamais, en nul lieu, en nul temps,
la vie n’avait vu des gens se comporter de cette façon.
Le rideau est tombé sur le dernier acte
et la vie a applaudi, crié bravo.

Quand la vie a quitté la représentation, il était déjà tard.
Elle a comparé ce qu’elle avait vu au théâtre
et en a conclu que la vie ne sait pas du tout vivre.
Qu’il lui faudrait, de temps à autre, faire un saut au théâtre
pour apprendre comment les gens se comportent,
afin de savoir quoi faire en des circonstances analogues.

Et, depuis lors, la vie va régulièrement au théâtre,
et la vie devient chaque jour plus intéressante,
meilleure, plus raffinée, plus dramatique.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le jour se lève (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



au bruit régulier
des vagues
le jour se lève

(Hosai)

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Tant qu’on sent le tremblé (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration
    
tant qu’on sent
le tremblé léger
le battement régulier
au fond de la caisse
on ne s’en fait pas

on n’avance pas plus
que l’herbe ou l’arbre
c’est tout

on n’est pas perdu
juste suspendu
par l’hiver

il n’y a rien à craindre

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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LES BRODEUSES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Charles Frederic Ulrich
    

LES BRODEUSES

Un geste engendre un autre geste mémorable
Sous la lampe. Les brodeuses
Filent l’or dans le temps régulier des horloges.
Ce soir encore le temps oscille et nous ne savons pas
Quelle heure dans la nuit toute proche s’avance.
Pour qui l’ouvrage sur vos genoux, Marie ?
Hier, dans le sillon, Novembre a découvert
Une hache rouillée perdue dans la ténèbre.
Toujours le même geste de vos mains, sous la lampe qui tremble,
Puis les ciseaux détachent le fil de la bobine, vivement
Dans la chambre à côté, l’enfant s’est endormi,
Ignorant de la mort, bercé
Par la voix qui chantonne.
La moisson lèvera sur le sol où l’on a combattu,
Les grains se mêleront aux souvenirs des morts.
Vous n’avez pas sourcillé quand il a dit : voici
Ce que la herse a fait surgir de la vieille terre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Léda (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Paul Véronèse
    
III

Pour un court moment, ô Cygne, je voudrais unir mes voeux
à ceux de tes deux ailes, qui embrassèrent Léda,
et à mon rêve d’adulte, encore vêtu de soie,
tu diras, pour les Dioscures, la gloire des cieux.

L’automne est là. De la flûte roulent des consolations.
Juste un instant, ô Cygne, en cette allée bordée de nuit,
je boirai entre deux lèvres malgré l’interdiction
de la Pudeur, mordant tour à tour Scrupules et Jalousie.

Cygne, j’aurai pour un instant tes ailes immaculées,
et le coeur de rose que ta douce poitrine abrite
palpitera dans la mienne avec son sang régulier.

Alors, Amour sera heureux, puisque sera vibrant
l’enthousiasme qui réveille le grand Pan et l’excite
tandis que son rythme cache la fontaine de diamant.

IV

Avant toute chose, Léda, gloire à toi !
Ton doux ventre recouvrit de soie
le Dieu. Miel et or au vent de Zéphyr !
Résonnèrent alternativement
flûtes et cristaux, la fontaine et Pan.
La Terre était chant et le Ciel sourire !

Devant l’acte suprême et céleste
un pacte fut conclu entre dieux et bêtes.
La lumière du jour pour l’alouette,
la sagesse advint aux chouettes
et pour les rossignols la mélodie.
Aux lions ce fut bien sûr la victoire,
les aigles reçurent toute la gloire
et tout l’amour aux colombes fut acquis.

Mais n’êtes-vous pas, vous, les divins
princes ? Indolents comme les bateaux
immaculés et purs comme le lin,
et merveilleux comme les oiseaux !

Vous avez dans vos becs les qualités
qui révèlent les coraux purs.
De vos poitrines, vous ouvrez les sentiers
que d’en haut vous indiquent les Dioscures.

La dignité de chacun de vos actes,
immortalisée dans l’infini,
fait qu’ils sont rythmes exacts,
lumières du mythe, voix de nos rêveries.

De l’orgueil olympien vous êtes le résumé,
ô blanches urnes de l’harmonie !
Joyaux éburnés qu’anime une volonté
de par sa céleste mélancolie.

Mélancolie d’avoir aimé,
auprès de la fontaine, dans le bois,
son cou lumineux étiré
entre les cuisses blanches de Léda !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même,
me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie…

Et ses bras qui m’enlacent sont si doux et si protecteurs
– et le battement de son cœur, je ne saurais même pas le décrire :

si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle,
assez fort pour ne jamais cesser, et en même temps si bon, si miséricordieux.

(Etty Hillesum)

 

 

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Traîtrise du Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



    

Traîtrise du Sablier

Je tiens entre mes doigts le traître sablier
Qui s’écoule avec un bruit doux et régulier.

C’est l’heure où je m’en vais et voici que tu pleures,
Exactitude atroce et fatale des heures !…

Ecoute glisser l’heure en un glissement doux :
Je t’aime, tu le sais, et c’en est fait de nous.

Que le sable d’argent est doux sous le soleil !
Mais le soir cependant le teindra de vermeil.

O sable lent et doux qui marques l’heure lente,
O sable, sois chéri par mon âme indolente !

Pour moi qui suis marquée et du temps et du sort
Marque enfin cet instant espéré de la mort !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Sa respiration à mes côtés (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2016



Sa respiration à mes côtés comme pouls régulier
de la nuit qui poursuit la ligne d’horizon
la masse brune de ses cheveux que je cherche
du bout des doigts pour apaiser la course folle
d’un esprit rompu à l’art de l’impertinence
Ces images d’eaux en crue frappent contre
la fixité du regard noir de l’enfant, apprendre
à tenir debout, à jeter ses filets d’ombre, à parcourir
les mots d’amour et de morts de Charles, d’Arthur
(c’est curieux Cédric ça sonne moins bien)

(Cédric Le Penven)

Illustration

 

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Certaines nuits (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Certaines nuits les esprits frappeurs venaient me visiter.
Dans la mince cloison qui sépare la chambre de la cuisine,
ils avaient élu domicile et me tenaient éveillé dans l’obscurité.
Longuement ils frappaient de petits coups légers et réguliers
— mais je ne savais les comprendre.
Le petit jour ne les lassait pas.
Je me levais et entrais dans la cuisine
le robinet mal fermé s’était égoutté toute la nuit
dans la grande bassine en fer.

(Luc Decaunes)

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