Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘régulier’

Le jour se lève (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



au bruit régulier
des vagues
le jour se lève

(Hosai)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Tant qu’on sent le tremblé (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration
    
tant qu’on sent
le tremblé léger
le battement régulier
au fond de la caisse
on ne s’en fait pas

on n’avance pas plus
que l’herbe ou l’arbre
c’est tout

on n’est pas perdu
juste suspendu
par l’hiver

il n’y a rien à craindre

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES BRODEUSES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Charles Frederic Ulrich
    

LES BRODEUSES

Un geste engendre un autre geste mémorable
Sous la lampe. Les brodeuses
Filent l’or dans le temps régulier des horloges.
Ce soir encore le temps oscille et nous ne savons pas
Quelle heure dans la nuit toute proche s’avance.
Pour qui l’ouvrage sur vos genoux, Marie ?
Hier, dans le sillon, Novembre a découvert
Une hache rouillée perdue dans la ténèbre.
Toujours le même geste de vos mains, sous la lampe qui tremble,
Puis les ciseaux détachent le fil de la bobine, vivement
Dans la chambre à côté, l’enfant s’est endormi,
Ignorant de la mort, bercé
Par la voix qui chantonne.
La moisson lèvera sur le sol où l’on a combattu,
Les grains se mêleront aux souvenirs des morts.
Vous n’avez pas sourcillé quand il a dit : voici
Ce que la herse a fait surgir de la vieille terre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Léda (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Paul Véronèse
    
III

Pour un court moment, ô Cygne, je voudrais unir mes voeux
à ceux de tes deux ailes, qui embrassèrent Léda,
et à mon rêve d’adulte, encore vêtu de soie,
tu diras, pour les Dioscures, la gloire des cieux.

L’automne est là. De la flûte roulent des consolations.
Juste un instant, ô Cygne, en cette allée bordée de nuit,
je boirai entre deux lèvres malgré l’interdiction
de la Pudeur, mordant tour à tour Scrupules et Jalousie.

Cygne, j’aurai pour un instant tes ailes immaculées,
et le coeur de rose que ta douce poitrine abrite
palpitera dans la mienne avec son sang régulier.

Alors, Amour sera heureux, puisque sera vibrant
l’enthousiasme qui réveille le grand Pan et l’excite
tandis que son rythme cache la fontaine de diamant.

IV

Avant toute chose, Léda, gloire à toi !
Ton doux ventre recouvrit de soie
le Dieu. Miel et or au vent de Zéphyr !
Résonnèrent alternativement
flûtes et cristaux, la fontaine et Pan.
La Terre était chant et le Ciel sourire !

Devant l’acte suprême et céleste
un pacte fut conclu entre dieux et bêtes.
La lumière du jour pour l’alouette,
la sagesse advint aux chouettes
et pour les rossignols la mélodie.
Aux lions ce fut bien sûr la victoire,
les aigles reçurent toute la gloire
et tout l’amour aux colombes fut acquis.

Mais n’êtes-vous pas, vous, les divins
princes ? Indolents comme les bateaux
immaculés et purs comme le lin,
et merveilleux comme les oiseaux !

Vous avez dans vos becs les qualités
qui révèlent les coraux purs.
De vos poitrines, vous ouvrez les sentiers
que d’en haut vous indiquent les Dioscures.

La dignité de chacun de vos actes,
immortalisée dans l’infini,
fait qu’ils sont rythmes exacts,
lumières du mythe, voix de nos rêveries.

De l’orgueil olympien vous êtes le résumé,
ô blanches urnes de l’harmonie !
Joyaux éburnés qu’anime une volonté
de par sa céleste mélancolie.

Mélancolie d’avoir aimé,
auprès de la fontaine, dans le bois,
son cou lumineux étiré
entre les cuisses blanches de Léda !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Odilon Redon
    
Quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même,
me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie…

Et ses bras qui m’enlacent sont si doux et si protecteurs
– et le battement de son cœur, je ne saurais même pas le décrire :

si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle,
assez fort pour ne jamais cesser, et en même temps si bon, si miséricordieux.

(Etty Hillesum)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Traîtrise du Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



    

Traîtrise du Sablier

Je tiens entre mes doigts le traître sablier
Qui s’écoule avec un bruit doux et régulier.

C’est l’heure où je m’en vais et voici que tu pleures,
Exactitude atroce et fatale des heures !…

Ecoute glisser l’heure en un glissement doux :
Je t’aime, tu le sais, et c’en est fait de nous.

Que le sable d’argent est doux sous le soleil !
Mais le soir cependant le teindra de vermeil.

O sable lent et doux qui marques l’heure lente,
O sable, sois chéri par mon âme indolente !

Pour moi qui suis marquée et du temps et du sort
Marque enfin cet instant espéré de la mort !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sa respiration à mes côtés (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2016



Sa respiration à mes côtés comme pouls régulier
de la nuit qui poursuit la ligne d’horizon
la masse brune de ses cheveux que je cherche
du bout des doigts pour apaiser la course folle
d’un esprit rompu à l’art de l’impertinence
Ces images d’eaux en crue frappent contre
la fixité du regard noir de l’enfant, apprendre
à tenir debout, à jeter ses filets d’ombre, à parcourir
les mots d’amour et de morts de Charles, d’Arthur
(c’est curieux Cédric ça sonne moins bien)

(Cédric Le Penven)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Certaines nuits (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



Certaines nuits les esprits frappeurs venaient me visiter.
Dans la mince cloison qui sépare la chambre de la cuisine,
ils avaient élu domicile et me tenaient éveillé dans l’obscurité.
Longuement ils frappaient de petits coups légers et réguliers
— mais je ne savais les comprendre.
Le petit jour ne les lassait pas.
Je me levais et entrais dans la cuisine
le robinet mal fermé s’était égoutté toute la nuit
dans la grande bassine en fer.

(Luc Decaunes)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :