Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Reinmar de Hagueneau)’

Je me souviens (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016




Quand les choses vers la lumière s’avancent,
je n’ose demander si c’est le jour
Une si grande détresse en est cause
que rien ne me peut secourir.

Je me souviens d’un temps bien différent.
Le tourment ne pesait alors sur mon coeur.
Chaque matin me réconfortait le chant des oiseaux.
Mais si bientôt elle ne me vient en aide,
été comme hiver me dureront sans fin.

***

Sô ez iender nâhet gégen dem tage,
sô getár ich niht gefrâgen `ist ez tac’ ?
Daz kúmet mir vón sô grôzer klage,
daz éz mir niht ze helfe komen mac.

Dóch gedenke ich wol, daz ich sîn anders pflac
hie vór, dô mir diu sorge niht sô ze herzen lac.
Íemer an dem mórgen troeste ich mich der vogele sanc.
Mime kóme ir hélfe an der zît,
mir ist beidiu sumer unde winter alze lanc.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Christophe Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je porte au fond de moi un amour (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016




Je porte au fond de moi un amour
que pour mon bonheur je n’ai pas oublié.
Je chante en son honneur mes plus beaux chants
et c’est en toute foi que je le dis.

Elle me sera toujours plus que les autres femmes,
bien des années je la garderai en mon coeur.
Ai-je besoin d’autre peine
quand déjà je suis loin d’elle?
C’est là la raison de ma plainte
et qui souvent me fait tant souffrir.

***

Ein hep ich mir vil nâhe trage,
des ich ze guote nie vergaz.
Des ère singe ich unde sage,
mit guoten triuwen mein ich daz.

Si muoz mir iemer sîn vor allen wîben :
an dem múote wil ich manigiu jar belîben.
Waz bedárf ich leides mêre,
wán daz ich si fremede,
das klage ich unde müeget mich dícke sêre.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Christophe Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Sans cesse je veux accourir vers l’amour qui est mien (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016




Sans cesse je veux accourir
vers l’amour qui est mien.
Mais rien n’est si lointain
que la fin de mon fol espoir.

Chaque jour pourtant je m’efforce et la sers
si bien qu’en joie, sans le vouloir,
elle change le tourment que je souffre.

***

Ích wil allez gâhen
zúo der liebe, die ich hân.
Só ist ez níender nâhen,
dáz sich ende noch mîn wan.

Dóch versuoche ich ez álle tage
und gedíene it sô, daz si âne ir danc
mit fröiden muoz erwenden kumber, den ich trage.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis fou de souffrir si grand tourment (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016




Je suis fou de souffrir si grand tourment
et de vouloir qu’elle en porte la faute.
Depuis que, malgré elle, je la garde en mon coeur
qu’y peut-elle si je veux vivre en la peine?

Peut-être cependant en sera-t-elle émue.
Désormais je ne puis changer les choses:
nul ne me fait tort que ma constance.

***

Ích bin tump, daz ich sô grôzen kumber klage
und it des wil deheine schulde geben.
Sît ich si âne it danc in mînem herzen trage,
was mac si des, wil ich unsanfte leben?

Daz wirt it íedoch lîhte leit.
Nu múoz ichz doch álsô lâzen sîn:
mir machet niemen schaden, wan min staetekeit.

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pauvre femme (Reinmar de Hagueneau)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2016




«Pauvre femme, combien j’étais heureuse
quand je pensais à lui –
ah, que ma vie dépendait de la sienne.
De ne l’avoir plus désormais,
en quel tourment m’apparaît
le temps que j’ai encore à vivre.

Le miroir de mes joies, il est perdu:
pour l’été joyeux de mon regard, je l’avais choisi,
pour ma douleur je dois vivre sans lui.
Dès qu’ils m’ont dit sa mort,
de mon coeur le sang a reflué vers l’âme.»

***

`Mir armen wîbe was ze wol,
dô ich gedâhte an in,
und wie mîn teil an sînem lîbe lac.
Daz ich des nû niht haben sol,
des gât mit sorgen hin,
swáz ich iemermê geleben mac.

Mîner wunnen spiegel der ist verlorn :
den ich mir héte ze sumerlîcher ougenweide erkorn,
dez muoz ich leider aenic sîn.
Dô man mir seite, er wáere tôt,
ze hant viel mir der muot von dem hérzen ûf die sêle mîn.’

(Reinmar de Hagueneau)

Illustration: Christophe Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :