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Poésie

Posts Tagged ‘rein’

Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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Je ne veux rien (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Bruno Di Maio The-red-scarf-1997-Bruno-Di-Maio

Je ne veux rien que je ne veuille en le coeur de la saison.
J’ai dit que j’avais le baiser matin.
J’aime le grain de cette peau sur les reins
qui se tend si bien qu’à force je ne vois, ma dame,
que votre beau corps, à l’orée, couché, toi.

(Hubert Juin)

Illustration: Bruno Di Maio

 

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PAYS SECRET DENUDE (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



 

Alex Alemany dialogos-con-el-viento

PAYS SECRET DENUDE
(Fragments)

Tu es une eau verte Tu dors Je plonge de si loin en toi
depuis le temps des os des chairs à naître que je dessine
ton corps avec des tremblements mathématiques des robes déchirées
par les couteaux des ongles des muscles : statue lasse mouvante
et draperie N’était le corail de ton regard Le foin de ta nuque
lorsque l’aube est nue

Eau jade mon amie Je hale le chaland au long de toi te nomme
Mes doigts ébauchent le chemin creux la croix des hêtres l’orme
Je veux le cercle de ton ventre l’oeuf entre les lèvres le sel
des reins Aisselles

Je geins dans le pourtour ouaté Chaud

Ni la main qui te crée La langue qui t’éveille Le reflux
du songe où tu te multiplies Le sexe noir soleil Le baiser
te lisse s’y vautre Tu es ma bauge

(Hubert Juin)

Illustration: Alex Alemany

 

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La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Jérôme Royer
    
RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE

Démon Vital, toi qui dans ma jeunesse
Tenais bandés mes tendons résolus,
Précipitant vers amour et prouesse
Tout mon squelette aujourd’hui si perclus, —
De mes fols sens, de mon coeur chimérique
Combien de fois forças-tu les transports!
Combien de fois à travers tout mon corps
Ai-je senti ton fluide électrique,
Démon Vital!

Ô si longtemps dans ma boîte à cervelle
Toi qui soutins les pensers chevelus,
Et de ma jambe et de mon rein fidèle
Les bonds musclés et les combats râblus,
Tant que ton flot ruissela dans ma tête,
Tant que ton feu délia mes ressorts,
Beauté n’était ni palmes ni trésors
Dont mon ardeur n’entreprit la conquête,
Démon Vital!

Démon Vital, maintenant tu me quittes;
Dans mes vieux nerfs tes généreux influx
Ont espacé, puis cessé leurs visites,
Tes chauds courants ne me fréquentent plus.
A quel ennui ta retraite me livre!
De l’ancien souffle â peine un reste encor,
Oiseau blessé, volète dans mon for,
Et je me meurs de ne plus vouloir vivre,
Démon Vital.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Chaud (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



 

Chaud comme j’étais dans ton ventre
Je m’accroche à tes reins,
Ma mère. Je suis
Ton fruit et à toi je reviens
Chaque nuit et à l’heure de ma mort.
Nous dormirons comme autrefois,
La plante de mes pieds pressée
Contre ton coeur.

***

Caldo com’ero nel tuo alvo
Mi attacco alle tue reni
Madre mia. Io sono
Il tuo frutto e a te ritorno
Ogni notte e nell’ora della morte.
Dormiremo come una volta,
Le mie piante premute
Contro il tuo cuore.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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Un jour, ici, midi d’un été sans ombre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



lézard

 

Quand le lézard tracera la fissure
au coeur de la pierre
Le pavot du pré se rappellera
nos noms emmêlés
Midi d’un été de pur échange
Un cri muet déchirant les reins les lèvres
A l’heure où toute vie, suspendue
en une grappe de fruits
Un jour, ici, midi d’un été
Sans ombre autre que la nôtre, trop humaine
pour prendre racine
Et trop tard pour établir demeure

(François Cheng)

 

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Te souviens-tu ? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Te souviens-tu ? Nous nous sommes rencontrés, séparés
Le soleil était jaune comme le wars
Le vent asphyxié
Sans te frôler, j’ai imaginé tes seins
Tes reins, tes hanches et plus bas
L’étoile du nombril
L’idée de redevenir enfant
Rendait ses traits à mon visage
Et à mon âge ses premiers chagrins

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Si tu as touché mon corps (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lauri Blank -    (1)

Si tu as touché mon corps
draine dans tes doigts beaucoup de lumière
ne t’en va pas avec le désir
alourdissant tes reins comme une obsession de plomb
si tu as touché mon corps
éteins tes prunelles et laisse vierge le silence

celles qui sont parties sans rien dire
avec leurs mains chaudes et humides
ont eu autre chose que mon sourire

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Lauri Blank

 

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La vieille (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



La vieille aux souliers de paille
Hisse un fagot sur ses reins
Et dans une ombre à sa taille
Porte la lune à la main

(Joë Bousquet)


Illustration

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